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NIGER
Sans ressources, les réfugiés maliens se sentent mal à l’aise
Ousseini Issa

MANGAÏZE, Niger, 25 fév (IPS) - Sans travail ni ressources au Niger - leur pays d’accueil - les réfugiés maliens du camp de Mangaïzé, (nord-ouest du Niger), affirment être pressés de rentrer au Mali parce que, selon eux, ils n’ont même pas les moyens d’acheter de médicaments pour se soigner.

«En tant que réfugiée, pourquoi me délivrer une ordonnance pour un médicament qui coûte 2.500 francs CFA (environ 5,10 dollars) alors que je ne fais aucun travail; les réfugiés ont des droits, il faut les respecter», proteste Aïssata Yindou, 36 ans, une mère de quatre enfants, rencontrée par IPS au camp des réfugiés de Mangaïzé, dans le département de Ouallam, dans le nord-ouest du Niger et non loin de frontière du Mali.

«J’ai très mal à l’œil, ça m’empêche même de dormir, mais je n’ai pas de solution pour me soigner pour l’instant parce qu’ils disent ne pas disposer de médicament et moi, je n’ai pas d’argent pour l’acheter», déclare Yindou, montrant son œil malade et visiblement mal à l’aise.

Arrivée à Mangaïzé depuis mars 2012 avec sa mère et ses quatre enfants, Yindou trouve également incomplets les aliments qui leur sont fournis comme ration mensuelle. «C’est seulement 50 kilogrammes de riz (pour sa famille) et 0,75 kg d’huile (par personne) qu’on nous donne par mois, il n’y a aucun condiment; il faut revoir la ration alimentaire», dit-elle à IPS.

«Les plaintes ne manquent pas, mais on essaie de faire de notre mieux pour la prise en charge des patients au niveau du site. Nous n’avons pas de médicaments pour tout; les maladies qui dominent surtout ici sont le paludisme, la diarrhée et les dermatoses», indique à IPS, Hadiza Issaka Abdou, infirmière au centre de santé du camp.

Le camp de Mangaïzé a été officiellement créé en mai 2012, suite à une présence spontanée, pendant quatre mois sur le site, d’un grand nombre de familles qui fuyaient la guerre dès les premières attaques des rebelles touaregs en janvier 2012 au Nord-Mali, pour chercher refuge au Niger, explique Idrissa Abou, représentant de la Commission nationale d’éligibilité au statut de réfugié dans ce pays d’accueil.

«Il compte actuellement 1.522 ménages, soit une population de 6.037 personnes, composée de réfugiés maliens, mais aussi des retournés nigériens, avec le transfert, depuis le 7 février 2013, des réfugiés du camp de Banibangou (dans la même zone) estimés à un peu plus de 1.700 personnes», indique Abou à IPS. Selon lui, l’écrasante majorité des réfugiés est venue de Ménaka, la ville malienne la plus proche de Ouallam au Niger, et de la frontalière entre les deux pays.

Pour Bah Algassimou, représentant à Ouallam du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), «cette situation a accru les besoins du camp de Mangaïzé» qui a connu une extension «de 11 hectares supplémentaires sur les 52 initialement occupés par les réfugiés», selon Ibrahim Kebé, coordonnateur local de 'Islamic Relief Worldwide' (Secours islamique mondial) et responsable du camp.

«Mais avec l’appui continu du gouvernement nigérien et la collaboration des autres agences humanitaires, nous saurons relever les défis», rassure Algassimou.

Pour l’instant, la gestion des réfugiés est globalement satisfaisante car outre la ration alimentaire mensuelle, ils ont accès à l’eau potable grâce à trois mini-adductions d’eau, à des soins de santé primaire, à l’assainissement – avec 250 douches et 250 latrines ainsi qu’un système de gestion des ordures ménagères. Ils ont également accès à l’état civil, à l’école et même à la sécurité, avec l’ouverture d’un poste de police dans le camp, a constaté IPS, au cours d’une visite sur place, le 18 février.

«Lorsqu’on n’est pas chez soi, on éprouve toujours un manque, mais pour ce qui est de l’alimentation et des besoins élémentaires d’un être humain, nous sommes vraiment bien traités», confie à IPS, Akiline Agbogoli, vice-président de la communauté des réfugiés maliens du camp.

Selon les dernières statistiques du bureau du HCR à Niamey, la capitale nigérienne, chaque refugié du camp de Mangaïzé reçoit 1.849 kilocalories en moyenne par jour pour une quantité standard de 2.100 kcal et 10,8 litres d’eau potable sur 20 litres, qui est la norme.

«Nous avons à manger et à boire même si la nourriture n’est pas variée, et nos enfants du primaire ont renoué avec l’école, mais c’est toujours pénible de vivre en exil sous l’assistance d’autres personnes», souligne à IPS, Aïssa Hama, 39 ans, mère de cinq enfants.

Saddam Moussa partage cet avis. Précédemment boucher à Ménaka jusqu’à la prise de la ville par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), la rébellion touarègue malienne, Moussa déclare à IPS: «Je suis fatigué de rester à ne rien faire et attendre que d’autres s’occupent de moi. Je veux moi-même travailler et vivre de la sueur de mon front».

«Nous saluons l’intervention militaire des pays amis pour libérer nos villes des bandits qui sont venus nous chasser, nous avons hâte de rentrer au bercail et reprendre nos activités, mais nous ne pouvons pas retourner sans le feu vert du Niger et de ceux qui nous assistent», indique à IPS, Mohamed Lamine Aghabass, précédemment planton au bureau des Douanes de Ménaka.

Selon le HCR, 53.135 réfugiés en provenance du Mali étaient recensés au Niger au 31 janvier 2013. «L’intervention des troupes franco-africaines n’a pas donné lieu à l’arrivée de nouvelles vagues et nous n’avons pas enregistré des départs non plus», souligne Abou. (FIN/2013)

 

 

 

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