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SANTE
Un 'tsunami' de maladies attend de frapper
Isolda Agazzi

GENEVE, 11 fév (IPS) - Un tsunami se profile à l'horizon et le monde n'est pas préparé pour cela. Celui-ci ne sera pas un énorme mur d'eau, mais un raz-de-marée de maladies - et les experts estiment que la communauté internationale doit agir rapidement pour l'empêcher de se produire.

"Des maladies non transmissibles (MNT) - le cancer, les maladies cardiaques, les diabètes et les maladies respiratoires chroniques, entre autres - sont devenues la première cause de mortalité dans le monde", a déclaré Jeffrey Sturchio, associé principal au cabinet-conseils 'Rabin Martin', basé au Etats-Unis, à une conférence organisée par la Fédération internationale des associations de fabricants de produits pharmaceutiques (IFPMA) lors de la Journée mondiale contre le cancer à Genève.

"Quelque 36 millions de personnes meurent de (MNT) chaque année, dont 80 pour cent dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire - un chiffre qui augmentera de 17 pour cent dans les années à venir et de 25 pour cent en Afrique", a-t-il ajouté.

La tuberculose et le paludisme, par comparaison, tuent un à deux millions de personnes dans le monde chaque année.

"Le fardeau des maladies se déplace vers les MNT, mais puisque les pays en développement doivent toujours lutter contre les maladies infectieuses, ils sont confrontés à une double charge", a averti Sturchio.

Toutefois, les pays en développement ne semblent pas être en train d’accorder une attention suffisante à cette crise imminente.

"En 2010, le VIH/SIDA était responsable de 3,5 pour cent des décès dans le monde, le paludisme de 1,5 pour cent, le cancer de 12,6 pour cent et les maladies cardiaques de 14 pour cent", a expliqué à IPS, Cary Adams, directeur général de l'Union internationale contre le cancer, en marge de la conférence, le 4 février.

Ces statistiques seules devraient suffire pour que les gouvernements placent haut les MNT sur leur liste de priorités nationales. "Mais en Afrique subsaharienne, le VIH/SIDA a causé 13,3 pour cent de décès, le paludisme 6,7 pour cent et le cancer 4,5 pour cent", a-t-il indiqué, ce qui explique pourquoi les ministres africains de la Santé continuent de mettre le cancer en veilleuse.

"Mais (la réalité) est que le problème doublera dans les 15 prochaines années. Il y a un tsunami de MNT qui approche et nous devons y faire face aujourd'hui", a souligné Adams.

Pour s'attaquer à ce "tsunami", quatre fédérations de la santé - la Fédération internationale du diabète, l'Union internationale contre le cancer, la Fédération mondiale du cœur et l'Union contre les maladies respiratoires et la tuberculose - se sont réunies pour former l'Alliance contre les maladies non transmissibles. Avec un réseau de plus de 2.000 organisations non gouvernementales (ONG) basées dans plus de 170 pays, elle vise à amplifier la voix de la société civile dans le débat mondial sur les MNT.

Cette Alliance a également permis de pousser l'Assemblée générale des Nations Unies à organiser, en septembre 2011, une réunion de haut niveau qui a officiellement déclaré les MNT comme un "défi aux proportions épidémiques", qui, s’il doit être abordé, exige la coopération des gouvernements, de la société civile et du secteur privé.

"Ce n'est pas une chose facile à faire", a concédé à IPS, Adams, qui préside l'Alliance contre les MNT. "Nous avons essayé de travailler sur un agenda commun et de trouver un consensus, mais certaines ONG ne nous parleraient pas parce que nous nous engageons avec le secteur privé. Nous essayons d'embrasser le secteur privé sans compromettre l'intégrité et l'indépendance, et tout ce que nous faisons est basé sur la science".

Pourtant, la mobilisation a porté quelques fruits. Il y a cinq ans, les MNT étaient à peine sur l'agenda. La déclaration politique de l'ONU et une série d'activités de suivi ont créé un énorme élan, résultant en un plan d'action qui s'étend jusqu'en 2025, avec des objectifs clairs tels que la réduction des décès liés aux MNT de 25 pour cent dans ce laps de temps.

Mais les ressources financières sont limitées, et il est peu probable que les fonds nécessaires pour lancer une vaste campagne mondiale soient facilement disponibles.

"La réalité est que durant les 20 dernières années, des dizaines de milliards de dollars d'aide publique au développement sont allés vers les pays en développement, principalement (pour lutter) contre le VIH/SIDA, et il est irréaliste de penser que la même chose se reproduira encore", a reconnu Sturchio.

Il sera donc nécessaire de capitaliser sur les investissements existants et réaffecter une partie des ressources déjà en circulation", a-t-il dit.

"Des centaines de centres de traitement du VIH ont été créés en Afrique subsaharienne qui peuvent être également utilisés pour les MNT. Lorsque les malades viennent dans ces centres, ils peuvent également subir des tests pour d'autres infections ou recevoir des vaccins", a-t-il suggéré.

Pour Margaret Kruk, un professeur à la Faculté des sciences de la santé publique de l'Université Columbia, les soins primaires doivent être conceptualisés de nouveau pour s’attaquer aux MNT dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire.

"En théorie, beaucoup de services des MNT peuvent être fournis sous forme de soins primaires, comme la prévention primaire de l'hépatite B, la vaccination, la cessation de fumer, le test de cholestérol et de glucose, la mammographie et le dépistage opportuniste pour la dépression", a-t-elle indiqué.

"Mais les soins primaires dans les pays (en développement) ne parviennent pas à relever les défis des MNT. Le patient n'est pas vu de façon holistique".

Elle a ajouté que le défi est plus grave en Afrique subsaharienne, où, depuis le dernier demi-siècle, les plans nationaux de santé sont orientés vers les "tueurs traditionnels" comme les maladies infectieuses, et se sont également fortement focalisés sur la santé maternelle et infantile.

Cela est en partie dû au fait que les huit Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) définis par le Sommet du millénaire des Nations Unies en 2000, avaient mis un grand accent sur ces "causes de décès évitables". (FIN/2013)

 

 

 

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