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COMMERCE
Le sommet du BRICS signifie des affaires
John Fraser

JOHANNESBURG, 26 fév (IPS) - Les Etats africains et d'autres pays émergents devraient bientôt surpasser le monde développé, et l'Afrique du Sud veut profiter de cette situation.

L'Afrique du Sud envisage d'améliorer la dynamique des affaires au sein du club des économies nationales émergentes comprenant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud (BRICS), et aussi avec d'autres pays africains, lors du premier sommet du BRICS en Afrique, à Durban, en Afrique du Sud, le mois prochain.

"Les économies émergentes et en développement jouent déjà un rôle important dans l'économie mondiale", a déclaré à IPS, Michael Jordaan, le directeur général de la 'First National Bank' (FNB) d'Afrique du Sud.

"L'économie chinoise est déjà la deuxième plus grande au monde, avec un PIB (produit intérieur brut) nominal au-dessus de sept trillions de dollars, (et) enregistrant une croissance située entre sept et huit pour cent", a-t-il indiqué. "Il y a également plusieurs économies de marché émergentes qui ont des niveaux de PIB au-dessus d’un trillion de dollars, notamment le Brésil, la Russie, l'Inde et le Mexique".

Il a ajouté: "Les perspectives pour les économies avancées, en revanche, sont médiocres, étant donné qu'elles sont largement grevées par un endettement élevé".

Jordaan a affirmé qu'il existe des opportunités, lors du sommet, pour la promotion de certains produits bancaires novateurs que l'Afrique du Sud a développés.

"Par exemple, les facilités de liquidité mobile et d’opérations bancaires, telles que les opérations bancaires par téléphone cellulaire, ont un grand potentiel en Afrique et dans d'autres pays en développement - puisque cette technologie est essentiellement applicable dans les marchés émergents", a-t-il expliqué.

Des rencontres préliminaires

Les préparatifs du sommet vont vite: le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, s'est rendu à Pretoria il y deux semaines et a rencontré Maite Nkoana-Mashabane, la ministre sud-africaine des Relations internationales et de la Coopération.

Les deux personnalités ont convenu qu'il existe un certain nombre de problèmes mondiaux importants dans lesquels le BRICS devrait coopérer, tels que la pression pour des réformes aux Nations Unies, au Fonds monétaire international et dans d'autres institutions internationales.

Leur homologue chinois, le ministre des Affaires étrangères, Yang Jiechi, devrait faire un voyage pré-sommet en Afrique du Sud la semaine passée.

Nkoana-Mashabane, a loué les Chinois pour leur rôle décisif dans l’obtention de l’adhésion de l'Afrique du Sud au club BRICS.

"Je crois que le rôle clé de la Chine dans l'obtention de l'adhésion de l'Afrique du Sud au BRICS a été une initiative appropriée pour créer un lien entre l'Afrique et le BRICS", a-t-elle déclaré.

"L'Afrique du Sud est profondément reconnaissante pour le rôle que la Chine a joué à cet égard", a-t-elle ajouté.

Prendre soin des affaires

Lorsqu’ils participeront au sommet de Durban, chacun des dirigeants du BRICS sera accompagné d'une importante délégation de chefs d’entreprise - et beaucoup de travaux se feront en coulisses pour s'assurer qu'il y aura des dialogues d'affaires fructueux.

Un grand défi pour le président sud-africain Jacob Zuma et les autres dirigeants sera de faire en sorte qu’il soit plus facile pour des chefs d'entreprise, comme Jordaan, de tourner davantage leur attention vers la collaboration avec les pays émergents.

Les ministres du Commerce de ce club des cinq nations tiendront une session spéciale conjointe avec les délégations de chefs d'entreprise venus des pays membres à la veille du sommet, et un Conseil permanent des entreprises de BRICS devrait être lancé après le sommet.

"Ce conseil des entreprises sera un mécanisme plus permanent pour les relations entre les entreprises", a indiqué à IPS, Xavier Carim, directeur général adjoint au ministère du Commerce et de l'Industrie d’Afrique du Sud.

Mais il existe une inquiétude en Afrique du Sud selon laquelle plusieurs membres de délégations de chefs d'entreprise, qui ont dans le passé accompagné Zuma aux rencontres de BRICS, ont été choisis parce qu'ils sont ses proches partisans, et pas nécessairement parce que leur présence permettrait de tisser de nouvelles relations d'affaires.

Kobus van der Wath, un consultant sud-africain en affaires et directeur général de la 'Beijing Axis', basé à Beijing, a fait partie des délégations de chefs d’entreprise à deux sommets du BRICS. Toutefois, il n'est pas convaincu que les délégués commerciaux aient suffisamment bénéficié de cela.

Les évènements d’affaires organisés en marge des sommets passés du BRICS n'ont toujours pas été bien préparés.

"J'espère que nous pourrons l'organiser bien, afin de permettre un réseautage approprié avec une base de données numérique des gens qui sont là, et cela pourrait être très intéressant", a-t-il indiqué à IPS.

Jordaan a affirmé que sa banque et sa banque mère, la 'Rand Merchant Bank' (RMB), sont déjà implantées en Inde et en Chine, mais que l'adhésion d'Afrique du Sud au BRICS peut aider à renforcer ces liens. Il s'est félicité des efforts visant à donner au BRICS une épine dorsale faite d’entreprises.

"Nous croyons que l'adhésion de l'Afrique du Sud est importante et profitera à nos opérations en pleine croissance dans ces pays", a-t-il dit. "Nous soutenons les initiatives de notre gouvernement visant à créer de nouvelles voies pour la croissance à travers des partenariats liés au BRICS". (FIN/2013)

 

 

 

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