Inter Press Service News Agency
20:16 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   JAPANESE
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

MALI
Tombouctou réclame ses trésors
A.D. McKenzie

PARIS , 21 fév (IPS) - Malgré l'incertitude et le conflit en cours, le Mali travaillera à la reconstruction et la sauvegarde de son patrimoine culturel, déclare le ministre de la Culture de ce pays d’Afrique de l’ouest, Bruno Maïga.

Maïga était à Paris cette semaine pour assister à une "journée de solidarité avec le Mali", organisée par l'Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) à son siège ici. Cet événement a réuni des experts culturels, des cadres du gouvernement, des artistes et des universitaires pour évaluer les dégâts causés aux sites du patrimoine mondial au Mali et aux manuscrits anciens, et pour élaborer un plan d'action.

"Les djihadistes... en brûlant des manuscrits, interdisant les pratiques traditionnelles dans les régions occupées, en prohibant l'écoute de la musique, et en semant la terreur... voulaient écraser notre esprit, notre essence culturelle", a indiqué Maïga. "Leur objectif était de détruire notre passé, notre culture, notre identité, et au total, notre dignité".

Maïga a ajouté à IPS qu'il espérait que cette journée conduirait à un "réel début" de la reconstruction du patrimoine du Mali. "J'espère qu'il y aura une action concrète, et c'est pourquoi je suis venu, malgré toutes les difficultés".

Au total 16 mausolées et les trois grandes mosquées dans la ville emblématique de Tombouctou étaient d'abord inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1988. Le Tombeau des Askia dans la ville de Gao, datant de 1495, a été ajouté à la liste en 2004.

En juillet 2012, ce tombeau et la mosquée Sidi Yahi ont été mis sur la liste "des patrimoines en danger" suite à la destruction de 11 des mausolées, et des portes de Sidi Yahi.

Cette destruction - attribuée aux rebelles islamistes armés – a eu lieu au cours de l'année de conflit qui a commencé dans le nord du Mali en janvier 2012. Comme les forces françaises et maliennes ont repris Tombouctou à la fin de janvier de cette année, les rebelles en se repliant ont incendié l'Institut Ahmed Baba, détruisant certains des précieux manuscrits anciens qui y étaient conservés.

Maïga a déclaré aux journalistes qu’environ 2.000 à 3.000 manuscrits peuvent avoir été perdus, mais que quelque 300.000 autres documents sont sauvegardés. Il a refusé de dire leur localisation, invoquant des raisons de sécurité. Bon nombre des textes datent du 13ème au 16ème siècles et ont été produits par des chercheurs de renom originaires de la ville et d'autres régions.

Les manuscrits étaient en train d'être numérisés, mais les rebelles ont détruit les ordinateurs et d'autres équipements installés pour ce travail, a expliqué Maïga. "Ils ont tout cassé", a-t-il dit à IPS, ajoutant qu'un processus renouvelé de numérisation constitue une priorité pour le ministère de la Culture, une fois la paix rétablie.

"Le Mali a une culture et une histoire très riches qui ont servi à cimenter la cohésion sociale", a souligné Maïga. "Pendant des centaines d'années, les différentes communautés ont vécu ensemble dans le respect de la diversité. C'est cette diversité, cet esprit de tolérance, et cette créativité... que les islamistes tentent de détruire. Nous devons nous opposer résolument à cela".

Après une journée de discussions lundi, le Mali et ses partenaires ont adopté un projet de plan d'action pour la "réhabilitation du patrimoine culturel et la sauvegarde des manuscrits anciens". Lazare Eloundou, chef de la section Afrique du Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO, a affirmé que le coût de numérisation des manuscrits et de reconstruction des mausolées était estimé entre 10 millions et 11 millions de dollars.

Il a dit que l'agence avait créé un compte spécial pour recevoir des fonds pour les travaux à venir, et que la journée de solidarité était aussi un moyen d’attirer l'attention sur la nécessité de contributions de la part des donateurs privés et publics.

Aurélie Filipetti, ministre de la Culture et de la Communication de la France, qui a assisté à la cérémonie d'ouverture de la journée, a déclaré que les institutions françaises participeraient à la formation des experts maliens de la culture dans les domaines de la conservation et la restauration du patrimoine.

"Le Mali est une importante source artistique, culturelle et spirituelle, et le rôle de la France, de l'UNESCO et de toute la communauté internationale est d'aider le peuple malien à redécouvrir sa dignité et la fierté de sa culture", a indiqué Filipetti aux journalistes.

"Quand la France est intervenue, c'était pour préserver l'intégrité territoriale du Mali et, avant tout, pour sauvegarder le peuple malien", a ajouté Filipetti. "Et le peuple malien a besoin de son patrimoine et de sa culture".

Des institutions, telles que le Musée du Quai Branly, basé à Paris, qui se concentre sur l'art et les civilisations indigènes, et la Bibliothèque nationale de France, apporteront leur expertise aux travaux de restauration et de reconstruction, a souligné Filipetti.

"Aucun principe spirituel ou temporel ne peut justifier la privation d’un peuple de son histoire", a-t-elle déclaré.

Puisque le conflit se poursuit, avec des attaques sporadiques, les experts craignent que les objets culturels maliens ne fassent partie du commerce international d’objets d'art illicitement obtenus, qui est évalué entre six et huit milliards de dollars par an.

Les responsables de l'UNESCO ont affirmé que des gens croient que certains articles seraient déjà sur le marché, mais l'agence espère que les gouvernements voisins agiraient pour empêcher l’entrée de ces objets dans leur pays.

La directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a dit que l'agence collaborerait avec ses partenaires et avec l'Organisation internationale de la police (Interpol) pour arrêter la vente de ces objets d'art. Elle a également souligné l'importance de la culture pour les nations.

"Nous voulons envoyer un message très fort sur l'importance de la culture, sur l'importance du patrimoine", a-t-elle déclaré aux journalistes. "Un message qui rejette la destruction du patrimoine parce que cela détruit l'identité des peuples". (FIN/2013)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
ILES DU PACIFIQUE: L’égalité des sexes préoccupe les dirigeants de la région
BRESIL: Le "Dalaï Lama de la forêt tropicale" confronté à des menaces de mort
SYRIE: Le TNT et la ferraille vident la capitale industrielle du pays
OUGANDA: Aider les femmes séropositives à éviter des grossesses non désirées
INDE: Les droits fonciers et l’éducation peuvent-ils sauver une ancienne tribu?
CAMEROUN: La récurrence de l’épidémie de choléra souligne des écarts de développement
KENYA: Une femme se bat pour trouver le vrai contraceptif
AFRIQUE: Contraception, le maillon le plus faible de la prévention du VIH
SANTE: Le Nigeria prend conscience de la menace du SIDA dans le pays
KENYA: L’extraction de sable, un travail dangereux, attire les jeunes
More >>