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ENVIRONNEMENT
Le Sommet de l’ONU sur le climat: un défilé ou une réalité?
Thalif Deen

NATIONS UNIES, 18 sep (IPS) - Le Sommet d'une journée sur le climat la semaine prochaine est en train d'être médiatisé comme l'un des grands événements politico-environnementaux aux Nations Unies cette année.

Le secrétaire général, Ban Ki-moon, a exhorté plus de 120 dirigeants politiques et économiques du monde, qui sont censés participer au sommet, d'annoncer des initiatives importantes, y compris des engagements de financement, "pour aider à guider le monde vers un chemin qui limitera le réchauffement climatique".

Et, selon les Nations Unies, ce sommet marquera la première fois en cinq ans que les dirigeants du monde se réuniront pour discuter de ce qui est décrit comme une catastrophe écologique: le changement climatique.

Les Nations Unies affirment que l'impact négatif du réchauffement climatique comprend une montée des niveaux de la mer, des conditions météorologiques extrêmes, l'acidification des océans, la fonte des glaciers, la disparition des espèces de la biodiversité et les menaces pour la sécurité alimentaire mondiale.

Mais que peut-on vraiment attendre d'un événement d'une journée qui durera probablement plus de 12 heures de discussion, le 23 septembre?

"Un événement d'une journée n'allait jamais régler tout ce qui concerne les changements climatiques, mais il aurait pu être un tournant en faisant preuve de volonté politique renouvelée d'agir", a dit à IPS, Timothy Gore, responsable de la politique, du plaidoyer et de la recherche pour 'GROW Campaign' à 'Oxfam International'.

Certains dirigeants politiques, a-t-il souligné, saisiront encore l’opportunité de faire cela, "mais bon nombre semblent prêts à rester dans l'ombre ou à s’écarter de la nature des nouveaux engagements de transformation réelle nécessaires".

Gore a dit que le sommet est conçu comme une plateforme pour de nouveaux engagements d'action climatique, mais qu’il existe un risque réel que même ceux qui sont pris ne donneront pas grand-chose.

"L'accent mis sur les initiatives volontaires plutôt que des résultats négociés signifie qu'il n'y a aucune garantie que les annonces faites lors du sommet seront suffisamment solides", a-t-il prévenu.

Le Fonds vert pour le climat (GCF), qui a été lancé en 2011, devrait permettre de mobiliser environ 100 milliards de dollars par an auprès des pays développés d'ici à 2020, selon les Nations Unies. Mais il n’a pas encore reçu des fonds qui peuvent être déboursés aux pays en développement pour entreprendre leurs actions sur le climat.

Dipti Bhatnagar, co-coordinatrice de la justice climatique et énergétique pour 'Friends of the Earth International' (Amis de la terre - international) et Justica Ambiental de FoE-Mozambique, ont déclaré à IPS: "Le 23 septembre, nous verrons les dirigeants du monde très loin de parvenir à ce dont nous avons besoin pour faire face aux changements climatiques dangereux".

Le Sommet sur le climat est totalement inadéquat et les "engagements" pris par les gouvernements et les entreprises lors du sommet seront extrêmement insuffisants face à la catastrophe climatique, a-t-elle prévenu.

"Toute l'idée selon laquelle les dirigeants prennent des engagements volontaires, non contraignants, elle-même, est une insulte aux centaines de milliers de personnes qui meurent chaque année à cause des impacts des changements climatiques", a indiqué Bhatnagar. "Nous avons besoin des pays industrialisés des objectifs équitables, ambitieux et contraignants de réduction des émissions - et non pas un défilé de dirigeants qui essaient de se faire paraître bons.

"Mais ce faux défilé est la seule chose que nous verrons lors de ce sommet d'une journée", a-t-elle ajouté.

Le 21 septembre, deux jours avant le sommet, des centaines de milliers de personnes marcheront contre les changements climatiques à New York et dans des villes à travers le monde.

Martin Kaiser, chef du projet 'Global Climate Policy' à Greenpeace, a dit à IPS: "Nous sommes heureux que Ban Ki-moon accueille un sommet mondial sur le climat ce mois-ci et nous serons dans les rues de New York le 21 septembre comme la plus grande marche de l'histoire sur le climat pour envoyer un message fort et clair que les dirigeants du monde doivent agir maintenant".

Il a dit que les gouvernements et les entreprises doivent apporter des engagements concrets au sommet. "Les entreprises doivent annoncer des délais fermes auxquels ils gèreront leurs affaires avec 100 pour cent d'énergie renouvelable".

En outre, "les gouvernements doivent s'engager à éliminer progressivement les énergies fossiles d'ici à 2050 et prendre des mesures concrètes pour nous y amener, telles que l’arrêt du financement des centrales électriques au charbon.

"Nous nous attendons également que les gouvernements annoncent des fonds nouveaux et supplémentaires pour le Fonds vert pour le climat afin d’aider les pays vulnérables à s'adapter aux catastrophes climatiques et orienter le monde vers l’énergie propre et sûre", a-t-il ajouté.

Bhatnagar de FoEI a déclaré à IPS: "Nous avons également besoin des fonds publics sûrs, prévisibles et obligatoires auprès des pays développés en direction des pays en développement à travers le système des Nations Unies".

Les dirigeants des pays développés négligent leur responsabilité d’éviter une catastrophe climatique. Leurs positions sont de plus en plus dictées par les intérêts économiques et financiers limités des élites riches, l'industrie des combustibles fossiles et les entreprises multinationales", a-t-elle ajouté.

"Ce qu'il faut pour stopper les changements climatiques, ce sont des réductions ambitieuses, équitables [et] contraignantes des d'émissions des pays développés, ainsi que le financement et le transfert de technologie aux pays en développement", a ajouté Bhatnagar. "Nous avons aussi besoin d’une transformation totale de nos systèmes énergétiques et alimentaires".

Gore d’Oxfam International a déclaré à IPS qu’il faut également plus de transparence pour juger si les annonces faites sont compatibles avec la dernière science du climat et protègent les intérêts des personnes les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques.

Par exemple, a-t-il demandé: "Sont-ils compatibles avec un changement rapide pour passer des combustibles fossiles aux énergies renouvelables, et assurent-ils un accès amélioré à l'énergie pour les personnes qui en ont besoin? Ou ajoutent-ils juste des étiquettes vertes aux entreprises comme d’habitude?".

Interrogé sur le rôle du secteur privé, Gore a déclaré: "Nous avons besoin du leadership du secteur privé pour lutter contre les changements climatiques, et il y a de bons exemples émergents d’entreprises qui se manifestent".

Dans le secteur des aliments et des boissons, par exemple, Oxfam a travaillé avec des entreprises comme Kellogg et 'General Mills' afin que celles-ci prennent de nouveaux engagements de réduire les émissions de leurs chaînes agricoles d'approvisionnement très polluantes.

"Mais, au total, ce sommet montre qu’une grande partie du secteur privé n’est pas encore à la hauteur, puisque les initiatives qui seront lancées sont en deçà du changement transformationnel dont nous avons besoin", a-t-il souligné.

"Cela sert à nous rappeler l'importance cruciale du grand leadership du gouvernement en matière des changements climatiques - des initiatives volontaires ascendantes ne peuvent se substituer à la vraie action gouvernementale", a déclaré Gore.

Bhatnagar de FoEI a dit à IPS qu’on ne peut pas faire confiance au secteur privé pour lutter contre les changements climatiques. Les entreprise d'énergie sales ont une grande voix dans le secteur privé, mais leur but, ce sont des bénéfices plus élevés, et non pas un climat sûr, a-t-elle expliqué.

"Elles aggravent les changements climatiques de jour en jour et en plus de cela, elles sont encore massivement subventionnées par le public, malheureusement. Ces subventions publiques doivent cesser maintenant", a-t-elle ajouté.

Li Shuo, un responsable principal des politiques à Greenpeace-Chine, a déclaré à IPS que le Sommet sur le climat verra le nouveau gouvernement chinois faire ses débuts sur la scène internationale sur le climat.

Comme la Chine a fait des progrès importants dans l’arrêt du boom du charbon chez elle, le gouvernement chinois devrait saisir cette occasion pour mettre fin à la mentalité actuelle de "vous allez d'abord" qui a gâché les progrès dans les négociations de l'ONU sur le climat", a-t-il indiqué.

"Ne serait-il pas merveilleux si la Chine, enhardie par ses actions nationales, devait conduire le monde vers un nouvel accord mondial sur le climat en annonçant à New York que la Chine atteindra le maximum de ses émissions bien avant 2030?", a demandé à Li.

Edité par Kitty Stapp

Traduit en français par Roland Kocouvi

L’auteur de l’article peut être contacté à l’adresse e-mail thalifdeen@aol.com (FIN/2014)

 

 

 

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