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JORDANIE
Le pays confronté à un fardeau de cancer imminent et complexe
Elizabeth Whitman

AMMAN, Jordanie, 26 avr (IPS) - Le squelette d’un complexe de 13 étages se dresse de façon imposante au-dessus des bâtiments environnants dans l’une des rues les plus animées d'Amman, la capitale de la Jordanie. L'extension en cours du Centre anti-cancer du roi Hussein (KHCC) symbolise le progrès autant qu'elle laisse présager une crise.

Après son achèvement, prévu en 2015, les nouveaux bâtiments vont plus que doubler la capacité actuelle du KHCC, augmentant l'espace pour les nouveaux cas de cancer de 3.500 à 9.000 par an. Pourtant, même ce projet de 186 millions de dollars pourrait être insuffisant pour supporter la charge croissante du cancer en Jordanie.

En Jordanie, le cancer est la principale cause de décès après les maladies cardiaques. Plus de 5.000 Jordaniens sont dépistés pour le cancer par an, un chiffre qui devrait atteindre 7.281 d'ici à 2020, des statistiques qui reflètent les tendances mondiales.

Le cancer était une fois considéré comme un fléau des pays industrialisés. Mais en 2008, 56 pour cent des nouveaux cas de cancer étaient dans le monde en développement. Et d'ici à 2030, cette proportion aura grimpé à 70 pour cent.

Si la Jordanie n’arrive pas à se préparer activement à une vague continue de cas de cancer, "nous ne serons pas en mesure de faire face au nombre croissant de malades et à l'augmentation du coût de traitement", entraînant "moins de traitement moins et plus de décès", a déclaré à IPS, Dr Sami Khatib, un oncologue clinique qui est président de l'Association médicale arabe contre le cancer et ancien président de l’Association jordanienne de l'oncologie.

La Jordanie a la chance d'avoir le KHCC, une organisation non gouvernementale dirigée par la Fondation anti-cancer du roi Hussein qui est le seul centre global de traitement du cancer dans le pays et la seule installation de traitement du cancer dans le monde arabe à recevoir l’accréditation de l’ONG américaine 'Joint Commission'.

Le KHCC a été un pionnier dans le traitement du cancer en Jordanie, transformant le processus pour passer de visites disjointes avec divers spécialistes à des soins globaux avec un protocole de traitement.

Mais il est simplement le seul centre. Environ 60 pour cent des cas de cancer en Jordanie sont à Amman, selon les dernières statistiques sur l'incidence du cancer, qui datent de 2010. Cependant, selon Khatib, environ 80 pour cent des centres de traitement du cancer en Jordanie sont à Amman.

Pour la moitié de la population de Jordanie résidant à Amman ou dans ses environs, cet endroit est idéal. Pour les habitants des zones reculées, se rendre à ces centres peut être un problème majeur.

"L'inégalité d'accès constitue le principal obstacle" dans la fourniture du traitement du cancer dans un pays où "tout le spectre de traitement du cancer est disponible", a conclu Dr Omar Nimri, directeur du Centre de collecte des données sur le cancer de la Jordanie au ministère de la Santé, dans le Rapport mondial 2014 sur le cancer.

Une île de soins

Nisreen Harabi et Sana' Iskafee, deux femmes du même mari, étaient assises un matin sur un banc dans une salle d'attente au KHCC. Harabi bougeait en avant et en arrière comme pour se distraire de la douleur pendant qu’Iskafee parlait.

Pour atteindre Amman à partir de leur domicile dans le village de Luban situé à une heure de route, a indiqué Iskafee, les femmes ont dû prendre un ou deux bus de transport public abordables ou dépenser 15 dinars (21 dollars) pour faire le voyage en taxi.

Nisreen a un cancer dans ses ganglions lymphatiques, selon Sana’, et doit se rendre au KHCC quatre fois par semaine pour la radiothérapie.

"Nous avons commencé à venir [ici] il y a deux mois", a déclaré Sana’. "La partie la plus difficile pour nous, c’est le transport. Nous vivons très loin".

Ce matin-là, elles ont quitté leur domicile à 6h30 pour un rendez-vous à midi, puisqu’une variété de facteurs peut souvent entraîner des retards dans les transports publics en Jordanie.

"La répartition [des centres de traitement du cancer] n'est pas équitable, dans son ensemble, pour la Jordanie", a indiqué à IPS, Dr Jamal Khader, un radio-oncologue au KHCC et président de l’Association jordanienne de l'oncologie.

Comme Nisreen, environ 60 pour cent des malades du cancer subiront à un certain point le traitement par radiologie, a-t-il souligné. Mais ils doivent être quotidiennement à Amman pour une séance de 10 à 15 minutes, ce qui constitue une grande souffrance supplémentaire pour ceux qui vivent en dehors de la capitale.

"Nous n'avons pas un seul oncologue médical ou un seul oncologue radio dans le sud" ou dans d'autres régions reculées, a ajouté Khader. "Le scénario idéal pour un malade du cancer, c’est d’être soigné dans un centre global", dont le KHCC est le seul. Et les médecins spécialisés et la technologie sont disponibles à Amman.

Bien que tous les malades à travers la Jordanie reçoivent "presque" le même traitement de qualité, peu importe le centre de santé qu'ils fréquent, Nimri a déclaré à IPS, dans un entretien, que les malades plus pauvres ou ceux qui vivent loin d’Amman sont confrontés à des difficultés supplémentaires.

"Ils doivent louer une place, ou rester dans un hôtel, ou chez des parents s'ils en ont", a-t-il souligné.

En ce sens, Harabi a la chance de vivre à une heure de route d’Amman.

Le voyage et hébergement nécessitent le temps et l'argent, le dernier étant particulièrement rare dans un pays où le revenu annuel moyen par habitant est de 5.980 dollars. Bien que les associations et les organisations caritatives puissent aider à couvrir les coûts, le système qui demeure en place est centralisé et ne répond pas aux besoins des malades pauvres qui vivent loin de la capitale.

"Nous devons construire des centres ... dans le nord et le sud de la Jordanie afin de mieux couvrir l'ensemble de la population", a déclaré Khatib. Il a indiqué que le gouvernement avait "un plan visant à commencer la construction des centres de traitement du cancer dans les différents gouvernorats de la Jordanie" et que "qu'ils commenceront peut-être à mettre cela en œuvre ... bientôt".

La situation est en train de changer, quoique progressivement. Le Centre hospitalier et universitaire roi Abdullah, à Irbid, une ville dans le nord du pays, envisage d’acquérir des appareils de la radiothérapie, afin que les malades de cancer qui résident dans le nord de la Jordanie n’aient pas à aller à Amman pour la radiothérapie.

Un plan national de lutte contre le cancer est en cours d'élaboration également, dans le but d'expliquer les lignes directrices pour la prévention, le diagnostic, le traitement, et au- delà. Khader, l'oncologue du KHCC, espère que ce plan serait finalisé dans un an et que cela pourrait aider à identifier "les centres qui manquant çà et là". (FIN/2014)

 

 

 

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