Inter Press Service News Agency
17:15 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   JAPANESE
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

AFRIQUE DU SUD
'Aucune lueur d’espoir' dans le secteur minier
Gavin du Venage

LE CAP, Afrique du Sud, 20 fév (IPS) - Une année calamiteuse dans le secteur minier a laissé beaucoup de gens se demander s’il devrait toujours jouer un rôle dans l'avenir de l'Afrique du Sud.

Des grèves illégales, y compris une qui a fait 47 morts près de Marikana dans le nord-ouest du pays, faisant grimper les coûts et les marchés déprimés de matières premières dans le monde, ont laissé l'industrie dans sa pire crise depuis des années.

"La perception de l'Afrique du Sud comme un endroit dangereux et difficile pour faire des affaires, a été rappelée par Marikana", déclare à IPS, David Butler, directeur général pour l’Afrique australe et orientale à 'Control Risks', une société d'analyse stratégique basée au Royaume-Uni. "Mais les problèmes sous-jacents sont là depuis un certain temps - il a fallu un incident comme celui-ci pour les ramener à la lumière".

La grève à la mine de platine appartenant à Lonmin à Marikana, dans la province sud-africaine du Nord-Ouest, a fait les manchettes internationales lorsque 34 mineurs ont été abattus par la police après que les manifestations ont dégénéré le 16 août 2012. Le bilan des morts a plus tard grimpé pour atteindre 47.

"La violence est généralement assez faible sur l'échelle des facteurs que les investisseurs regardent, alors que les infrastructures - ou leur absence - sont d’habitude beaucoup plus importantes", selon Butler. "Mais ce qu’a fait Marikana était d’exposer l'incapacité du gouvernement à fournir un soutien pour les grands projets. Bon nombre des problèmes dans le domaine sont dus au manque d'infrastructures de base et de l’appui du gouvernement local".

Les analystes qui examinent les destinations d'investissement accorderont généralement plus d’attention aux chiffres durs et moins aux incidents de violence, note-t-il. Toutefois, cela ne signifie pas que des événements tels que Marikana n'influenceront pas la décision finale de savoir s'il faut investir dans un pays ou non.

"Les analystes travaillent sur le risque, et ont des modèles à partir desquels travailler. Mais les gens assis dans l’administration, qui doivent prendre la décision finale, seront toujours impressionnés par ce qu'ils voient à la télévision", indique Butler.

Les infrastructures, souligne-t-il, sont également une variable glissante. Quoique bien dotée de routes, de voies ferrées, de ports et d’électricité selon les normes africaines, l'Afrique du Sud est maintenant loin sur la liste pour l'investissement minier, traînant derrière des pays tels que la République démocratique du Congo (RDC).

"Le cycle d'investissement en Afrique du Sud est de 20 à 30 ans, similaire à celui d'autres juridictions minières matures telles que le Canada ou l'Australie, mais avec un profil de risque beaucoup plus élevé", explique Butler.

"La RDC, par contre, a un cycle d'investissement de moins de 10 ans. Les investisseurs y vont, commencent rapidement des opérations et quittent. Ils misent sur les profits dans une courte période de temps; alors c’est beaucoup moins cher, avec moins de risques, que d'investir en Afrique du Sud".

Il ajoute que la capacité de l'Afrique du Sud à gérer les relations sociales était désormais également douteuse. "Les gens se demandent maintenant si le pays dispose de mécanismes efficaces de négociation collective", dit-il. Après que Lonmin a accepté de payer une augmentation salariale atteignant 22 pour cent, les travailleurs dans les mines voisines ont appelé à des augmentations salariales similaires.

Un déclin rapide

La chute de l'industrie minière en Afrique du Sud a été rapide. En 2005, le pays était encore le plus grand producteur d'or au monde. A la fin de la décennie, il était tombé à la quatrième place derrière la Chine, l'Australie et les Etats-Unis, puisque ses réserves vieillissant ont baissé et exigeaient des mines encore plus profondes pour accéder à ce qui reste. En 1970, il produisait 1.000 tonnes d'or par an - aujourd'hui, il gère moins de 200 tonnes.

La baisse de la production d'or a eu moins d'impact qu'on le craignait au début, puisque les métaux du groupe du platine (MGP) étaient aussitôt sur la bonne voie pour occuper la première place et créer tout un nouveau secteur chemin faisant. L'Afrique du Sud produit maintenant 80 pour cent des MGP dans le monde, qui sont largement utilisés dans les échappements des véhicules pour éliminer les émissions.

Atteignant la moyenne d’environ 450 dollars l'once pendant une grande partie des années 1990, le platine a commencé une ascension régulière au tournant du millénaire, pour atteindre 2.253 dollars en mars 2008, un record de tous les temps.

Les grands producteurs, 'Anglo Platinum' et 'Impala Platinum', entre autres, ont au début joui de retombées spectaculaires. Cependant, des années d’augmentation des salaires au-dessus de l'inflation, des coûts d'électricité qui montent en flèche et la baisse de la demande en Europe frappée par la récession ont laissé les mines en difficulté.

Avec un montant astronomique de 2,5 trillions de dollars de minéraux encore dans le sol, selon Citibank, le pays pourrait être potentiellement dans la même position que les Etats pétroliers à la trésorerie surabondante du Golfe Persique.

Mais l'Afrique du Sud devrait recevoir seulement 1,2 pour cent de l'investissement minier dans le monde cette année, tandis que l’Australie, sa rivale traditionnelle, devrait amasser 26 pour cent, selon Deloitte.

"Le pipeline des investissements n'est pas ce qu'il devrait être", estime Abrie Olivier, leader sud-africain de l’exploitation minière chez Deloitte, dans une interview accordée à IPS.

Olivier affirme que l’incertitude persistante sur la législation minière, telle que les dispositions prévues pour déclarer "stratégiques" certains minéraux et par conséquent susceptibles de contrôle arbitraire des exportations, augmente la méfiance des investisseurs.

Bien que les discussions de nationalisation, qui ont dominé l'industrie au cours des dernières années, aient maintenant diminué à la suite de la convention électorale du Congrès national africain en décembre, au cours de laquelle la propriété publique a été écartée, les investisseurs ne sont toujours pas entièrement convaincus.

"Nous avons besoin de plus de certitude et de clarté sur la politique", indique Olivier. "Nous sommes aux prises avec les mêmes problèmes auxquels l'industrie était confrontée il y a cinq ans. Très peu de choses ont changé". (FIN/2013)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
ETATS-UNIS: Les coupures d’eau à Detroit violent les droits humains, selon des activistes
NICARAGUA: Les gens de Mayagna et leur forêt tropicale pourraient disparaître
CHILI: Le pays jure de dissiper l’ombre persistante de la dictature
BRESIL: Carton rouge à l’exploitation des enfants lors de la Coupe du monde
THAÏLANDE: Des organisations religieuses veulent s’impliquer dans la gestion des catastrophes
SWAZILAND: Le mariage, un obstacle au traitement antirétroviral pour les femmes
KENYA: Division des opinions sur la faisabilité de l’introduction de l’option B+
OUGANDA: Les ARV, une pilule amère à avaler pour les enfants
ALLEMAGNE: La nouvelle révolution énergétique continue d'avancer
OUGANDA: Les adolescents ont du mal à révéler leur statut sérologique
More >>