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COTE D’IVOIRE
Les positions tranchées rendent difficile la réconciliation
Fulgence Zamblé

ABIDJAN , 22 fév (IPS) - Six mois après le début des discussions entre le pouvoir et l’opposition en Côte d’Ivoire, les positions restent toujours tranchées. Aucune des deux parties ne fait encore de concession majeure pour donner une chance à la réconciliation dans le pays.

L’opposition ivoirienne, absente des législatives de décembre 2011, a annoncé, le 15 février, qu’elle ne participera pas aux élections locales prévues le 21 avril prochain. Pourtant, ce scrutin qui devait se tenir en févier, avait été reporté pour permettre à l’opposition d’y prendre part afin de décrisper l’atmosphère politique.

"Les conditions de notre participation ne sont pas réunies", déclare Benson De Gnacabi, délégué national à la communication de Liberté et démocratie pour la République (LIDER), un parti d’opposition dirigé par l’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Mamadou Koulibaly.

"Nous attendons l’adoption d’une loi relative au statut de l’opposition, la mise à jour de la liste électorale et la recomposition de la Commission électorale indépendante (CEI)", ajoute De Gnacabi à IPS.

Ces requêtes sont partagées par le Front populaire ivoirien (FPI), qui y ajoute le vote d’une loi d’amnistie pour tous les prisonniers politiques. "Nous avons une CEI dans laquelle siègent encore les Forces nouvelles (ex-rébellion). Or la mission de cette commission s’est achevée après les législatives", affirme à IPS, Richard Kodjo, porte-parole du FPI, le parti de l’ancien président Laurent Gbagbo.

"En outre, l’amnistie est un point de départ de l’apaisement en Côte d’Ivoire. On n’a pas besoin de la fin du processus judiciaire pour l’adopter", déclare Kodjo.

Détenu à La Haye, Gbagbo comparaît depuis mardi, 19 février, devant la Cour pénale internationale (CPI) pour l’audience de confirmation des charges retenues contre lui par la procureure de la CPI dans les violences postélectorales de 2010-2011. Il est accusé d’être "coauteur indirect" de crimes contre l’humanité, meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains.

Toutefois, le LIDER ne souhaite pas une amnistie pour de tels crimes. "L’amnistie est un mauvais signal, il favorise un climat perpétuel de crimes. Alors il faut arrêter de l’accorder aux criminels", souligne Koulibaly, le président de ce parti.

"L’amnistie, dans un processus de réconciliation, est une bonne chose. Seulement, nous ne pouvons pas accepter une amnistie sans que l’opinion ne sache qui sont les responsables des crimes commis dans le pays", explique à IPS, Eric Aimé Sémien, juriste et président de l’Action pour la protection des droits humains, une ONG basée à Abidjan, la capitale économique ivoirienne.

Mais, Florent Tiémélé, un autre juriste à Abidjan, ne partage pas cet avis. "Dans le contexte actuel où le pays est beaucoup plus proche d’une nouvelle crise, il serait judicieux pour le président Alassane Ouattara d’adopter la posture que son prédécesseur a eue en 2003", dit-il à IPS.

En effet, le président Gbagbo avait plaidé, en juin 2003, auprès des députés pour une amnistie en faveur des ex-rebelles (auteurs de la rébellion de 2002). Une loi avait alors été adoptée par le parlement et permis de rapprocher les parties en conflit, jusqu’aux élections de 2010. Cette amnistie ne couvrait toutefois pas les crimes de sang et les crimes économiques.

"Il ne sert à rien de prendre la justice pour prétexte. Autant il y a eu des victimes de la rébellion qui ne voulaient pas d’amnistie en 2003 - pourtant elle avait été prise -, autant il y a des victimes de 2010 qui s’y opposent. Cela ne peut empêcher qu’on le fasse", argumente Tiémélé.

Christophe Kouamé, coordonnateur national de la Convention de la société civile ivoirienne, à Abidjan, recommande, lui aussi, l’amnistie pour les personnes poursuivies pour crimes autres que les crimes de sang. "Ce qui importe également, c’est la réforme du secteur de la sécurité et l’achèvement du processus de désarmement", estime-t-il.

"Les amnisties politiques n’ont pas empêché une guerre. Il faut donc que la justice fasse son travail", déclare Amadou Soumahoro, secrétaire général du Rassemblement des républicains (RDR), le parti au pouvoir.

Alliés du RDR, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et le Parti ivoirien des travailleurs (PIT) attendent des consultations au sein de leurs bases respectives avant de se prononcer sur les requêtes de l’opposition.

"Pour ce qui est de la CEI, on ne peut changer les règles de jeu. Il y a eu un accord (en avril 2005 à Pretoria) autour de cette commission pour toutes les élections: les présidentielles, les législatives et les régionales. Elle doit aller au bout de sa mission", soutient Soumahoro.

Mais, Lamine Kourouma, un politologue basé à Abidjan, rappelle que la résolution 2062, du Conseil de sécurité de l’ONU, du 26 juillet 2012, "demande au gouvernement ivoirien et à tous les acteurs politiques de veiller à ce que les prochaines élections locales soient ouvertes, transparentes, libres et régulières, et se déroulent dans le calme".

La résolution recommande également que ces élections "favorisent la représentativité politique et la réconciliation, en choisissant une date opportune, en assurant la sécurité et en procédant aux réformes électorales utiles".

Selon Kourouma, le pouvoir et l’opposition ne donnent pas des signes d’apaisement. "Cela risque d’affecter gravement la fragile paix en cours", prévient-il. (FIN/2013)

 

 

 

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