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RD CONGO
La prise d'une position stratégique du M23 provoque l’euphorie à Goma
Taylor Toeka Kakala

GOMA, RD Congo, 2 sep (IPS) - La Mission des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO) reçoit maintenant des applaudissements à Goma pour son implication dans les combats qui ont fait sauter le verrou des 'Trois antennes', à 15 kilomètres au nord de Goma, le 30 août. Et les rebelles du M23 se sont retirés de là.

A l’annonce du retrait des rebelles du M23 des 'Trois antennes', les habitants ont exprimé visiblement leur joie et leur soulagement à Goma, la capitale du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Les 'Trois antennes' symbolisent une colline "stratégique" où trois compagnies de téléphonie cellulaire, à Goma, ont placé des antennes relais.

Des jeunes chantaient, au milieu d’un concert de klaxons, à la gloire des Forces armées de la RDC (FARDC) et des casques bleus, et dansaient autour et sur le toit d’un camion-citerne de la MONUSCO, qui roulait lentement sur une route poussiéreuse.

"Je suis allé à 'Trois antennes' pour voir si ce que la radio a annoncé était vrai", déclare à IPS, un homme dans la foule. J’ai marché contre la MONUSCO. Je marche aujourd’hui pour la MONUSCO. C’est la réconciliation", renchérit une fille, chantant à tue-tête.

En effet, depuis le 7 août, la MONUSCO recevait des jets de pierres lancées par des manifestants en colère à Goma; elle a même été interdite de circuler à Beni, la troisième ville du Nord-Kivu. Une interdiction imposée par la société civile jusqu’à la mise en action de la nouvelle brigade d’intervention de l’ONU pour traquer les groupes armés.

Mais lancer des cailloux aux convois de la MONUSCO ou lui interdire de circuler "sont des actes de rébellion", avait dénoncé Nyonyi Bwanakawa, le maire de Beni, le 15 août.

Les habitants du Nord-Kivu sont notamment soulagés par le retrait du M23 des 'Trois antennes' parce que des obus lancés, les 22, 24 et 28 août sur Goma, et le 29 août sur Gisenyi, la ville rwandaise voisine de Goma (faisant un mort) étaient partis des 'Trois antennes', selon des experts en balistique de l’ONU. Ces obus ont fait 13 morts à Goma, indique la Croix-Rouge locale.

Les habitants se réconcilient aussi avec la MONUSCO qui avait été accusée d’avoir tué deux civils à Goma, le 24 août, en tirant sur une foule de manifestants qui s’en prenaient à une caserne du contingent uruguayen. L’ONU a demandé l’ouverture d’une enquête conjointe sur les auteurs réels de leur mort.

L’implication de l’ONU, le 23 août, dans l’offensive des FARDC contre le M23, a changé spectaculairement les relations entre la société civile du Nord-Kivu et la MONUSCO. La société civile pressait la MONUSCO de mettre en action sa brigade d’intervention au-delà du périmètre de sécurité aux alentours de Goma pour "éviter la colère populaire".

"Qu’est-ce ces pauvres populations civiles pouvaient faire au moment où le triste spectacle du 20 novembre 2012 [la prise de Goma par le M23] est encore frais dans nos mémoires?", demande Thomas d’Aquin Mwiti, président de la société civile du Nord-Kivu.

Aujourd’hui, la prise des 'Trois antennes' a permis à l’armée de prendre Kibumba, à 10 km plus au nord, et de contrôler tout le territoire de Nyiragongo, jadis, un des deux territoires contrôlés par le M23. "Ce qui représente environ 20 pour cent de la zone rebelle", affirme Mwiti à IPS.

Pour la première fois dans l’histoire de l’ONU, le Conseil de sécurité a doté une brigade d’intervention rapide d’un mandat offensif pour combattre les groupes armés en RDC. Composée de 3.069 hommes, la brigade est intégrée au sein de la MONUSCO.

Ce qui pousse le M23, qui bénéficie de l’appui militaire du Rwanda, selon le gouvernement et la société civile de la RDC, l’ONU et l’ONG 'Human Wright Watch', d’accuser la MONUSCO d’être transformée en une "mission de guerre".

"Nous nous sommes retirés des nos positions reconnues par la CIRGL (Conférence internationale de la région des Grands Lacs) pour permettre à l’ONU d’enquêter sur l’origine des tirs d’obus qui s’abattaient sur Goma et Gisenyi", déclare le lieutenant-colonel Jean-Marie Vianney Kazarama, porte-parole militaire du M23.

Le Rwanda, pointé du doigt par la communauté internationale pour son soutien au M23, a toujours démenti ces allégations. En revanche, il accuse plutôt la RDC de collaborer avec les rebelles du FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda). Des accusations aussi confirmées par des rapports indépendants, mais démenties par la RDC.

Pour l’ONU, il n’y a pas de doute. C’est le M23 qui a tiré des obus sur Gisenyi, ce que la rébellion dément. Et pour le Rwanda, c’est la RDC qui a tiré ces obus sur son sol.

"Mais au lieu d’enquêter ou de donner une dernière chance aux négociations de Kampala [entre le gouvernement et le M23], la coalition FARDC-MONUSCO-FDLR a occupé nos positions", affirme Kazarama à IPS.

Dans un communiqué du 31 août, le M23 exige "du gouvernement congolais le retour, dans un bref délai à la table de négociations de Kampala, pour trouver une solution politique à la crise". Dans le cas contraire, ajoute le document, "nos forces armées se réservent le droit de reprendre le contrôle" des positions que la CIRGL leur avait "assignées", le 24 novembre 2012, après leur retrait de Goma.

Pour le gouvernement congolais, Le M23 doit cesser d’exister sous forme militaire, a déclaré, Lambert Mende, son porte-parole, le 30 août.

Pendant ce temps, les combats entre FARDC et M23 placent des milliers de personnes dans des conditions de vulnérabilité extrême. Pour raison de sécurité, des organisations humanitaires ont suspendu leurs activités dans la zone M23 (où des mouvements de population sont pourtant signalés) et évacué leur personnel de Goma.

Goma est une ville avec déjà un passif de milliers de déplacés et de morts ainsi qu’une situation humanitaire catastrophique, affirme Eddy Yamweziyo, responsable des urgences à 'Caritas Goma', estimant que "l’intensification des combats va aggraver la situation". (FIN/2013)

 

 

 

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