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SALVADOR
Des fermiers misent sur le développement durable
Edgardo Ayala

JIQUILISCO, Salvador, 16 sep (IPS) - Les fermiers de l'une des zones côtières les plus fragiles du Salvador mettent en œuvre un modèle de croissance économique durable qui respecte l'environnement et offre aux gens l'éducation et la sécurité comme des clés pour donner à cette région humide un coup de pouce.

L'Association pour la protection des mangroves mène ce plan dans la partie sud du département d’Usulután, dans l’est, dans une région appelée Bajo Lempa, depuis 14 ans. Au total 86 communautés de fermiers et de pêcheurs sur la baie de Jiquilisco sont impliquées dans le projet.

La région de Bajo Lempa abrite un peu moins de 148.000 personnes, selon le ministère de l'Environnement et des Ressources naturelles.

"Nous avons travaillé avec différents acteurs, des groupes locaux, des jeunes et des comités de protection de l'environnement, et des gardes de parc pour faire décoller cette plateforme de développement économique local", a déclaré à Tierramérica, Carmen Argueta, la présidente de l'Association pour la protection des mangroves.

La croissance économique avec un accent social, l'éducation et la sécurité sont les trois principaux points focaux pour le gouvernement de gauche du président salvadorien, Sánchez Cerén, en fonction depuis juin.

Et c’est précisément sur ces trois éléments que les communautés de Bajo Lempa se concentrent dans leur plan de développement durable.

"Notre projet est en ligne avec le plan quinquennal du gouvernement, et nous voulons qu'il sache que cela a marché pour nous - les gens peuvent voir les résultats", a déclaré Argueta.

Elle a ajouté qu'ils espéraient obtenir le financement du gouvernement pour certains projets.

Le respect et l’entretien des ressources naturelles sont essentiels pour mettre en œuvre ce modèle de développement, a ajouté cette fermière, qui est une organisatrice communautaire rurale depuis des décennies.

La zone de 635 km carrés autour de la baie est l'un des principaux écosystèmes du Salvador, qui abrite la majorité des espèces d’oiseaux marins et côtiers dans le pays et les aires de nidification de quatre des sept espèces de tortues de mer, y compris la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) qui risque sérieusement l'extinction.

La zone, parsemée de mangroves, a été ajouté à la liste de Ramsar des zones humides d'importance internationale en 2005. L'Etat salvadorien l’a également classée comme une zone naturelle protégée et une réserve de la biosphère.

Elle est l'une des régions du pays les plus exposées aux inondations pendant la saison des pluies - de mai à octobre - ce qui signifie que les cultures et les infrastructures locales sont périodiquement détruites, et que des vies humaines sont même perdues.

Pour soutenir le développement économique, certaines communautés locales ont opté pour la diversification de la production agricole, laissant derrière la monoculture.

Certaines familles produisent des ananas et des mangues, non seulement pour leur propre consommation, mais aussi pour faire entrer un revenu en espèces, quoique modeste.

Au même moment, conscientes de la nécessité de protéger l'environnement, les communautés locales ont mené des projets d'engrais organiques, dans le but d'éliminer progressivement la dépendance aux engrais chimiques.

Le Centre de production de Romero, dans le village de Zamorán, dans la municipalité de Jiquilisco, produit l’engrais organique Bokashi en utilisant des coquilles d'œufs, des cendres et autres matériaux pour fournir une alternative saine bon marché aux engrais chimiques.

En outre, la banque de semences Xinachtli conserve les semences de céréales de base, des légumes, des espèces forestières et médicinales depuis 2007. Il y a aussi une école d'agriculture qui fait la promotion de techniques agricoles respectueuses de l'environnement. Xinachtli est un mot de la langue Nauhatl qui signifie semences.

L'une des entreprises les plus rentables pour les petits fermiers regroupés en six coopératives agricoles est la production de semences de maïs certifiées, que le gouvernement acquiert chaque année depuis 2011 pour les distribuer aux 400.000 fermiers, dans le cadre du Plan de l'agriculture familiale.

Les communautés rurales pauvres sont donc impliquées dans le secteur des semences, qui était un monopole du secteur privé pendant des années. Environ 15.000 petits fermiers travaillent actuellement dans cette région.

"Pour la première fois, nous les paysans, qui sommes des gens pauvres, produisons des semences améliorées; ce commerce était seulement pour les sociétés riches", a indiqué à Tierramérica, Héctor Antonio Mijango, un membre d'une coopérative à Jiquilisco, tout en tirant du sol des jeunes plants de maïs, afin de permettre aux plus grands de se développer.

Le taux de pauvreté au Salvador, un pays de 6,2 millions d'habitants, est de 34,5 pour cent, et de 43,3 pour cent dans les zones rurales, selon l'Enquête 2013 à buts multiples sur les ménages menée par le bureau des statistiques générales et de recensement.

"Le commerce des semences est une source importante d'emplois et de revenus pour les familles locales", a dit à Tierramérica, Manuel Antonio Durán, le président de la coopérative Nancuchiname.

Cette coopérative, qui dispose de 8,3 km carrés de terre, a produit 460.000 kg de semences améliorées au cours de saison des récoltes 2013-2014.

L'aquaculture, notamment l'élevage de crevettes, est un autre commerce important dans la région de Bajo Lempa.

"L'objectif est de passer de l'élevage artisanal de crevettes à la production semi-intensive, tout en respectant l'environnement", a déclaré à Tierramérica, le maire de Jiquilisco, David Barahona. Il est l'une des autorités locales les plus impliquées dans le plan de développement durable dans la région.

Depuis des semaines, le Salvador souffre d'une grave sécheresse, et selon les estimations officielles, environ 400.000 tonnes de maïs ont été perdues jusqu'à présent.

Mais la production de semences certifiées dans la région de Bajo Lempa n'a pas subi l'impact, grâce à des systèmes d'irrigation.

Les organisateurs communautaires ont également conclu des accords avec des établissements d'enseignement tels que l'Université nationale du Salvador, et ont obtenu des bourses d'études pour les jeunes de la région. Certains jeunes ont terminé leurs études supérieures et sont revenus dans la région de Bajo Lempa pour travailler.

"Ce sont des jeunes qui n'ont pas participé à la vague de violences qui gagnent le pays, parce que nous avons beaucoup travaillé sur la prévention, avec des programmes de sport, par exemple", a expliqué Argueta.

L'idée est d'étendre les efforts déployés à Bajo Lempa, qui couvraient initialement six municipalités de la région, à toute la région et de mettre en pratique le Bassin hydrographique du fleuve Lempa, impliquant 14 municipalités.

En août, la ministre de l'Environnement, Lina Pohl, a visité plusieurs communautés à Bajo Lempa pour voir de première main ce que ces communautés et les organisations font dans la région.

"Nous ne pouvons pas avancer des idées si nous ne savons pas d'abord ce qui a été fait dans notre pays, ce que les populations locales font, comment elles s'organisent pour présenter leurs propositions et programmes", a déclaré la ministre à Tierramérica.

Le niveau d'organisation dans la région "est impressionnant" et constitue un modèle qui pourrait être reproduit dans d'autres parties du pays", a-t-elle ajouté.

* Cet article a été initialement publié par les journaux latino-américains qui font partie du réseau Tierramérica.

Edité par Estrella Gutiérrez

Traduit en espagnole par Stephanie Wildes

Traduit en français par Roland Kocouvi (FIN/2014)

 

 

 

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