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MALI
Chrétien ou musulman, 'nous sommes tous victimes de ces terroristes'
Marc-André Boisvert

MOPTI, Mali, 12 fév (IPS) - A l'entrée de l'église évangélique de Mopti, dans le centre du Mali, des militaires se tenaient sur chaque côté de la porte pendant que le pasteur Luc Sagara saluait ses paroissiens pour la messe du dimanche.

La présence de ces soldats étaient un rappel pur de ce que moins de trois semaines, la ville était sous l'occupation des islamistes extrémistes engagés pour l'imposition de la charia dans cette nation d’Afrique de l’ouest.

"Nous nous sentons en sécurité maintenant. Avec l'intervention française, nous espérons que les islamistes ne nous attaqueront pas", a déclaré Sagara à IPS.

La France a lancé une intervention militaire au Mali le 11 janvier à la demande du président par intérim du pays, Dioncounda Traoré, après que les extrémistes ont avancé sur la ville de Konna, à 60 kilomètres au nord-est de Mopti. Puisque les islamistes occupaient les villes l’une après l’autre, avec l'intention de s'emparer de la capitale, Bamako, la charia était imposée, et les chrétiens ainsi que les musulmans modérés étaient persécutés.

Depuis avril 2012, le nord du Mali est occupé par une coalition de groupes armés composée d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, du Mouvement pour l'Unicité et le jihad en Afrique de l'ouest, et Ansar Dine, un groupe islamiste dans la population touareg du Mali qui vit dans le sud-est du pays.

Les rebelles auraient détruit des sanctuaires religieux et des églises, et imposé une charia extrême - se livrant à des flagellations, exécutions et à des amputations en public.

Le groupe international de défense des droits, 'Human Rights Watch' (HRW), a déclaré que les rebelles se sont engagés dans de vastes pillages, le recrutement d'enfants soldats et le viol de femmes et de jeunes filles. "Les groupes armés dans le nord du Mali, ces dernières semaines, ont terrorisé des civils en commettant des enlèvements et des pillages d’hôpitaux", avait indiqué, en avril 2012, Corinne Dufka, chercheuse principale sur l'Afrique à HRW.

Selon le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, le récent conflit a entraîné le déplacement interne de 250.000 personnes. Mopti était l'une des villes où les gens venus du Nord avaient cherché refuge - jusqu'à ce qu'elle aussi soit occupée.

Bon nombre de chrétiens minoritaires, qui constituent cinq pour cent des 15,8 millions d'habitants du pays, avaient soit fui Mopti ou vivaient dans la ville dans la peur pendant l'occupation.

Abdoulaye Maiga, un imam local de la ville, a dit à IPS que personne n'avait été à l'abri des extrémistes, quelle que soit son appartenance religieuse.

"Nous sommes tous victimes de ces terroristes. Nous sommes tous des Maliens et nous avons tous fui ensemble", a-t-il déclaré. Les membres de sa famille avaient fui Gao, la plus grande ville du nord du Mali.

"Quand ma famille est venue ici, elle est arrivée avec une famille chrétienne, et nous leur avions prêté certains de nos habits (traditionnels) afin que les terroristes les laissent voyager sans problèmes".

A Diabaly, une autre ville libérée dans le centre du Mali, le pasteur Daniel Konaté se préparait pour son premier culte chrétien depuis que les islamistes ont été chassés. Le graffiti sur le mur de l'église qui indiquait que "Allah est le seul", et les balles éparpillés sur le sol, rappelaient l'occupation islamiste.

"Ils avaient transformé mon église en une base militaire", a affirmé Konaté a à IPS. Durant l'occupation, lui et sa famille avaient fui dans un village situé à 20 km pour ne revenir que lorsque les forces malienne et française ont réussi à repousser les islamistes de la ville le 21 janvier.

Mais Konaté se demande toujours comment les extrémistes avaient su que ce bâtiment simple et modeste, qui ne présente aucun signe indiquant qu'il s'agit d'un lieu de culte, était une église.

"Nous pensons que certaines personnes auraient pu leur dire que c'est une église", a déclaré Konaté pendant que 30 paroissiens se réunissaient et que le culte commençait par la chanson: "Ce n'est pas Dieu qui nous trahit. Ce sont les hommes qui trahissent Dieu".

Depuis que les habitants ont reconnu deux anciens soldats maliens de haut rang qui avaient l’habitude d’être postés à Diabaly parmi les forces islamistes, les membres de la communauté croient que les combattants islamistes bénéficiaient d’un appui local. Maintenant, des voisins qui vivaient paisiblement ensemble se méfient les uns des autres.

Durant l'occupation de la ville, la petite maison de quatre chambres de Pascal Touré, à la périphérie de Diabaly, a servi à cacher 27 réfugiés chrétiens terrifiés d'être distingués pour être persécutés par les islamistes d'occupation.

"Il semble évident que certains habitants ont signalé là où les chrétiens étaient. Parmi les habitants, tout le monde se connaît", a-t-il dit à IPS.

Mais Touré, un chrétien qui enseigne aussi le catéchisme, est catégorique, affirmant que la recherche de la vengeance n'est pas une solution.

Les réfugiés ont quitté la maison de Touré et sont retournés dans leurs propres domiciles à Diabaly, "mais la vie dans la ville ne sera pas la même pour les chrétiens".

Même s'il existe ici certains qui s'accrochent aux souvenirs d'un passé paisible, croyant avec optimisme que la vie redeviendra ce qu'elle était avant le conflit. Bakary Traoré, un musulman et enseignant à la retraite, est l'un d'entre eux.

"Les chrétiens étaient ciblés. Mais tout Diabaly a été victime. Les islamistes n'ont pas eu le temps d'imposer la charia, mais s’ils l’avaient fait, tout le monde aurait souffert. Ils n'ont pas réussi. Et maintenant, nous pouvons tous vivre en harmonie comme nous étions avant. En tant qu’un seul peuple". (FIN/2013)

 

 

 

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