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AFRIQUE DU SUD
Brouille entre une banque et le gouvernement
Analyse de John Fraser

JOHANNESBURG , 14 fév (IPS) - Le recul est une chose merveilleuse. Néanmoins, il est difficile de rater l'ironie dans la phrase suivante dans un communiqué, envoyé par la 'First National Bank' (FNB) d'Afrique du Sud, le 17 janvier.

Elle dit: "A 18h57, le 17 janvier 2013, la FNB a lancé une nouvelle campagne de marque avec une émission en direct vers l'Afrique du Sud. L'émission portait un message provenant des voix que nous n'entendons pas souvent, les enfants de notre grand pays. Un message qui, croyons-nous nous, inspirera la nation".

On peut se demander si la nation a été inspirée, mais certainement le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), était excédé.

Car, en plus des messages des enfants d'Afrique du Sud dans la publicité elle-même, il y avait des clips vidéo beaucoup plus francs postés par la FNB sur le site internet YouTube avec des enfants exprimant de vives critiques à l’égard du gouvernement, et d’un ministre du gouvernement - auxquelles l'ANC s'est vivement opposé.

Le 25 janvier, les patrons de la FNB et de sa société mère, la 'Rand Merchant Bank' (RMB), ont été convoqués au siège de l'ANC dans le centre de Johannesburg - qui se trouve juste à quelques minutes de marche du propre siège de la FNB.

Les banquiers se sont excusés, totalement conscients que l'ANC et le gouvernement sud-africain au niveau national, provincial et municipal, constituent une clientèle de multi-milliards de dollars de la FNB.

Cette excuse aurait pu être destinée à mettre fin à l'affaire, mais elle ne l'a pas fait. La controverse a fait rage.

Le directeur général charismatique de la FNB, Michael Jordaan, a été forcé de nier qu'il avait cédé par rapport à la question, et la banque insiste toujours que sa campagne - intitulée "You Can Help" (Vous pouvez aider) - se poursuivra.

Puisque la discussion a fait rage sur les médias et ailleurs, il y a eu un débat pour savoir si la critique des politiciens faite par les enfants qui ont comparu dans les clips sur YouTube avait été écrite d’avance.

La banque a indiqué que les publicités télévisées ont été écrites d’avance, et que les enfants acteurs ont été payés pour cela, mais que les interviews les plus franches que la banque a postées sur YouTube ne l’étaient pas. Celles-ci ont été décrites par la FNB comme des "clips de recherche". La FNB a tenu à souligner que son excuse était spécialement liée aux clips sur YouTube, et qu'elle soutient la campagne télévisée, qui, selon elle, n’est pas choquante.

Toutefois, cet incident a souligné une fois encore la relation difficile entre les entreprises et le gouvernement en Afrique du Sud, et dans quelle mesure les entreprises doivent opérer avec précaution si elles veulent éviter d'irriter le gouvernement de l'ANC.

Le conflit actuel a rappelé les souvenirs de février 2007, lorsque le président de la RMB à l’époque, Paul Harris, avait été forcé d'annuler une campagne publicitaire anti-crime parce qu'elle était perçue par les politiciens comme une attaque contre le gouvernement.

La compagnie de combustibles pétrochimiques et synthétiques, Sasol, a également reçu la colère de l'ANC pour avoir semblé critiquer l’autonomisation économique des Noirs en Afrique du Sud, dans un document qu'elle avait déposé à la Bourse de New York.

Et il y a eu des tensions fréquentes entre le secteur minier et les ministres de l'ANC, avec la société minière basée à Londres, 'Anglo American' ayant été la cible de critiques particulières.

Helen Zille, la présidente du parti d'opposition, Alliance démocratique, a affirmé dans une déclaration, le 30 janvier, que la "FNB avait cédé et retiré les clips vidéo après que l'ANC avait affirmé qu'ils pourraient décourager les investissements".

"Cela est profondément ironique. L’intimidation de L'ANC sur une entreprise privée, son apparente capacité à influencer les appels d'offres publics, et son incapacité à comprendre le droit constitutionnel de la liberté d'expression, tueront beaucoup plus l'investissement que tout ce qu'un enfant aurait pu dire dans un clip YouTube".

Zille a suggéré que l'ANC mette la pression sur les banquiers, en menaçant de retirer les affaires du gouvernement, une proposition qui a été rejetée par le porte-parole de l'ANC, Jackson Mthembu.

"Ce sont seulement des gens comme elle qui ont une telle approche naïve", a-t-il dit à IPS.

Et la directrice des communications d'entreprise de la FNB, Virginia Magapatona, a également dédaigné la suggestion. "A ce jour, c’est comme d'habitude", a-t-elle indiqué à IPS.

Jordaan lui-même n'était pas disposé à continuer à discuter de la question lorsqu’il a été approché par IPS. "Après neuf jours de discussion sur une seule publicité, nous considérons l'affaire close", a-t-il déclaré.

Mthembu a également insisté que la question est désormais terminée, en dépit de la vague continuelle dans les médias sud-africains et les médias sociaux. "Nous avons fini", a-t-il déclaré. "L'affaire est close. Nous avons résolu le problème et nous sommes heureux".

Mario Pretorius, un homme d'affaires basé à Pretoria, qui est directeur général de la Telemasters, une entreprise de télécommunications cotée sur la 'JSE AltX', a déclaré à IPS qu'il croit qu’il y a eu des dommages irréparables dans les relations entre les entreprises et le gouvernement à partir du conflit FNB-ANC.

"Je pense que l'ANC a réagi de manière excessive", a-t-il dit. "La constitution garantit la liberté d'expression, mais s’il y a quelque chose qui viole la loi, l'ANC devrait dire ce que c'est. Sinon, la loi nous donne le droit d'exprimer notre opinion". (FIN/2013)

 

 

 

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