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DEVELOPPEMENT
L’eau, un enjeu déterminant pour l’agenda post-2015
Amantha Perera

STOCKHOLM, Suède, 28 sep (IPS) - Un cadeau de la nature, ou un bien précieux? Un droit de l'homme, ou un luxe pour quelques privilégiés? Le secteur agricole ou le secteur industriel sera-t-il le principal consommateur de cette ressource précieuse? Quelles que soient les réponses à ces questions et bien d'autres, une chose est claire: l'eau sera l'un des enjeux déterminants de la prochaine décennie.

Certaines estimations indiquent que 768 millions de personnes n'ont toujours pas accès à l'eau douce. D'autres recherches estiment le nombre plus élevé, suggérant que jusqu'à 3,5 milliards de personnes sont privées du droit à une source améliorée de cette nécessité de base.

Comme les agences des Nations Unies et les Etats membres tendent à s’accorder sur un nouvel ensemble d'objectifs de développement pour remplacer les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), qui expirent bientôt, la nécessité d'inclure l'eau dans la planification du développement après 2015 est plus que jamais urgente.

Le dernier Rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau (WWDR) indique: "La demande mondiale de l'eau (en termes de prélèvements d'eau) devrait augmenter de quelque 55 pour cent d’ici à 2050, principalement en raison des demandes croissantes de l'industrie manufacturière (400 pour cent), de la production d'électricité thermique (140 pour cent) et de l'usage domestique (130 pour cent)".

En outre, une augmentation constante de l'urbanisation est susceptible d'entraîner dans une "planète de villes" où 40 pour cent de la population mondiale résidera dans des zones de grave stress hydrique jusqu'en 2050.

Les approvisionnements en eau souterraine diminuent; environ 20 pour cent des aquifères du monde sont confrontés à la surexploitation, et la dégradation des zones humides affecte la capacité des écosystèmes à purifier les approvisionnements en eau.

Les conclusions du WWDR indiquent également que l'augmentation de la demande mondiale en énergie - prévue d'accroître d'un tiers d'ici à 2030 - épuisera davantage les sources en eau limitées; la demande d'électricité seule est sur le point d’augmenter de jusqu'à 70 pour cent d’ici à 2035, la Chine et l'Inde représentant plus de 50 pour cent de cette croissance.

Dans ce contexte, les experts de l'eau à travers le monde ont déclaré à IPS que la gestion de cette ressource inestimable occupera une place de choix parmi les objectifs de développement durable (ODD) qui restent à être finalisés, dans l'espoir de parer aux crises provoquées par de graves pénuries.

"Nous discutons des objectifs, et la plupart des [Etats] membres sont d'accord que l'eau a besoin d’une coordination et d’une gestion meilleures", a indiqué à IPS, Amina Mohammed, conseillère spéciale du secrétaire général des Nations Unies à la planification du développement post-2015, en marge de la Semaine mondiale annuelle de l'eau à Stockholm au début du mois.

Ce qu'il faut maintenant, a ajouté Mohammed, c’est une plus grande clarté sur les objectifs qui peuvent être mutuellement convenus par les Etats membres.

D'autres experts de l'eau allèguent que dans le passé, la gestion de l'eau a été exclue du processus de prise de décisions de haut niveau, bien qu’elle soit une partie intégrante de tout processus de développement.

"Au cours des 30 prochaines années, la consommation d'eau augmentera de 30 pour cent, la pénurie d'eau va accroître; il y a d'énormes défis qui nous attendent", a souligné à IPS, Torgny Holmgren, directeur exécutif de l'Institut international de l'eau de Stockholm (SIWI).

Il a ajouté que la façon dont le monde utilise l'eau est en train de changer considérablement. Traditionnellement, l'agriculture a été le plus grand consommateur d'eau douce, mais dans un avenir proche, le secteur industriel est pressenti pour prendre la relève. "Plus de 25 pour cent de la consommation d'eau [dans le monde] viendra du secteur de l'énergie", a déclaré Holmgren.

Pour beaucoup de pays, en particulier dans le monde en développement, le débat sur l'eau et l’énergie représente le catch-22 classique: puisque plus de gens sortent de la pauvreté et entrent dans la classe moyenne avec la capacité de dépenser, leurs demandes en énergie augmente, ce qui à son tour met une pression énorme sur les approvisionnements en eau limitée.

Les statistiques de ce changement démographique sont étonnants, a dit Kandeh Yumkella, représentant spécial du secrétaire général qui dirige le projet favori de Ban Ki-moon, l'Energie durable pour tous (SE4ALL).

Yumkella a déclaré à IPS que d'ici à 2050, trois milliards de personnes sortiront de la pauvreté et que 60 pour cent de la population mondiale vivra dans des villes.

"Tout le monde demande plus de tout, plus de maisons, plus de voitures et plus d'eau. Et nous parlons d'un monde où les températures sont prévues d'augmenter de deux à trois degrés Celsius, peut-être plus", a-t-il affirmé.

L’Asie du sud dans le besoin d’une bonne planification

L’Asie du sud, qui abrite 1,7 milliard de personnes dont 75 pour cent vivent dans les zones rurales, est l'une des régions les plus vulnérables aux chocs de l'eau et représente un mandat urgent des autorités gouvernementales et de tous les acteurs pour qu’ils élaborent des plans coordonnés et globaux.

L'île du Sri Lanka, par exemple, est un excellent exemple de la raison pour laquelle la gestion de l'eau doit être une priorité des décideurs politiques. Avec les modèles climatiques qui changent, l'île perd une grande partie de son potentiel de croissance du fait d’une mauvaise utilisation de l'eau.

Au cours de la dernière décennie, les inondations ont touché neuf millions de personnes, soit près de la moitié de la population du Sri Lanka estimée à un peu plus de 20 millions d’habitants. Les pluies excessives ont également causé des dégâts de l’ordre d’un milliard de dollars, selon les dernières données du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Paradoxalement, l'île souffre également constamment d'un manque d'eau. Actuellement, une sécheresse de 10 mois affecte 15 de ses 25 districts, qui abritent 1,5 millions de personnes. Elle est également prévue de faire baisser la récolte cruciale de riz de 17 pour cent, réduisantt les rendements aux niveaux les plus bas en six ans. Tout ceci à un moment où le pays tente de maintenir un taux de croissance économique de sept pour cent, disent les experts.

En essayant de relever les défis des pluviométries qui fluctuent largement, le gouvernement a adopté des mesures qui peuvent être effectivement plus nuisibles qu'utiles à long terme.

Au cours des trois dernières années, il est passé au charbon pour compenser les baisses de production hydroélectrique. Actuellement, le charbon, qui est considéré comme une source d'énergie "sale", est la plus grande source d'énergie pour l'île, constituant jusqu’à 46 pour cent de toute l'énergie produite, selon les données du gouvernement.

De hauts responsables du gouvernement comme le ministre des Finances, Puntchi Banda Jayasundera, et le secrétaire de la présidence, Lalith Weeratunga, ont dit à IPS qu'ils travaillent sur la gestion de l'eau.

Mais pour ceux qui soutiennent ces démarches accélérées, comme Mohammed et Yumkella, des promesses verbales doivent se traduire par des objectifs fermes et des actions.

"Si vous ne prenez pas l'eau en compte, soit vous allez échouer dans vos objectifs de développement, ou vous allez mettre beaucoup de pression sur vos ressources en eau", a indiqué à IPS, Richard Connor, auteur principal du WWDR 2014.

La situation est également désastreuse pour l'Inde et la Chine. Selon un rapport intitulé 'Un conflit des nécessités divergentes', publié par 'CNA Analysis and Solutions', une organisation de recherche basée à Washington, 53 pour cent de la population de l'Inde vit dans des zones qui manquent d'eau, tandis que 73 pour cent de la capacité électrique du pays est également située dans ces zones.

Les besoins énergétiques de l'Inde ont grimpé et selon une étude effectuée en 2012, l'écart entre la demande et l'offre en matière d’énergie était de 10,2 pour cent et devrait augmenter davantage. La dernière fois que l'Inde a été confrontée à une crise énergétique grave, en juillet 2012, 600 millions de personnes se sont retrouvées sans électricité.

Selon 'China Water Risk', une organisation à but non lucratif, les besoins énergétiques de la Chine augmenteront de 100 pour cent d’ici à 2050, mais déjà environ 60 pour cent des ressources en eau souterraine du pays sont polluées.

La Chine est fortement tributaire de l'énergie au charbon, mais la demande croissante d'énergie mettra une pression considérable sur les ressources en eau dans un pays où déjà au moins 50 pour cent de la population peut être confrontée à des pénuries d'eau, selon Debra Tan, la directrice de l'ONG.

Edité par Kanya D’Almeida

Traduit en français par Roland Kocouvi (FIN/2014)

 

 

 

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