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/REPETITION CORRIGEE*/SOMALIE
Le président passe une année agitée
Muhyadin Ahmed Roble et Yusuf Ahmed

MOGADISCIO/NAIROBI , 12 sep (IPS) - Après sa première année comme président de l'Etat effondré le plus dangereux au monde, Hassan Sheikh Mohamud est toujours aux prises avec des ressources financières limitées, la corruption, le manque de fourniture de services, et la poursuite des assassinats des responsables gouvernementaux, y compris des tentatives sur sa propre vie.

Le président somalien, qui célèbre le 10 septembre 365 jours de son élection par les législateurs, a eu une première année difficile de son mandat de quatre ans.

Des analystes affirment que non seulement Mohamud a dû composer avec le groupe islamiste extrémiste Al-Shabaab, qui a mené un certain nombre d’attaques terroristes récentes sur la capitale Mogadiscio bien qu’ayant été chassé des principales villes de ce pays de la Corne de l'Afrique, et un nombre croissant d’Etats séparatistes, il est également confronté à une désillusion grandissante et profonde parmi les Somaliens.

Abdi Aynte, fondateur et directeur exécutif de l'Institut du patrimoine pour des études sur les politiques, le premier groupe de réflexion dans le pays, a déclaré que Mohamud n’a pas réussi à tenir ses promesses dans sa première année de pouvoir.

"La Politique des six piliers a été ambitieuse, mais la fourniture de services publics est quasiment inexistante", a souligné Aynte à IPS, à Nairobi, la capitale du Kenya. La Politique des six piliers était la stratégie de Mohamud pour amener la sécurité, la stabilité, la justice, la relance économique et la fourniture de services à la Somalie.

"Ce n'est donc pas une surprise qu'aucun progrès notable n'ait été fait vers la réalisation d’une partie quelconque de cela".

Toutefois, il a ajouté: "Le gouvernement semble prendre d'importantes mesures pour désamorcer les tensions, corriger les lacunes et élargir les consultations avec le public. La conférence sur la 'Vision 2016' a été un pas positif".

Les Somaliens ont vécu près de 20 ans de guerre, de pauvreté et de déplacement suite à l'éviction du dictateur et ancien président Mohamed Siad Barre en 1991. Le pays n'avait pas de gouvernement central jusqu'en 2000, une année après laquelle une série de gouvernements provisoires ont été élus.

Il y a aussi quelques services essentiels ou des installations sanitaires dans le pays, la plupart étant fournis par des ONG. Pendant plus de 20 ans, Médecins sans frontières a été l'un des rares fournisseurs de soins de santé essentiels en Somalie. Mais en août, elle s’est retirée du pays parce que l'assassinat et le harcèlement de son personnel faisaient qu’il était de plus en plus impossible pour l'organisation de travailler.

Mais les conseillers de Mohamud sont prompts à défendre l'ancien professeur d'université et activiste de la société civile, qui a échappé à une tentative d'assassinat lors d'un voyage le 3 septembre vers la ville de Merca, dans le sud de la Somalie. Le porte-parole de la présidence, Abdirahman Omar Osman, a déclaré à IPS à Mogadiscio que bien que le pays ait des contraintes financières importantes, des progrès ont été faits dans certains domaines.

"Le gouvernement, pour la première fois, s'engage avec les communautés sur le processus de prise de décisions clé. Nous organisons des conférences de réconciliation nationale sur la réforme judiciaire, sur la vision politique, sur l'éducation et la manière d'aborder l’extrémisme religieux".

Il a affirmé que le rapport du gouvernement parle de lui-même.

"Nous avons maintenu la sécurité dans tous les territoires repris à Al-Shabaab, nous stabilisons toutes les régions en Somalie [d’où] nous avons chassé Al-Shabaab".

"Nous payons nos soldats régulièrement, nous payons nos députés et fonctionnaires régulièrement. Nous avons mis en place une gestion des finances publiques qui est saine. Le parlement fonctionne correctement et a ratifié beaucoup de lois essentielles", a déclaré Osman.

Il a indiqué que pour la première fois en Somalie, le gouvernement "a réussi à atteindre la plupart des régions et districts [et] cela a été un exploit historique". Il a ajouté que Mohamud a été choisi par 'Time Magazine' comme l'un des 100 principaux dirigeants influents au monde et que le gouvernement avait gagné la reconnaissance de ses partenaires internationaux, y compris, entre autres, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Japon.

"Le gouvernement n'a pas assez d'argent pour faire tout", a-t-il ajouté.

"Les revenus mensuels du gouvernement s’élèvent à environ trois millions de dollars, issues [des recettes du] port et de l'aéroport de Mogadiscio, et pourtant, le budget qu’il nous faut pour mener nos activités quotidiennes est d'au moins 20 millions de dollars chaque mois", a-t-il souligné.

Toutefois, le directeur adjoint du port de Mogadiscio, Abdiqani Osman Kabareto, a affirmé à la radio locale 'Ergo Radio' en août que le port génère entre quatre et cinq millions de dollars par mois. Cependant, les responsables de l'aéroport de Mogadiscio n'étaient pas disponibles pour faire des commentaires sur leurs recettes mensuelles.

"Imaginez un gouvernement avec de telles limitations de budget en train d’essayer de reconstruire et de créer ses institutions à partir de zéro. C'est là que réside le problème. C'est la pénurie financière", a déclaré Osman.

Mohamed Ali, un diplômé de l'Université Simad, que Mohamud a aidé à créer, a indiqué à IPS que bien qu’il ait soutenu l'élection de Mohamud, il estime qu'il n'y a pas grand-chose à fêter une année plus tard.

"Je pensais qu'il était l'un d'entre nous et le seul qui a compris nos besoins, notre souffrance, notre importance plus que tout", a affirmé Ali.

Ali, qui a obtenu un diplôme de licence en administration des entreprises il y a trois ans, a encore du mal à trouver un emploi et il a abandonné l'espoir que le président tiendra ses promesses de création d'emplois.

Le Programme des Nations Unies pour le développement estime que 67 pour cent des jeunes en Somalie sont au chômage. Plus de la moitié des 10,7 millions d'habitants du pays sont âgés de moins de 30 ans.

"Il est devenu comme tout autre politicien qui ne tient aucune des promesses qu'ils avaient faites après avoir pris le pouvoir. Je le voyais comme le candidat de l'espoir et du changement, mais la seule chose qui a changé jusque-là, c’est le nom du gouvernement, passant du Gouvernement fédéral de transition au Gouvernement fédéral de la Somalie".

En août 2012, le Gouvernement fédéral de la Somalie a succédé au Gouvernement fédéral de transition provisoire.

Yahye Cheikh Amir, professeur d'économie et vice-président de l’Université de la Corne de l'Afrique à Mogadiscio, a affirmé que les ressources financières limitées n’étaient pas le seul problème de Mohamud. Il a souligné que la corruption endémique au sein des institutions gouvernementales a sapé la possibilité d’une quelconque relance économique et du développement dans le pays.

"Le gouvernement manque également de stratégies qui peuvent aider à générer de l'argent au-delà de l'aéroport et du port de Mogadiscio", a déclaré Amir à IPS.

"Le gouvernement pouvait collecter des millions de dollars grâce à la fiscalité et aux licences et aux droits d'agrément pour les entreprises qui travaillent dans le pays, seulement s’il étend son administration au-delà de la capitale et développe également des institutions transparentes et responsables pour la gestion des recettes", a-t-il souligné.

(*L'article initialement publié le 10 septembre, a mal cité Abdi Aynte et Abdirahman Omar Osman comme ayant déclaré que le président somalien, Hassan Sheikh Mohamud, n'a pas réussi à faire des progrès dans sa première année au pouvoir. Cet article contient plus de commentaires d’Osman sur les succès du gouvernement dans sa première année). (FIN/2013)

 

 

 

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