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POLITIQUE
En quête d’un nouveau panafricanisme
Joan Erakit

NATIONS UNIES, 22 juil (IPS) - Combler le fossé entre le panafricanisme et la Renaissance africaine a été une priorité de premier plan pour l'Union africaine (UA).

Mais avec un coup d'Etat militaire en Egypte, l'instabilité au Soudan du Sud et au Mali, et même le problème de santé de l'ancien président et combattant sud-africain pour la liberté, Nelson Mandela, solidifier son objectif et sa mission de porte-parole du continent a été une route cahoteuse pour l'organisation.

Fondée en 1963 par les dirigeants africains, notamment Julias Nyerere de Tanzanie, Milton Obote d’Ouganda, Kenneth Kaunda de Zambie et Nkwame Nkuruma du Ghana, l'Organisation de l'unité africaine (OUA) a été créée pour libérer les pays du règne colonial.

L'intention était de construire une meilleure ligue auto-entretenue de nations démocratiques qui pousserait le continent vers l'avant. Mais une table ronde récente qui a eu lieu à l'ONU semblait avoir perdu son intention initiale dans un débat pour savoir si le continent africain devrait participer pleinement à l'économie mondiale telle qu'elle est, ou créer ses propres systèmes financiers et devenir un concurrent égal à une échelle beaucoup plus grande.

"Le problème avec cette conversation ici, c'est qu'elle est venue d'une perspective du panafricanisme, mais du vieux panafricanisme. Nous devons avoir le nouveau panafricanisme", a déclaré à IPS, Robert Kayinamura, un premier conseiller pour la Mission permanente du Rwanda à l'ONU.

Le panafricanisme est une idéologie et un mouvement qui prône l'unité et la solidarité non seulement sur le continent mais au sein de la diaspora.

Comme l'Afrique poursuit son regain de croissance, le monde - principalement la Chine - commence à se concentrer sur sa richesse en ressources naturelles. Et les dirigeants respectifs de l'Afrique utilisent des organisations telles que la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) et l'UA pour lier et formuler des plans économiques, diplomatiques et de développement concrets.

Modérer les tensions

Selon Dr Ali Mazrui, professeur des études africaines à l'Université Cornell, la prévention des conflits n'a pas été le point fort de l'organisation. Au cours des 50 dernières années, beaucoup de pays ont souffert de guerres civiles atroces tandis que leurs voisins regardaient avec prudence.

"[Le président ougandais Yoweri] Museveni aurait pu intervenir plus aisément au Rwanda en avril 1994, comme Julius Nyerere l’avait fait en Ouganda", a indiqué Mazrui, se référant au génocide rwandais et au renversement du régime du dictateur ougandais, Idi Amin, dirigé par la Tanzanie en 1978-1979.

Dr Mazrui a également ajouté que lorsque l'OUA a été créée, l'une de ses priorités était de modérer les tensions au sein des Etats, mais pas de participer aux tensions au sein des pays - et Nyerere n'a pas en réalité suscité la réaction de l'OUA lors de son intervention en Ouganda.

Cette voie aurait pu entraîner la dépendance croissante des interventions internationales en temps de guerre, et le recours aux institutions telles que la Cour pénale internationale (CPI) pour la justice par la suite.

Parce que le développement est directement lié au conflit, qui est ensuite lié à la pauvreté, la gestion des conflits et la promotion de la paix auraient été une bonne manière de soutenir le continent au cours des 50 premières années de l'OUA.

Passer le relais

Le 9 septembre 1999, l'OUA s’est réunie pour créer l’UA comme un moyen d'aider le continent dans sa croissance pour devenir un acteur égal dans l'économie mondiale.

N'ayant pas les ressources ou l'expertise économique appropriées pour s'attaquer aux questions de développement, l'OUA s’est fortement focalisée sur l'éradication du colonialisme, et a ensuite passé le relais à l'UA pour développer les infrastructures économiques de l'Afrique.

Commençant ses révisions et politiques stratégiques pour intégrer des changements économiques, l'UA a énoncé un plan pour un système bancaire central qui sortirait l'Afrique de ses difficultés financières qui s’intensifient, et ce faisant, se concentrer plus sérieusement sur la source de tous ses problèmes: la pauvreté.

"La pauvreté est le numéro un et devrait être le numéro un lorsque vous voulez mettre le continent africain à un autre niveau, parce que la pauvreté est la source des conflits", a souligné Kayinamura à IPS.

"La pauvreté est la source de l'envie, la pauvreté est la source de l'écoute des absurdités", a-t-il ajouté.

En effet, c'est un problème global qui inclut l'éducation, la santé, la stabilité politique, l'indépendance financière, le bien-être social et l'inégalité.

Avec des projets pour démarrer une Banque centrale africaine, une Banque africaine d'investissement et un Fonds monétaire africain en 2010-2011, l'UA a décidé qu’en encourageant les Africains à être autosuffisants - moins dépendants de l'aide ou de tout autre assistance extérieure – des nations plus fortes et plus démocratiques seraient constituées.

L'idée était simple: éradiquer la pauvreté en créant des institutions financières qui ont accordé des prêts gérables, et qui à leur tour ont construit le secteur privé.

"Le secteur privé a été le moteur de la lutte contre la pauvreté parce qu’il crée des emplois. Vous avez un emploi, j’ai un emploi, tout le monde a un emploi, et mes enfants vont à l'école. Cela ne doit pas être le cercle vicieux: je viens du jardin, alors mes enfants vont au jardin", a indiqué Kayinamura à IPS. (FIN/2013)

 

 

 

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