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ANTIGUA
Le changement climatique menace l’eau et la sécurité alimentaire
Desmond Brown

ST-JOHN'S, Antigua, 5 juil (IPS) - Avec leurs îles dépourvues de rivières ou de ruisseaux, les agriculteurs d’Antigua-et-Barbuda construisent des barrages et des étangs depuis des siècles, collectant les eaux de pluie pour irriguer leurs cultures et fournir de l'eau potable à leur bétail.

Mais aujourd’hui avec l'avènement du changement climatique, ils sont confrontés à des défis majeurs. Des tempêtes plus violentes et plus fréquentes détruisent régulièrement les arbres plantés autour des bassins hydrographiques ainsi que les herbes plantées dans ces endroits et autour de ces zones pour ralentir l'évaporation.

"Depuis l'ouragan Luis en 1995, nous subissons beaucoup de dégâts", a déclaré à IPS, Owolabi Elabanjo, un agent de vulgarisation agricole basé à Antigua. "Nous avons beaucoup souffert dans certains de nos mini-barrages et étangs avec les ouragans et certaines des tempêtes".

En septembre 1995, l’ouragan Luis, un ouragan de catégorie quatre, est passé directement au-dessus de Barbuda, causant des dégâts catastrophiques à Antigua et dans les îles voisines comme Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Anguilla.

Cette tempête avait fait 19 morts et près de 70.000 sans-abris, causant des dégâts estimés à trois milliards de dollars US. Toutes les plages d’Antigua-et-Barbuda avaient été érodées par la force des vagues de l’ouragan.

Elabanjo a souligné que l’eau est l'un des facteurs de production les plus importants dans l'agriculture.

"Vous pouvez utiliser n'importe quel autre matériel à part la terre pour produire des aliments, mais il nous faut toujours de l'eau dans ce matériel, alors l'eau devient le facteur de production numéro un", a-t-il indiqué.

Mais, a-t-il noté, l'eau est un produit de base rare et donc cher, non seulement pour l'agriculture mais aussi pour l’usage domestique.

Elabanjo a affirmé que le ministère de l'Agriculture était en train de nouer un partenariat avec l’Autorité des services publics d’Antigua (APUA) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l'agriculture (FAO) afin de sensibiliser les agriculteurs sur la collecte des eaux de pluie et de créer de meilleures opportunités pour l'utilisation de l'eau.

"Si nous sommes sérieux au sujet de la sécurité alimentaire et de la réduction de notre facture d'importation de vivres, nous devons faire quelque chose par rapport à l'eau", a-t-il déclaré à IPS.

L’eau et l’agriculture

Lystra Fletcher-Paul, chargée des affaires foncières et de l'eau, et représentante de la FAO en Guyane, est d'accord, notant que l'une des questions clé pour la gestion de l'eau est l'allocation de l'eau pour l'agriculture.

"Dans certains pays, vous constaterez que la priorité est toujours l'eau pour l'usage domestique, l'eau pour la santé, l'eau pour la fabrication, et s'il y a de l'eau qui reste, ils la donnent à l'agriculture", a-t-elle dit à IPS.

"Vous ne pouvez pas être sérieux au sujet de la sécurité alimentaire si vous allez considérer l'eau pour l'agriculture comme la dernière priorité. Vous devez avoir une stratégie qui dit, 'que nous ayons une sécheresse ou pas, l'agriculture va recevoir telle quantité d'eau'".

Fletcher-Paul a déclaré que la FAO a été active dans la région, aidant les pays dans la gestion de l'eau. Dans le cas d'Antigua-et-Barbuda, elle a indiqué que la FAO travaillait avec les autorités depuis 1991, jetant un regard sur la gestion du sol et de l'eau.

En 2008, Antigua était l'un des huit pays à bénéficier d'une étude de faisabilité de la collecte des eaux de pluie menée, conjointement avec l’Institut de recherches agricoles et de développement des Caraïbes (CARDI), l'Institut interaméricain de coopération pour l'agriculture (IICA) et la Banque de développement des Caraïbes (CDB).

A la fin de l'étude, le groupe de recherche a trouvé que la collecte des eaux de pluie à Antigua est très faisable parce que l'île reçoit en moyenne environ 750 millimètres de pluie par an.

Fletcher-Paul avait souligné l'importance d'avoir un plan de gestion des risques de catastrophe pour le secteur de l’agriculture.

"Les ouragans constituent un événement normal désormais; nous parlons des changements climatiques", a-t-elle dit, ajoutant que les Caraïbes seraient confrontés à davantage d’événements météorologiques extrêmes.

Un système de protection doit être développé à l'avance, que ce soit bien avant la saison des ouragans ou juste avant, a indiqué Fletcher-Paul, tel que la plantation d'arbres autour des barrages ou des herbes pour aider à conserver le sol.

2.010 arbres

Le ministre de l'Agriculture, Hilson Baptiste, a déclaré à IPS qu’Antigua-et-Barbuda était en train prendre les changements climatiques au sérieux. Et à travers ce qui est appelé Projet sur le climat, la Division du ministère de l'Agriculture et de l'Environnement mène une campagne pour lutter contre la déforestation, un arbre à chaque moment.

Lancé en juin 2010, l'objectif du Projet sur le changement climatique était de planter 2.010 arbres. En trois ans, se vante Baptiste, "nous avons planté plus d'arbres à Antigua que dans tout autre pays des Caraïbes".

Deux fois par an, des écoliers sont embarqués dans un voyage de plantation d'arbres, plantant entre 5.000 et 6.000 arbres.

Chaque année, lors de la Journée de Arbor, "nous distribuons un demi-million de plantes aux écoles, groupes communautaires et groupes religieux pour encourager les citoyens à planter un arbre", a indiqué Baptiste à IPS. "Des orangers, avocatiers, manguiers et des arbres à pain sont plantés", a-t-il ajouté. (FIN/2013)

 

 

 

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