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EGYPTE
L’aquaculture avant l’agriculture pour améliorer la sécurité alimentaire
Cam McGrath

LE CAIRE, 30 juil (IPS) - Moins de quatre pour cent de la masse terrestre d'Egypte est propice à l'agriculture, et la plus grande partie limitée à la vallée densément peuplée du Nil et du delta. Avec la population du pays de 85 millions d’habitants, qui devrait doubler d'ici à 2050, les autorités gouvernementales sont aux prises avec des moyens d'assurer la sécurité alimentaire et d'améliorer les normes nutritionnelles.

"Avec la campagne pour l’augmentation de la production et de l'efficacité alimentaires, l'Egypte va devoir devenir plus intelligente dans la façon dont elle utilise l'eau et la terre pour la production alimentaire", déclare Malcolm Beveridge, un expert de l'aquaculture. "Il serait logique d’associer l'aquaculture avec l'agriculture afin d'augmenter la production alimentaire par unité de terre et d'eau".

Une possibilité à l'étude, c’est d'adopter l'aquaculture intégrée, une approche holistique de la production alimentaire dans laquelle les déchets d'une espèce commercialement cultivée sont recyclés comme aliments ou engrais pour une autre. Des projets co-cultivent généralement plusieurs espèces aquatiques, mais l'approche synergique encourage également l'intégration plus large de la production de poissons, l'élevage et l'agriculture.

"Une approche intégrée semblerait la prochaine mesure logique pour le secteur de l'aquaculture d'Egypte en ce qu'elle peut réduire considérablement les besoins en eau tout en augmentant les revenus des éleveurs de poissons", a expliqué Beveridge à IPS.

Le secteur de l'aquaculture en Egypte a connu une croissance explosive au cours des dernières décennies. La production annuelle de poissons cultivés est passée de 50.000 tonnes à la fin des années 1990 à plus d'un million de tonnes en 2013 - dépassant la production combinée de tous les autres pays du Moyen-Orient et d’Afrique.

Mais la pisciculture telle qu’elle est principalement pratiquée en Egypte - en creusant simplement une fosse et en la remplissant d'eau et de poissons - présente un inconvénient majeur. Un décret gouvernemental vieux de plusieurs décennies exige que l'eau potable et l'irrigation des cultures soient priorisées dans l’utilisation de l'eau du Nil, laissant les projets d'aquaculture opérer dans la crasse en aval, contaminant les poissons et limitant la productivité.

"Plus de 90 pour cent de la aquaculture en Egypte est à basée sur l'eau de drainage agricole, avec beaucoup de pesticides, d’eaux usées et d’effluents industriels", indique Shérif Sadek, directeur général de 'Aquaculture Consultant Office' (Office de consultant en aquaculture), basée au Caire.

"Pourquoi utilisons-nous l'eau d'abord pour l'agriculture et prenons ensuite les eaux usées pour l'aquaculture? Assurément, cela devrait être le contraire - utiliser l'eau d'abord pour l'aquaculture et irriguer après les champs".

L'aquaculture intégrée renverse le paradigme de l’utilisation de l'eau, avec des avantages tangibles à la fois pour les fermes piscicoles et les cultures des agriculteurs. Bien que la pratique soit encore dans ses débuts en Egypte, plusieurs projets ont démontré sa viabilité commerciale.

A la ferme El Keram, dans le désert au nord-ouest du Caire, les fermiers utilisent l'eau pompée pour l'élevage du tilapia, recyclant l'eau dans des bassins où le poisson-chat est élevé. Les eaux usées provenant des bassins de poisson-chat, riches en nutriments organiques, sont ensuite utilisées pour irriguer et fertiliser les champs de trèfle. Les moutons et les chèvres qui paissent sur ces champs produisent du fumier qui est utilisé pour produire du biogaz pour chauffer les cuves où les alevins de poissons sont élevés, ou pour chauffer les bassins de poissons pendant l’hiver.

"Le projet a démontré comment les agriculteurs qui sont passés à l'aquaculture après que la salinité a rendu leurs champs infertiles peuvent augmenter leur productivité et leurs bénéfices en utilisant le même volume d'eau", explique Sadek.

D’autres projets intégrés sur des terres désertiques récupérées cutivent des espèces aquatiques marines telles que le bar et la daurade, orientant les eaux usées en aval vers les bassins de tilapia rouge, un poisson de table capable de supporter une salinité élevée. Selon Sadek, l’eau usée provenant de ces bassins peut être utilisée pour cultiver la salicorne, une halophytes en demande comme un intrant pour le biocarburant, comme fourrage pour le bétail et comme ingrédient gastronomique de salade.

"La salicorne peut être irriguée avec de l'eau extrêmement salée et produit des graines et de l'huile, ainsi que du fourrage pour les chameaux et les moutons", souligne Sadek.

Selon les experts du développement, l'aquaculture intégrée offre une efficacité plus grande, nécessitant jusqu'à 70 pour cent moins d'eau que les systèmes de production non intégrés comparables. C'est aussi une méthode rentable d'élimination des déchets et évite aux agriculteurs pauvres en ressources d'être obligés d’acheter des engrais.

Beveridge dit que les petites entreprises aquacoles égyptiennes incapables d’offrir le système en circuit fermé complexe utilisé à El Keram pourraient toujours bénéficier de pratiques intégrées qui leur permettraient de récolter des produits alimentaires commerciaux tout au long de l'année.

"Le secteur de l'aquaculture en Egypte a un problème en ce que la saison de culture est relativement courte", note-t-il. "Pendant les mois de décembre à février, les températures sont trop faibles pour soutenir la croissance de beaucoup (de poissons). Et pendant cette période, les fermiers qui tentent d’élever leurs poissons au-delà de l'hiver en perdent souvent un nombre important à cause du stress et de la maladie".

Des études-pilotes ont montré que les éleveurs de poissons sont en mesure de capitaliser sur les substances nutritives contenues dans la boue au fond de leurs bassins piscicoles.

"L'idée est que vous videz vos bassins en novembre, récoltez vos poissons, puis plantez une culture de blé dans au fond de votre bassin que vous récolteriez en mars avant d'inonder la zone faite de chaume avec de l'eau et d’y réintroduire de jeunes poissons", explique Beveridge. (FIN/2014)

 

 

 

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