Inter Press Service News Agency
20:37 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

Q&R
Comment une seule femme exige des réponses et une fin aux MGF
Lucy Westcott interviewe BOGALETCH GEBRE, une défenseuse éthiopienne des droits des femmes

NATIONS UNIES, 4 juil (IPS) - Bogaletch Gebre sait exactement ce que vivent les femmes de sa communauté en Ethiopie. Avec ses sœurs, cette activiste des droits des femmes a été victime des mutilations génitales féminines (MGF) quand elle était enfant dans une partie de l'Ethiopie où la pratique se faisait sur chaque fille.

En 1997, Gebre et sa sœur, Fikrete, ont fondé l’organisation 'Kembatti Mentti-Gezzima-Tope' (KMG), qui signifie "Des femmes qui travaillent et se lèvent ensemble". Pour son travail avec KMG, Gebre a remporté cette année le Prix africain pour le développement du roi Baudoin.

Gebre estime qu'un certain nombre de questions - économique, sociétale et écologique - combinent pour opprimer les femmes, alors KMG travaille sur une gamme de problèmes, depuis l'amélioration des infrastructures jusqu’à l’encouragement des communautés à s’opposer aux pratiques coutumières telles que l'enlèvement de la mariée et les MGF, qu’elle a aidé à réduire considérablement.

La correspondante de IPS, Lucy Westcott, a parlé avec Gebre, à New York, de la pratique et des attitudes relatives aux MGF, ainsi que de la puissance de l'indépendance économique des femmes.

Voici quelques extraits de l’interview.

Q: Le fait d’encourager les communautés à discuter des MGF et d'autres sujets tabous a été qualifié de rébellion. Êtes-vous d'accord avec cette étiquette?

R: L'un des objectifs de KMG, c’est d'éliminer les violences basées sur le genre, parmi lesquelles figurent des pratiques coutumières telles que les MGF, l'enlèvement de la mariée et le lévirat.

En 1998, quand nous avons faisions notre étude de base sur les MGF, nous touchions des sujets tabous. Alors, quelqu'un a qualifié cela de rébellion et moi de renégate pour avoir abordé des choses de cette façon, parce que les gens n'osent pas le faire.

Q: Etait-il difficile de commencer à parler de ces questions? Quelle était la culture quand vous étiez enfant?

R: Quand j’étais enfant, les parties du corps et tout ce qui est tabou n'étaient pas prononcés par les filles – seulement par les grands-mères, les mères et les aînées mariées. les MGF étaient appelées "enlèvement de la saleté".

J'ai pris conscience de la nature nuisible des MGF parce que quelqu'un a pris le temps de m'expliquer que je ne devrais pas subir la pratique. Lorsque j'ai subi cela, c'était un événement festif. Tout le monde dansait et fêtait.

Mais mes sœurs, ma mère, moi-même - nous pleurions, parce qu'elles savaient comment cela est nuisible et douloureux. Ma mère avait dit: "Je souhaite qu'ils se débarrassent de cela". Elle savait ce qui était fait à sa fille, mais elle estimait qu'elle était mandatée, que cette chose devrait être faite afin de rendre sa fille acceptable et épousable, et c'est ce que les filles doivent subir.

Q: Comment votre organisation a-t-elle réalisé une telle réduction des cas de MGF?

R: En 1998, nous avons constaté que les MGF se pratiquaient sur 100 pour cent des filles dans les zones où KMG avait travaillé en Ethiopie. Aujourd'hui, cela change. Nous avons réduit le taux des MGF de 97 pour cent, selon l'UNICEF, alors ces taux s’élèvent aujourd’hui à seulement moins de trois pour cent.

Ce qui est important, c'est non seulement le changement à travers des ateliers, mais aussi des filles qui deviennent des forces sociales dans la communauté. Elles organisent des clubs, vont à l'école et réussissent aux examens. Ce n'est plus comme c'était d’habitude.

Nous avons découvert que nous ne connaissions pas l’origine des MGF et d'autres pratiques. Nous avons demandé aux aînés, aux chefs des communautés, toute personne qui connaîtrait les mythes, les traditions orales et l'histoire de la région, mais personne ne peut vous dire l'origine de cela.

Comment cela est-il devenu notre tradition? Et pourquoi est-il devenu la culture éthiopienne ou africaine? Pourquoi sommes-nous en train de tuer nos enfants?

Q: Quand les gens ont constaté que personne ne connaissait l’origine des MGF, ont-ils changé leurs mentalités ou ont-ils voulu s’accrocher à la tradition?

R: Rien n'est automatique. Cela ne change pas du jour au lendemain, nous avons donc un engagement continu en tant que communauté. Nous voyons le changement venir, le changement des comportements individuels et la communauté qui discute en son sein.

Il n'y a aucun parent au monde qui ferait sciemment mal à ses enfants. Dire que les MGF sont exigées par leur religion ou leur culture est une idée fausse et une incompréhension que personne n'a remises en question.

Lorsque les gens commencent à raisonner et à poser de questions, il n'y a aucune réponse à la question pourquoi, alors grâce à une seule personne, cela s'arrête. Ils ont élaboré leur propre contrat, la communauté punissant ceux et celles qui continuent avec ces crimes. (FIN/2013)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
DEVELOPPEMENT: Nous devons penser autrement à la "sécurité"
AUSTRALIE: Le port de Newcastle bloqué par les Guerriers du changement climatique
IRAN: L’examen d’un document clé à l’AIEA suggère un coup d’Israël
PAKISTAN: Les Ahmadis confrontés à la mort ou à l’exil
ETATS-UNIS: Le budget de la défense peut accroître alors que le public est fatigué de la guerre
OPINION: Il faut l’innovation pour aider les fermes familiales à prospérer
CISJORDANIE: Israël envisage une expulsion massive des Bédouins de la région
ENVIRONNEMENT: Le bambou pourrait être un sauveur face au changement climatique
ETHIOPIE: Le pays montre la voix pour faire prospérer une économie verte
AFRIQUE: Evaluer comment le changement climatique affecte la sécurité alimentaire
More >>