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AFRIQUE DU SUD
Risques de rupture de stock pour le nouveau programme ARV
Melany Bendix

LE CAP, 14 mai (IPS) - "Si je n'ai pas mes pilules, je ne sais pas ce qui arrivera. Je retomberai probablement malade, très malade. Peut-être je mourrai cette fois-ci", déclare Xoliswa Mbana* pendant qu’elle apprête ses quatre jeunes enfants pour l'école dans l’habitation informelle appauvrie de Masiphumelele, au Cap, en Afrique du Sud.

Il y a deux ans, Mbana, qui a été reconnue séropositive en 2008, avait un taux de CD4 inférieur à 200. Gravement malade, elle a été convaincue par les infirmiers du centre de santé de sa localité de commencer le traitement antirétroviral (ARV).

"Je n'avais pas confiance dans le muti (un mot zoulou pour la médecine traditionnelle) au début parce que j'avais entendu beaucoup de mauvaises choses à ce sujet. Mais j’étais mourante; je n'avais pas le choix. Quand j'ai commencé à me sentir mieux, j'étais tellement heureuse. Je prie le gouvernement de ne pas me retirer ma joie", indique à IPS cette femme de 42 ans.

Mbana, qui figure parmi les 5,5 à 5,9 millions de Sud-Africains qui, selon le Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH/SIDA, vivent avec la maladie, se réfère à sa peur d'être coupée de ses pilules salvatrices. C'est une crainte qui n'est pas injustifiée.

En mai 2012, elle a été forcée d’abandonner le traitement pendant trois semaines parce que le centre de santé de sa localité manquait de médicaments ARV. C'était l'une des centaines de points de distribution à travers six des provinces d'Afrique du Sud qui étaient touchées par une pénurie grave, la plus récente de plusieurs ruptures de stock qui ont affecté le programme de traitement ARV financé par l’Etat depuis son lancement en 2004.

Ce sont les antécédents peu solides dans la fourniture d’ARV du ministère sud-africain de la Santé, qui poussent les activistes du traitement à tirer la sonnette d'alarme sur l’introduction, le 1er avril, des ARV à dose fixe (ADF).

Jusqu'à présent, le traitement antirétroviral financé par l'Etat comprenait trois pilules différentes prises à divers moments de la journée. Le nouvel ADF combine les trois principaux agents de ces pilules en une seule pilule qui doit être prise une seule fois par jour.

Tout en saluant les ADF comme étant plus faciles et plus commodes pour les patients, les activistes ainsi que les professionnels de la santé ont prévenu qu’une rupture de stock de ces médicaments pourrait avoir un effet catastrophique sur le programme public de traitement du VIH/SIDA dans le pays - le plus vaste de ce type au monde.

"Avec les médicaments ARV individuels, s’il y a pénurie d'un ARV, alors les gens peuvent toujours prendre les deux autres médicaments, même si ce n'est pas idéal. Toutefois, s'il y a une rupture de stock de la pilule à dose fixe, les malades n'auront donc aucun recours", explique à IPS, Mark Heywood, directeur exécutif de 'Section 27', un groupe de promotion et de défense de la santé et de la justice sociale.

Dr Kevin Rebe de l'Institut de santé Anova, qui dirige le programme Health4Men axé sur la prévention et le traitement du VIH, est d'accord.

"Le risque des ADF est qu'il n'existe vraiment pas une bonne solution alternative", déclare-t-il à IPS.

Il souligne que même quelques doses manquées pourraient entraîner une résistance au traitement: "Vous devez bien obtenir 95 doses sur 100, sinon vous risquez la défaillance du traitement et le malade serait alors obligé de passer à un autre traitement, peut-être plus complexe et plus coûteux. Donc, s'il y a une rupture de stock (d’ADF), les conséquences pourraient être graves".

Le professeur Linda Gail Bekker, directrice adjointe du Centre Desmond Tutu pour le HIV à l'Université du Cap, ajoute qu’une rupture de stock pourrait être un "danger grave pour la santé" des personnes gravement malades qui ont juste commencé le traitement ARV - des gens comme Mbana, qui aurait pu mourir s'il y avait eu une rupture de stock lorsqu’elle avait commencé un traitement pour la première fois en 2010.

Bekker est aussi préoccupée par le fait que les ruptures de stock pourraient faire reculer les gains durement acquis pour convaincre des personnes séropositives de commencer le traitement pour ensuite s'en tenir à un régime thérapeutique strict.

"Nous devons vraiment endoctriner les malades infectés par le VIH sous des ARV pour être adhérents. Lorsque la non-observance est alors imposée aux malades sans aucune faute de leur part, cela est très frustrant et inquiétant pour les patients", explique-t-elle à IPS.

Réduire les risques

Bekker croit que les risques d'une rupture de stock d’ADF pourraient être atténués en prédisant avec précision la demande et en assurant une fourniture appropriée. Tout en reconnaissant que cela est plus facile à dire qu'à faire, elle insiste qu’une gestion rigoureuse de la fourniture constitue la seule façon d'assurer le succès du nouveau régime de traitement aux ADF.

"C'est un véritable exploit d'avoir commencé (à mettre) ce grand nombre de personnes sous une thérapie salvatrice pour ensuite s'assurer qu'elles continuent de l’obtenir pour le reste de leur vie. Mais nous devons le faire et nous devons le faire bien".

Rebe insiste également sur l'importance de bien obtenir la chaîne de fourniture d’ADF et affirme que le plan initial du ministère de la Santé paraît prometteur.

"Ils semblent avoir été assez intelligents au sujet de tout cela, notamment en introduisant les ADF en plusieurs phases: d'abord pour les femmes enceintes, ensuite les malades sous traitement antituberculeux, puis ceux qui commencent nouvellement le traitement ARV. C'est seulement lorsque tous ces gens seront sous ADF que les autres viendront. Cette approche progressive seule ira loin pour éviter une rupture de stock".

*Le prénom a été modifié sur demande.

(FIN/2013)

 

 

 

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