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CENTRAFRIQUE
Les appels montent pour une force de l’ONU dans le pays
Samuel Oakford

NATIONS UNIES, 27 nov (IPS) - La France a déclaré qu'elle fera circuler lundi soir un projet de résolution du Conseil de sécurité qui créerait une force de maintien de la paix des Nations Unies en République centrafricaine, puisque les violences dans son ancienne colonie menacent de se transformer en un conflit ethnique.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui a indiqué il y a une semaine que la situation dans le pays "frise le génocide", a annoncé mardi que la France triplerait sa présence militaire en Centrafrique pour l’amener à 1.200, renforçant les 2.500 soldats africains régionaux qui ont été largement impuissants à maîtriser une situation de plus en plus anarchique.

"Il n'y a plus de services publics de sécurité à Bangui ou dans le reste du pays", a déclaré Thierry Vircoulon, directeur du projet Afrique centrale à 'International Crisis Group'. "Les gens sont laissés à eux-mêmes - seules les églises arrivent à offrir quelque chose".

Depuis que les combats ont commencé il y a près de deux ans, 400.000 personnes ont été déplacées à l'intérieur.

En mars, la Séléka, une coalition peu structurée de groupes rebelles venus du nord musulman du pays, a pris la capitale, Bangui, et contraint le président, François Bozizé, que les rebelles accusaient de n’avoir pas respecté les accords de paix antérieurs, à fuir le pays.

Le chef de la rébellion, Michel Djotodia, a été nommé président par intérim, devenant ainsi le premier musulman à occuper le poste.

Mais l'annonce de Djotodia en septembre, selon laquelle la Séléka serait dissoute, a déclenché des épisodes prolongés de pillages et de violences commis par des rebelles mécontents.

'Amnesty International' indique que depuis la chute de Bozizé, le nombre de militants s'identifiant comme Séléka a augmenté pour passer de 5.000 à 20.000.

Et 'Human Rights Watch' a accusé lundi un commandant de la Séléka d’avoir tué explicitement des civils dans une attaque le 10 novembre à Camp Bangui.

"Des attaques du genre contre des zones peuplées causent des dégâts massifs et la peur parmi la population de la République centrafricaine", a souligné Daniel Bekele, directeur Afrique de 'Human Rights Watch'.

Il y a une semaine, les Etats-Unis ont promis 40 millions de dollars pour soutenir la force régionale qui attend à Bangui depuis des mois.

Bien que la Mission internationale de soutien à la Centrafrique dispose de plans pour faire passer ses effectifs de 2.500 à 3.600, les dirigeants de la région sont convaincus que peu de choses peuvent être faites sans l'autorisation d'une opération de maintien de la paix des Nations Unies.

De récentes informations indiquant des attaques contre des mosquées et des églises constituent des échos émouvants des moments où l'ONU a été lente à prévenir le génocide.

Suite à un rapport interne mettant en évidence l'inaction de l'ONU au cours des derniers mois de la guerre civile au Sri Lanka, la réponse de l'ONU en République centrafricaine sera considérée comme un test des promesses d'agir plus tôt et de façon plus décisive pour éviter un génocide.

Les musulmans, qui dominent la Séléka, représentent seulement 15 pour cent de la République centrafricaine.

Le conflit survient après "des années de marginalisation et de discrimination des musulmans dans le nord-ouest" du pays, a déclaré le secrétaire général adjoint de l'ONU, Jan Eliasson.

Des informations font état de ce que des éléments de la Séléka ne parlent pas le Sango, indiquant qu'il se peut qu’ils soient venus des pays voisins comme le Soudan ou le Tchad.

Dans plusieurs régions du pays, les membres de la majorité chrétienne ont répondu aux violences en créant leurs propres milices, appelées "anti- balaka", ou anti-machettes.

"Il y a eu plusieurs affrontements entre la Séléka et la population cette semaine", a déclaré Vircoulon à IPS. "Les soldats africains de maintien de la paix se sont retirés, ils ne peuvent pas les empêcher".

Bien que le pays ait une longue histoire de coups d'Etat et de rébellions, la religion n'a pas levé sa tête jusqu’à un tel degré - comme elle l'a fait dans le reste du Sahel - jusqu'aujourd’hui.

"Cette situation n'a pas commencé comme un conflit religieux", a déclaré Philippe Bolopion, directeur de 'Human Rights Watch' à l’ONU. "Aucune des parties n’avait un programme religieux".

Comme les combats s’intensifient, des Centrafricains de plus en plus jeunes sont enrôlés de force dans les rangs des deux côtés. Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance estime qu'il y a actuellement 6.000 enfants soldats qui combattent dans le pays.

S'adressant au Conseil de sécurité, Eliasson a qualifié la souffrance comme étant "au-delà de l’imaginable" et a déclaré que l'ONU devait agir pour "éviter des atrocités".

Mais très peu d'informations arrivent à sortir du pays, où les ONG sont rares sur le terrain.

Des milliers de réfugiés ont fui les grandes villes pour se cacher dans la brousse où ils sont exposés au paludisme et meurent de diarrhée qui peut être traitée.

Jusqu'à ce qu’un semblant d'ordre soit rétabli, ceux qui ont fui sont censés mourir en nombre croissant.

"Une partie du problème est que nous ne savons rien", a indiqué Bolopion à IPS.

Il y a une semaine, le secrétaire général, Ban Ki- moon, a déclaré qu'il soutenait une force de maintien de la paix des Nations Unies de 6.000 soldats. Mais le représentant de la France, Gérard Araud, a indiqué aux journalistes que le bureau du secrétaire général exigerait jusqu'à trois mois pour compiler un plan d'action, poussant les choses jusqu’en mars.

Ce délai amène beaucoup à se demander quel rôle la France jouera entretemps, moins d'un an après qu’elle a lancé une opération militaire au Mali visant à chasser les extrémistes qui ont créé un Etat de facto dans le nord du pays. (FIN/2013)

 

 

 

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