Inter Press Service News Agency
01:44 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

AFRIQUE DU SUD
Eduquer les femmes pour mettre fin aux décès néonatals
Stanley Karombo

JOHANNESBURG , 27 avr (IPS) - Une jeune mère - qui veut qu’on l’appelle seulement Karren – souriait pendant qu’elle faisait soigner son nouveau-né à l'Institut de santé de la reproduction et du traitement du VIH de à l'Université de Witwatersrand, à Hillbrow, en Afrique du Sud.

C'est sa première grossesse et Karren a dû apprendre, auprès d'une infirmière qualifiée, comment garder et prendre soin de son bébé.

Alors que Karren comptera bientôt les jalons heureux de son bébé - premier sourire, première dent, premier pas - chaque année trois millions d'enfants meurent dans leur premier mois de vie de causes largement évitables telles que la prématurité, les complications et les infections à la naissance, selon l’organisation caritative internationale 'Save the Children'.

C'est une raison majeure pour laquelle, à la fin de l'année, l'Afrique du Sud lancera le Plan d'action global pour les nouveau-nés, qui vise à réduire le nombre de décès néonatals dans le pays.

Mais l'Afrique du Sud est en tête dans l'intensification des Soins pour les mères de Kangaroo (KMC, son sigle en anglais), une intervention salvatrice que les mères peuvent facilement pratiquer, selon Dr Gary Darmstadt, directeur de la santé familiale à la Fondation Bill & Melinda Gates.

"C'était une idée de changement de paradigme il y a juste quelques années. Nous ne pourrions plus ignorer la période néonatale – les excuses étaient révolues. Nous connaissons désormais un certain nombre d'interventions simples qui ont un grand potentiel de prévenir les principales causes de décès néonatal", a déclaré Darmastadt à IPS.

Les KMC, c’est l'acte de tenir un nouveau-né par le contact peau-à-peau. Cela facilite généralement l'allaitement, réduit le risque d'infections graves et maintient le bébé au chaud, réduisant ainsi la mortalité des prématurés de moitié environ.

Mais ce sont là certaines des choses qu’on devait apprendre à Karren, cette femme mère pour la première fois. Des études estiment que si le KMC était largement utilisé pour les bébés prématurés, il pourrait sauver plus de 1.500 vies dans le monde chaque jour.

Une autre intervention cruciale, c’est l'utilisation de corticostéroïdes prénatals pour aider à développer les poumons d'un bébé prématuré afin qu'il puisse respirer de lui-même. Elle est largement utilisée dans les pays à revenu élevé avec une couverture estimée à 90 pour cent des cas indiqués de femmes en travail prématuré. Si son usage se répand dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, elle peut sauver la vie à plus de 1.000 nouveau-nés à travers le monde chaque jour.

Darmstadt a indiqué qu'en dépit des changements remarquables dans les niveaux de compréhension de la mortalité néonatale et des méthodes de prévention, les nouveau-nés continuent de mourir et représentent maintenant plus de 40 pour cent de tous les décès des enfants de moins de cinq ans.

"Le nombre de nouveau-nés qui meurent en Afrique subsaharienne a en réalité augmenté au cours des dernières années, alors même que les décès infantiles et maternels ont baissé".

En effet, une augmentation de la prévention de la transmission de la mère à l'enfant et des services de soins et de traitement du VIH pédiatrique a permis de réduire considérablement la mortalité chez les enfants de moins de cinq ans en Afrique du Sud.

Mais ces progrès sont entravés par des systèmes de santé fragiles dans les pays fortement touchés, selon Dr Lee Fairlie, une pédiatre à l’Institut Wits de santé de la reproduction et du traitement du VIH (WRHI, son sigle en anglais).

"La prévention du VIH a bénéficié d’une attention accrue. La mortalité infantile a également profité des progrès dans la lutte contre le VIH. Cependant, plus d’attention au soutien dans l'alimentation postnatale est nécessaire", a souligné Fairlie.

Elle a également noté qu'il y avait une réduction des épidémies en collision telles que le VIH et la tuberculose; les maladies chroniques et la santé mentale; les blessures et les violences; et la santé maternelle, néonatale et infantile. Elle a aussi ajouté qu'il y avait une réduction de 3,5 pour cent de la transmission du VIH de la mère à l’enfant.

L'Afrique du Sud a maintenant le plus vaste programme de la thérapie anti-rétrovirale au monde, et certains progrès ont été faits avec la mise en œuvre de nouveaux diagnostics de la tuberculose, ainsi que l'augmentation et l'intégration du traitement.

Dr Vivian Black du WRHI a indiqué à IPS que le système de santé du pays est toujours confronté à beaucoup de défis, notamment le manque de personnel de santé et un système inefficace de collecte des données par les responsables de la santé, qui pourraient faire que des décès ne soient pas enregistrés.

Elle a souligné que les autorités de la santé d'Afrique du Sud ont été négligentes en n’arrivant pas à recueillir des informations convenablement détaillées sur la mortalité maternelle qui pourraient guider les politiques.

"Certaines femmes ne connaissent pas leurs droits en tant que malades. Nous devons encourager les femmes à connaître leurs droits", a dit Black.

Mais qu’est-ce que l'Afrique du Sud peut-elle apprendre des autres pays d'Afrique subsaharienne?

Koki Agarwal, directeur du Programme intégré de santé maternelle et infantile, financé par l'Agence américaine pour le développement international, a déclaré à IPS que l'Afrique du Sud peut apprendre des succès d'autres pays comme le Rwanda et le Malawi en termes de réduction de la mortalité infantile. Ces pays ont également introduit des agents de santé communautaires qui surveillent les femmes enceintes et collectent des données sur les décès pré-et post-néonatals.

L'Afrique du Sud a besoin d'accélérer les progrès dans la survie des nouveau-nés en galvanisant les efforts pour mobiliser les gouvernements, donateurs, partenaires et les communautés locales à faire des décès néonatals une priorité absolue. (FIN/2013)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
DEVELOPPEMENT: Nous devons penser autrement à la "sécurité"
AUSTRALIE: Le port de Newcastle bloqué par les Guerriers du changement climatique
IRAN: L’examen d’un document clé à l’AIEA suggère un coup d’Israël
PAKISTAN: Les Ahmadis confrontés à la mort ou à l’exil
ETATS-UNIS: Le budget de la défense peut accroître alors que le public est fatigué de la guerre
OPINION: Il faut l’innovation pour aider les fermes familiales à prospérer
CISJORDANIE: Israël envisage une expulsion massive des Bédouins de la région
ENVIRONNEMENT: Le bambou pourrait être un sauveur face au changement climatique
ETHIOPIE: Le pays montre la voix pour faire prospérer une économie verte
AFRIQUE: Evaluer comment le changement climatique affecte la sécurité alimentaire
More >>