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ILE MAURICE
Le changement climatique enseigne quelques leçons
Nasseem Ackbarally

PORT-LOUIS, 7 août (IPS) - Le tourisme, l'agriculture, la pêche, la fourniture d’eau, qui constituent les vrais fondements de la société et de l'économie à l’île Maurice, sont menacés par le changement climatique.

Pendant que ce pays insulaire de l’océan Indien développe ses stratégies d'adaptation, il travaille pour bien former la prochaine génération de citoyens aux principes de développement durable.

Lancé le 5 juillet, le Cadre national de politique d’adaptation aux changements climatiques du pays (NCCAPF) a inclus des prédictions connues mais inquiétantes pour l'avenir. La moitié des plages de cette destination touristique pourrait disparaître d'ici à 2050, avalée par la montée des mers et des tempêtes de plus en plus violentes et fréquentes. Les ressources en eau douce pourraient diminuer de près de 13 pour cent tandis que la demande augmentera de façon constante.

"Nous sommes choqués d'apprendre que notre belle île - ou une partie d’elle - risque de disparaître à cause de la montée des niveaux de la mer", a déclaré à IPS, Felicia Beniff, une élève, pendant qu’elle sortait d'un cours sur l'environnement et les changements climatiques avec quatre amis. "Nous avons peur. Nous avons beaucoup d'années à vivre encore. Où irons-nous?".

Ces jeunes élèves du Collège MEDCO Cassis, à Port-Louis, la capitale mauricienne, font partie d'un quart de million d'élèves à travers l'île qui seront exposés aux principes de développement durable.

L’île Maurice travaille dur pour corriger les pratiques peu viables, notamment à travers le projet 'Maurice Île Durable'. La sensibilisation des jeunes au développement durable fait partie de cette vision à long terme de mettre en place une nouvelle économie écologiquement bonne.

Au Collège de l’Etat de Rabindranath Tagore, à Ilot, dans le nord de l’île Maurice, les élèves mettent les déchets organiques dans une boîte à compost.

"Nous collectons des bouteilles plastiques. Nous éteignons les lumières et les climatiseurs lorsque nous quittons la salle de classe. Nous ouvrons les fenêtres pour aérer les classes. Cela réduit les dépenses de l'école. Nous plantons également des arbres", a souligné à IPS, Ashootosh Jogarah, l'un des élèves.

Son ami, Varounen Samy, a indiqué à IPS qu'ils ont "désormais changé notre attitude envers l'environnement".

Mahen Gangapersad, directeur de l'école, estime que les Mauriciens ont pris l'environnement pour acquis depuis bien longtemps sans se rendre compte du tort qu'ils causent aux ressources naturelles. Le nouveau programme de formation vise à corriger cette situation. "Mieux vaut tard que jamais", a-t-il dit à IPS.

La plantation d'arbres, l'installation de cellules photovoltaïques pour l'énergie renouvelable, les jardins endémiques, le jardinage à l’arrière-cour, le tri des déchets, la fabrication de compost, la collecte des eaux de pluie et la maîtrise de l'eau sont désormais une réalité dans beaucoup d’écoles. L’objectif est d'exposer toute la population des élèves.

"Ainsi nous atteignons plus de 250.000 personnes", a expliqué à IPS, Veenace Koonjal, conseiller spécial du ministre de l'Education. Il croit que cette formation aura un grand impact sur la prise de conscience parmi la population de 1,2 million d’habitants de ce pays puisque les élèves rapportent ce qu'ils apprennent vers leurs familles et communautés.

"Les changements climatiques fragilisent les piliers économiques, sociaux et environnementaux de l'île", a déclaré le ministre mauricien de l'Environnement et du Développement durable, Deva Virahsawmy, lors du lancement du NCCAPF.

Le lancement de ce cadre politique nouvellement achevé a été accompagné par l'ouverture d'un Centre d'information sur l'évolution du climat à Port-Louis, une initiative qui recueillera des informations locales et régionales sur les changements climatiques et les rendra disponibles pour tout le monde - scientifiques, ingénieurs, architectes, ainsi que les agriculteurs et les étudiants.

Le renforcement et l'élargissement des connaissances, la sensibilisation et les informations sur les changements climatiques constituent une partie importante de la réponse de ce pays insulaire au réchauffement de la planète. L’île Maurice, comme d’autres Etats insulaires, peut s'attendre à souffrir le plus des changements climatiques bien qu’elle contribue très peu aux émissions de gaz à effet de serre qui les provoquent.

En outre, le cadre des politiques reconnaît que la géographie et la topographie de l'île limitent ce qui peut être fait pour contrer les effets néfastes du réchauffement de la planète sur la pêche et le littoral, le tourisme ou l'agriculture.

Khalil Elahee, président du Bureau de gestion de l'efficacité énergétique du gouvernement, croit que la population a commencé à se rendre compte de l'impact très grave que les changements climatiques ont déjà.

"Les gens veulent un développement durable. Il est donc essentiel que nous commencions une nouvelle façon de vivre et de développer notre île, qu’il y ait changements climatiques ou pas", a-t-il déclaré à IPS.

"Tout ce que nous faisons peut ne pas être suffisant, mais les mesures prises par l’île Maurice dans son programme d'enseignement sur les changements climatiques permettront d’atténuer l'impact des changements climatiques sur l'île", a souligné Elahee.

Virahsawmy a affirmé que l'éducation sur les changements climatiques permettrait à l’île Maurice de renforcer sa résistance dans les secteurs importants de son économie, d'atténuer les risques et de prévenir les pertes de vies et de biens.

L’île Maurice a déjà reçu trois millions de dollars du Programme d'adaptation en Afrique - financé par le Partenariat 'Cool Earth' du gouvernement japonais pour l'Afrique – afin d’intégrer l'adaptation aux changements climatiques dans les cadres institutionnels et les politiques centrales de développement. (FIN/2013)

 

 

 

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