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OPINION
Mettre en lumière les droits de reproduction des femmes africaines
Agnes Odhiambo et Gauri Van Gulik*

NAIROBI, 23 mai (IPS) - Victoria J. a été mariée en 2009 à l'âge de 14 ans, et est tombée enceinte peu après. "J'ai commencé le travail un vendredi matin ... L'infirmière ne cessait de surveiller les choses et de dire que j’accoucherais en toute sécurité. Le lundi, elle a dit que j'étais faible".

"Le médecin a décidé de m'opérer. (Pendant) l’opération, il a constaté que le bébé était mort. Le médecin a dit que le bébé était mort à cause de la durée du travail. Après cela, j'ai découvert que l'urine sortait tout le temps", a-t-elle déclaré.

Des femmes et des filles comme Victoria au Kenya, en Afrique du Sud et au Soudan du Sud nous ont également parlé de grossesse et d'accouchement. Malheureusement, bon nombre de leurs histoires ne portaient pas sur la joie d'avoir un enfant, mais sur les mauvais traitements, la négligence et la douleur.

Dans des interviews et des rapports à travers l'Afrique, 'Human Rights Watch' a entendu des choses auprès des filles qui avaient trop peu d’informations sur la sexualité et le planning familial quand elles ont été forcées dans le mariage et la grossesse.

Nous avons parlé aux filles qui ont été mariées et ont eu d’enfants alors que leurs corps n'étaient pas assez mûrs pour supporter en toute sécurité la période allant de la grossesse à l'accouchement. Des femmes et des filles ont aussi parlé des centres de santé qui étaient mal dotés de personnel et mal équipés pour gérer les complications obstétricales.

Elles ont dit ne pas avoir assez d'argent pour le transport vers les centres de santé publics ou payer le coût élevé de l’accouchement là-bas. Les femmes ont parlé du manque d'ambulances pour les transporter quand elles avaient besoin de soins spécialisés, du mauvais traitement et de la négligence de la part des agents de santé, ainsi que de l'absence d'un processus de plaintes pour informer les centres des mauvais traitements et d'autres problèmes.

Malheureusement, nous avons parlé avec les familles des femmes et filles qui n'ont pas survécu à la grossesse et ne pouvaient pas raconter leurs propres histoires.

Des progrès mondiaux et régionaux significatifs ont été faits pour réduire le nombre de décès maternels évitables: des données publiées en 2012 par les Nations Unies montrent que le nombre de femmes à travers le monde, qui meurent de complications liées à la grossesse et à l'accouchement, a presque diminué de moitié au cours des 20 dernières années.

Le rapport intitulé "Tendances de la mortalité maternelle: de 1990 à 2010", montre que l'Afrique subsaharienne a connu une réduction de 41 pour cent des décès maternels. Malgré ces résultats prometteurs - dans une région qui porte un fardeau disproportionné de la mortalité maternelle - les progrès sont encore trop lents et inégaux.

Les 10 pires pays pour y être une mère, selon le "Rapport sur l’état des mères du monde" de l’ONG 'Plan International', se trouvent tous en Afrique subsaharienne. En plus d'un nombre anormalement élevé de femmes qui meurent, les femmes africaines souffrent également de manière disproportionnée des blessures issues de l'accouchement.

L'une des plus dévastatrices est la fistule obstétricale dont Victoria a souffert, qui entraîne une fuite constante de l'urine et des selles. La fistule peut être évitée ou traitée et existe à peine dans le monde développé.

Comme l'Union africaine (UA) fête ses 50 ans d'existence le 25 mai, elle devrait mettre un coup de projecteur sur les droits humains des femmes et des jeunes filles africaines.

L'UA a adopté le Protocole de Maputo en 2003. Sur les 54 pays membres de l'organisation, 36 l'ont ratifié. Le protocole est unique puisqu'il met l'accent sur des questions qui touchent le plus les femmes en Afrique et couvre des sujets qui ne figurent pas dans les traités internationaux, y compris la Convention sur l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), la convention des droits des femmes.

C'est dans le domaine des droits de reproduction que le protocole est le plus révolutionnaire. L'article 14 demande aux gouvernements de fournir des services de santé adéquats, abordables et accessibles, de créer et de renforcer les services nutritionnels et de santé existants pour les femmes durant la grossesse et pendant qu'elles allaitent.

Il demande notamment aux gouvernements de protéger les droits de reproduction des femmes en autorisant l'avortement médicalisé, en cas d'agression sexuelle, de viol, d'inceste, et dans les situations où il y a un risque pour la santé ou la vie de la mère ou du fœtus.

Il existe beaucoup d’autres engagements et déclarations, du moins sur papier, qui font la promotion de la santé maternelle en Afrique. En 2008, l'UA a adopté une résolution sur la mortalité maternelle en Afrique, bien avant que ne le fasse le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, qui a reconnu que la mortalité maternelle évitable est une violation du droit des femmes à la vie, à la santé et à la dignité. Elle incluait des recommandations pour améliorer le financement de la santé et la reddition des comptes.

La campagne de l'UA sur la Réduction accélérée de la mortalité maternelle en Afrique a pour thème "L'Afrique se soucie: aucune femme ne doit mourir en donnant la vie", pour mobiliser l'engagement politique et des ressources afin d’aider à réduire les décès maternels.

Cette campagne met l'accent sur l'amélioration de la surveillance des systèmes de santé. Depuis son lancement en 2009, 37 pays ont adhéré à la campagne et approuvé son engagement.

Puisque ces engagements sont importants, il est temps que les gouvernements africains soient tenus responsables pour ne les avoir pas satisfaits.

* Agnes Odhiambo et Gauri Van Gulik sont des chercheuses de la Division droits des femmes à 'Human Rights Watch'. (FIN/2013)

 

 

 

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