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Q&R
Des émeutes et le riz en Afrique
Busani Bafana interviewe DR MARCO WOPEREIS du Centre du riz pour l’Afrique

COTONOU, 14 juin (IPS) - Grâce aux émeutes alimentaires dans plusieurs villes africaines, causées par la hausse des prix du riz entre 2007 et 2008, l'Afrique subsaharienne cultive et mange plus de riz, les gouvernements ayant été obligés d’élaborer des programmes de production ambitieux.

Le riz est la troisième source d'énergie alimentaire la plus importante en Afrique subsaharienne, selon le Centre du riz pour l'Afrique (AfricaRice), une organisation de recherche, basée à Cotonou, au Bénin, qui travaille pour contribuer à la réduction de la pauvreté et pour la sécurité alimentaire en Afrique et qui est soutenue par le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI).

Une analyse faite en mars 2013 par AfricaRice montre que les rendements moyens de riz en Afrique subsaharienne ont grimpé d'environ 30 pour cent de 2007 à 2012, et augmentent à un rythme plus rapide que la moyenne mondiale. Le taux de production de riz paddy (non décortiqué) a également grimpé de 3,2 pour cent par an avant la crise du riz, à 8,4 pour cent par an par la suite.

Décrivant cela comme une nouvelle encourageante, le directeur général d'AfricaRice, Dr Papa Seck, a déclaré qu'il était essentiel de maintenir la tendance parce que la consommation de riz augmentait en Afrique subsaharienne à un taux annuel de cinq pour cent.

"Suite à la crise alimentaire, beaucoup d’investissements ont été faits par des gouvernements, des agences internationales, et des pays donateurs (à travers la coopération bilatérale) pour réorganiser le secteur du riz en Afrique subsaharienne", indique Dr Marco Wopereis, directeur général adjoint d’AfricaRice.

Dans une interview accordée au correspondant de IPS, Busani Bafana, Dr Wopereis a indiqué que bien qu'il soit difficile de capter tous les investissements faits au niveau régional et national, deux projets régionaux ont fait une grande différence.

Il a cité l'Initiative d'urgence de cinq millions de dollars sur deux ans pour renforcer la production de riz au Ghana, Mali, Nigeria et au Sénégal, financée par l'Agence américaine pour le développement international (USAID). Elle a aidé quelque 56.420 agriculteurs dans les quatre pays à travers l'accès aux semences subventionnées de variétés améliorées, aux engrais et aux méthodes améliorées de gestion des cultures. Les agriculteurs ont produit 51.279 tonnes de riz de plus en 2010, avec leurs coûts de production réduits au cours des deux années du projet.

Le deuxième grand projet a consisté à améliorer l'accès aux semences de riz et à développer un système de données sur le riz pour l'Afrique subsaharienne (ASS). Ce projet d'un an de 4,5 millions de dollars, financé par le gouvernement japonais, a produit au total 106,9 tonnes de semences de base provenant de 29 variétés à travers 20 pays et 668,4 tonnes de semences certifiées.

Voici quelques extraits de l’interview.

Q: Avec l’augmentation prévue de la consommation de riz, les politiques agricoles actuelles en ASS sont-elles favorables à la promotion de la production de riz?

R: Des progrès remarquables ont été faits dans la production de riz. La production de riz augmente maintenant à près de six pour cent par an depuis 2008. Cependant, avec la hausse de la consommation de riz, la production de riz devra doubler le taux de croissance actuel pour satisfaire la consommation croissante.

Q: Quelle est la production annuelle de riz en ASS par rapport à ses importations?

R: Les données publiées par l’USDA (ministère de l’Agriculture des Etats-Unis) en 2012 donnent 12 millions de tonnes pour le riz décortiqué produit en Afrique subsaharienne et près de 12 millions de tonnes de riz importé.

Q: Quel est l’avenir du riz comme aliment de base en Afrique?

R: L'avenir du riz comme aliment de base en Afrique est très prometteur. AfricaRice est convaincue que l'avenir de la riziculture se trouve en Afrique. Le continent a un grand potentiel inexploité, qui peut être vu dans ses vastes étendues de terres et ressources en eau à peine utilisées (par exemple, l'Afrique subsaharienne a 130 millions d'hectares de plaines dont seulement 3,9 millions d'hectares sont exploitées).

La compétitivité de la production locale de riz en ASS est désormais un fait établi. En outre, les rendements augmentent maintenant à un taux de croissance impressionnant supérieur à ceux obtenus dans le cadre de la révolution verte en Asie. Différents systèmes d'innovation couplés, avec la diffusion des technologies de production de riz et un environnement politique favorable, continueront de renforcer davantage la réalisation de ce potentiel. (FIN/2013)

 

 

 

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