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TOGO
De jeunes chômeurs employés dans le traitement des feuilles de manioc
Koffigan E. Adigbli

LOME, 19 août (IPS) - Des femmes et des hommes pilent des feuilles de manioc dans un grand hall où sont posés deux containeurs frigorifiques. Ils sont 47 ouvriers permanents, dont 32 femmes qui traitent des feuilles de manioc à Lomé, la capitale togolaise, destinées à l’exportation.

C’est pratiquement le seul endroit au Togo où les feuilles de manioc sont autant entourées de soins, avec une unité de traitement semi-industriel dénommée 'Kabeya International' installée à Avédji, un quartier périphérique de Lomé.

Vue de l’extérieur, l’unité a l’air d’un bâtiment ordinaire. Mais à l’intérieur, le travail effectué à la chaîne est remarquable, le pilon étant l’un des principaux outils. Une visite d’IPS début-août a permis de constater d’énormes quantités de branches de manioc qui jonchent le sol du compartiment réservé à l’effeuillage, la première étape du traitement.

Une dizaine de femmes libèrent rapidement les branches de manioc de leurs feuilles qui sont pilées ensuite par d’autres ouvriers. «A la fin du mois de juillet, j’ai perçu 60.000 francs CFA (environ 120 dollars) pour avoir pilé 1.200 kilogrammes de feuilles de manioc», à raison de 50 FCFA (0,10 dollar) par kilogramme, déclare Edwige Balikpo, une ouvrière de 31 ans.

Balikpo a une maîtrise en sociologie de l’éducation depuis 2005, mais faute d’emploi, elle travaille dans cette entreprise depuis 2010 comme pilleuse de feuilles de manioc. Comme elle, la plupart des autres employés étaient au chômage.

Ailleurs dans le hall, quelques jeunes hommes sont occupés à laver les feuilles de manioc et à les acheminer vers des mortiers où les pileurs, parfois deux par mortier, pilent les feuilles et les amassent dans des bassines avant d’envoyer le contenu vers la salle de pesage et de conditionnement.

De cette salle, sortent de petits emballages de 500 grammes ou d’un kilogramme de feuilles de manioc sous forme de boules de pâte qui sont ensuite conservées au frais et consommables. Ce produit fini qui peut être conservé pendant environ deux ans, selon le superviseur Yves Akoué, est exporté vers des pays d’Afrique centrale (Gabon, Cameroun, Guinée Equatoriale, Congo) et d’Europe (France, Belgique, Allemagne et Suisse).

Selon Akoué, les feuilles naturelles de manioc sont achetées aux paysans à raison de 15.000 FCFA (30 dollars) la tonne, ce qui leur permet d’améliorer leurs revenus pour leurs besoins familiaux.

L’un des principaux fournisseurs de feuilles de manioc, Kossi Houndjago, 48 ans, déclare que la vente des feuilles est négative pour l’évolution des plantes dans les champs, même si cela l’aide financièrement. «Nous sommes nombreux à vendre les feuilles de manioc, et je vends jusqu’à 20 ou 30 tonnes par an», dit-il à IPS.

«En moyenne, plus de 358 tonnes de feuilles sont achetées et pilées par an dans l’unité. Le kilogramme de feuilles pilées est vendu à 1.000 FCFA (deux dollars) à l’exportation et elles sont consommées comme légumes», explique Akoué à IPS.

Farida Ouro, une pileuse de 35 ans, affirme qu’elle se sent bien dans cette unité parce qu’elle n’a pas de contrainte administrative. «Je gagne parfois 2.000 FCFA (quatre dollars) par jour de travail. Je peux me reposer quand je veux. Et avec ce travail, j’arrive à joindre les deux bouts avec ma petite famille de deux enfants», explique-t-elle à IPS.

Par contre Jules Kédagni, 46 ans, le plus ancien, n’est pas satisfait parce qu’il trouve le travail très difficile et qu’il gagne seulement 45.000 FCFA (90 dollars) par mois. Il est passé de pileur à la pesée. Mais selon lui, depuis l’implantation de l’unité à Avédji en 2001, le chef a maintenu le kilogramme de feuilles pilées au même prix.

«Le prix du kilogramme de feuilles pilées n’a donc pas évolué. Or le coût de la vie ne cesse d’augmenter de jour en jour. Mais puisqu’on ne peut pas trouver mieux ailleurs, on fait avec», déclare-t-il, résigné et amer.

Selon Papy Kabeya, le chef de l’entreprise, les ouvriers sont libres, à la fin de chaque journée de travail, de prendre leur salaire journalier correspondant à la quantité de feuilles pilées. Ce salaire varie entre deux et quatre dollars, selon la production de chacun.

«Un ouvrier qui pile les feuilles ou qui les pèse, gagne le même montant par kilogramme... C’est vrai qu’il y a une concurrence farouche des unités de transformation en Afrique centrale, mais je pense augmenter d’ici à la fin de l’année le prix du kilogramme de feuilles pilées à 75 FCFA (0,15 dollar)», affirme Kabeya à IPS.

«Je suis Congolais de Kinshasa arrivé au Togo, j’ai fait un prêt de 54 millions de FCFA (environ 108.000 dollars) dans une banque de la place pour démarrer cette unité en 2001. Je paye mes taxes dont je ne veux pas vous donner le montant», explique-t-il.

Selon lui, son bénéfice annuel avoisine 400.000 dollars après avoir payé 50.000 dollars pour les salaires des ouvriers, 12.000 dollars pour l’achat des feuilles, et 110.000 dollars pour l’entretien des appareils de conservation et les frais d’électricité. (FIN/2013)

 

 

 

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