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MONDE
Les peuples indigènes veulent être présents dans l'agenda post-2015
Gloria Schiavi

NATIONS UNIES, 11 sep (IPS) - Les 370 millions de peuples autochtones dans le monde, qui disent qu'ils ont été marginalisés dans les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), veulent jouer un rôle clé dans le programme de développement post-2015 de l'ONU, qui sera finalisé l'année prochaine.

"Le monde ne peut toujours profiter de [nos] connaissances en nous incluant dans le voyage pour les 15 prochaines années. Et nous voulons que cela soit un partenariat égal; nous ne voulons pas être des bénéficiaires", a déclaré Galina Angarova, la représentante à New York de la Fondation Tebtebba (Centre international des peuples autochtones pour la recherche de politique et l'éducation).

Dans son discours lors de la séance de clôture de la conférence de trois jours des ONG parrainée par le Département de l'information publique (DPI) de l’ONU, organisée à la fin du mois d’août, elle a souligné la nécessité d'inclure les groupes marginalisés dans les objectifs de développement ainsi que dans les négociations en cours pour les Objectifs de développement durable (ODD), qui remplaceront les OMD en 2015.

Les peuples autochtones continuent de se battre pour leur droit à l'autodétermination, qui n'est pas encore une réalité, bien qu’elle soit garantie par la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, adoptée en 2007.

Le document final de la conférence DPI/ONG, rédigé et amendé à travers un processus participatif au cours des derniers mois, alimentera la discussion sur l'agenda post-2015 et les ODD à l'Assemblée générale des Nations Unies, la première Conférence mondiale sur les peuples autochtones qui aura lieu du 22 au 23 septembre, et le rapport de synthèse du secrétaire général qui paraîtra plus tard cet automne.

Bien que cette déclaration ne soit pas juridiquement contraignante, elle a une forte puissance en termes de responsabilité et de mécanismes d'examen, qui sont des points clé dans les ODD.

"Le fait que le document de référence est basé sur des positions officiellement présentées par de grands groupes et acteurs de l'ONU, [cela] lui donne une voix assez forte", a indiqué à IPS, Maruxa Cardama, co-présidente de la déclaration de la conférence du comité de rédaction.

"Je pense que ce document peut nous amener très loin si nous comprenons la puissance d’une législation souple et d’une politique souple", a-t-elle ajouté.

Cette année a marqué la 65ème édition de la conférence DPI/ONG, qui est retournée à New York, après sept ans, et a enregistré une participation sans précédent de la société civile: plus de 2.000 représentants d'ONG internationales se sont réunis en provenance de plus de 100 pays. Parmi les personnes présentes, les groupes et organisations autochtones ont réussi à bien défendre leur inclusion dans le programme de développement.

Selon Angarova, les territoires des peuples autochtones couvrent 24 pour cent des terres dans le monde entier, et abritent 80 pour cent de la biodiversité dans le monde.

"Beaucoup de sociétés lorgnent ces territoires pour des bénéfices futurs. C'est pourquoi un consentement préalable libre et éclairé est important. Parce que sans cela, elles [les sociétés] sont juste libres d'aller saisir ces territoires et s’y développer", a-t-elle dit à IPS.

Les peuples autochtones sont ensuite jetés dans la société en général sans les moyens de survivre.

Les défenseurs et les représentants affirment plutôt qu'ils doivent être en mesure de donner leur consentement à toutes les réformes qui touchent directement ou indirectement la gouvernance dans leur communauté, ou le développement dans les terres qu'ils habitent.

"Ceci qui doit être fait à tous les niveaux, en commençant par les programmes de développement durable; ensuite les gouvernements nationaux devraient tirer le mandat du niveau de l'ONU, du niveau multilatéral vers des plans du gouvernement national", a déclaré Angarova.

Exploiter ces politiques dans les objectifs de développement de réduction de la faim et de réalisation de la sécurité alimentaire a également un grand potentiel.

"La souveraineté alimentaire, avec l'approche fondée sur les droits et la culture qu'elle englobe, est un pré-requis pour la sécurité alimentaire des peuples autochtones", a souligné à IPS, Andrea Carmen, directrice exécutive du Conseil international des traités indiens (CITI).

Les peuples autochtones vivent de manière durable depuis des siècles et transmettent leurs connaissances de génération en génération, nourrissant leurs gens sans nuire à l'environnement naturel. Et c'est une des raisons pour lesquelles la protection de leur culture est cruciale, a-t-elle ajouté.

Non seulement ces communautés doivent être en mesure d'accéder aux ressources naturelles, mais elles doivent également assurer que le programme d'apprentissage pour leurs enfants englobe l'éducation traditionnelle et permette aux enfants de passer du temps avec les aînés pour apprendre des choses sur le cycle de vie, la nature, la pêche et l'élevage.

Leur défi est désormais de préserver leurs connaissances et de les transmettre.

"Les connaissances et la compréhension que nous avons sont vraiment vitales [...]", a poursuivi Carmen. "Peut-être que le monde se tournera vers les peuples autochtones pour demander respectueusement comment faire pousser le maïs sans l’eau".

Myrna Cunningham, présidente du Centre pour l'autonomie et le développement des peuples autochtones au Nicaragua, a souligné que les peuples autochtones ne sont pas pauvres de leur propre gré, mais ont été appauvris en raison du paradigme de développement qui leur a été imposé.

Par exemple, environ 600 langues indigènes ont été perdues au cours des 100 dernières années, environ une toutes les deux semaines. Comme la langue fait partie de la biodiversité que les communautés autochtones préservent, perdre la langue, c'est perdre la biodiversité. Ceci est nécessairement lié à un changement dans leur relation avec le monde.

Carmen a expliqué à IPS qu'il n'existe aucune traduction en langue indigène pour des mots comme "propriété intellectuelle" ou "droits humains", par exemple. Ces concepts doivent être importés d'une culture différente.

Alors, des choses ont été littéralement perdues dans la traduction. Des paradigmes d'autres langues et cultures ont été imposés au détriment d’une réalité qui est perçue de manière différente depuis des siècles.

Maintenant, il est temps de revoir ce paradigme, pendant que le monde se prépare à une décennie de développement inclusif et durable.

Edité par Kanya D’Almeida

Traduit en français par Roland Kocouvi (FIN/2014)

 

 

 

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