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KENYA
Des médias amplifient des discours de haine - Encore
Miriam Gathigah

NAIROBI , 19 fév (IPS) - Avec des Kényans prêts à se rendre aux urnes dans un peu plus de deux semaines, le 4 mars, la société civile suit de près la couverture médiatique des campagnes électorales dans ce pays d'Afrique de l’est - et elle a constaté qu’elle n’est pas convenable.

Selon certains activistes politiques, les médias kényans amplifient les conflits politiques et les discours de haine dans leurs reportages de certaines manières rappelant l’élection présidentielle contestée de 2007 qui s’est soldée par des émeutes et des conflits ethniques politiquement motivés, faisant près de 1.200 morts et déplaçant 600.000 personnes.

"Quand un politicien attaque un autre politicien verbalement, et que cela devient une information en manchette, il y aura des contre-attaques verbales – exactement comme c’était le cas lors des dernières élections générales", a déclaré à IPS, Dinah Mukami, une défenseuse des droits humains et activiste politique consultant pour le groupe local de pression 'Bunge la Wananchi'.

S’exprimant à IPS, Peter Otondo, un analyste politique, est d’accord que les médias en général avaient été fortement polarisés pendant les élections générales de 2007.

Le Premier ministre Raila Odinga a accusé la presse de contribuer à la rhétorique populaire qui avait opposé 41 des 42 groupes ethniques du pays à un seul, les Kikuyu, attisant de manière considérable les tensions et les violences à l'époque.

Dans un cas d’espèce, le journaliste radio, Joshua Sang, attend actuellement son procès à la Cour pénale internationale (CPI), où il est accusé de crimes contre l'humanité, pour avoir utilisé ses émissions pour propager des discours de haine, y compris des appels à déplacer les membres de groupes ethniques particuliers, et à l’incitation à la violence.

Cette année, c'est le cas une fois encore. "Vous pouvez dire sur la base des titres - souvent provocateurs et favorables à certains politiciens - que les ondes ne sont pas impartiales", a indiqué Mukami. "De même que les experts politiques dont ils recherchent les commentaires".

Père Gabriel Dolan, un chroniqueur au quotidien 'Saturday Nation', et un éminent militant des droits de l'Homme dans le pays, a déclaré à IPS qu'il n’est pas d’accord avec les organes de presse qui continuent de publier des chroniqueurs connus comme travaillant pour des politiciens.

"Le public ne sait pas que ces soi-disant experts sont des consultants pour des politiciens et a tendance à prendre leurs points de vue comme parole d'évangile".

"Si un écrivain fait partie d'une équipe de campagne, c’est une erreur pour elle d'utiliser les médias pour avancer des positions qui favorisent les politiciens dont ils sont redevables", a-t-il affirmé.

"Les journalistes reçoivent des traitements auprès des politiciens afin de couvrir favorablement leurs campagnes et de critiquer leurs adversaires", a souligné à IPS, Oloo Janak, un analyste des médias et président de la 'Kenya Correspondents Association' (Association des correspondants du Kenya).

Actuellement, il y a plus de 20 chaînes de télévision et 120 stations de radio dans le pays, a indiqué Janak. "Certains de ces organes de presse appartiennent à des politiciens, d'autres à des hommes d'affaires (qui sont) redevables de certains politiciens".

Certains politiciens sont allés jusqu'à payer des auditeurs/téléspectateurs pour promouvoir leurs campagnes lors des émissions à ligne ouverte à la radio et à la télévision, a-t-il dit.

"Travaillant de connivence avec des journalistes peu scrupuleux, ces auditeurs/téléspectateurs bénéficient de beaucoup de temps d'antenne et ils sont souvent très extrêmes dans leurs points de vue", a ajouté l'analyste des médias.

Selon un rapport de 'Human Rights Watch' intitulé "Grands enjeux: les violences politiques et les élections de 2013 au Kenya", en 2012 et au début de cette année, "les affrontements intercommunautaires dans certaines parties du Kenya ont fait plus de 477 morts et déplacé environ 118.000 personnes. Bon nombre de ces incidents ont été liés à des manœuvres pré-électorales puisque des politiciens locaux mobilisent des soutiens".

Pendant ce temps, une initiative de paix appelée en swahili Tuvuke, qui signifie "Traversons", tente de sensibiliser les médias sur leur rôle dans les élections depuis 2012.

Des centaines de journalistes, en particulier dans les régions qui ont connu des violences après les élections de 2007, ont depuis ce temps suivi une formation sur la façon de rester objectifs et impartiaux pendant toute la période électorale, a indiqué Odhiambo Orlale, un expert des médias à Tuvuke.

Même de grands politiciens et candidats à la présidentielle ont été impliqués dans des échanges haineux et amers.

Les questions sensibles de la propriété foncière et les affaires pendantes à la CPI ont été également évoquées.

L’actuel vice-Premier ministre du pays, et grand candidat à la présidentielle, Uhuru Kenyatta, devrait être poursuivi à la CPI pour crimes contre l'humanité et sa contribution aux violences postélectorales de 2007-2008 - il aurait financé des attaques de représailles. Son colistier, William Ruto, est également confronté à des chefs d’accusation similaires devant cette cour.

Odinga, un favori dans la course à la présidence, a utilisé cela pour discréditer ses adversaires et ses campagnes électorales déchaînant des passions ont été largement couvertes par les médias dans le pays.

"Avec la question de la terre tellement sensible dans ce pays, ces remarques ne peuvent qu’attiser la tension", a souligné Mukami. (FIN/2013)

 

 

 

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