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AFRIQUE DE L’OUEST
La piraterie gagne les côtes ivoiriennes
Fulgence Zamblé

ABIDJAN, 7 fév (IPS) - Faute de moyens adéquats pour faire face aux actes de piraterie en mer, les autorités ivoiriennes envisagent de mener des patrouilles conjointes avec des pays voisins de la sous-région pour contrer le phénomène qui prend de l’ampleur au large du Golfe de Guinée.

"Nous n’avons pas de navires destinés à la surveillance des eaux maritimes. On ne peut donc refuser de travailler en collaboration avec les voisins pour lutter contre de tels actes", a déclaré le colonel Bertin Koffi, directeur des affaires maritimes de Côte d’Ivoire, le 5 février, devant la presse à Abidjan, la capitale économique ivoirienne. "Cependant", a-t-il ajouté, "il faut accroitre nos moyens militaires".

Le week-end du 2 au 3 février, le pétrolier français Gascogne battant pavillon luxembourgeois, a été détourné au large des côtes ivoiriennes, avec à son bord, 17 membres d’équipage, dont sept Togolais, quatre Béninois, deux Ivoiriens, deux Sénégalais, un Chinois et un Sud-Coréen.

Ensuite, les pirates bien armés se sont dirigés vers l’est où le navire a été localisé au large du Nigeria trois jours plus tard, mais délesté d’une partie de sa cargaison. Et les pirates avaient quitté le bateau, selon les autorités ivoiriennes.

Selon les responsables du navire, les 17 membres d’équipage sont sains et saufs, mais deux d’entre eux ont été légèrement blessés et ont reçu les premiers soins à bord. Le navire était attendu dans la soirée du mercredi 6 février au port de Lomé, au Togo.

Dès l’annonce de la disparition du navire, le Bénin qui est voisin du Nigeria, a mis en alerte ses forces navales, avec des patrouilleurs qui ont multiplié des opérations de surveillance tandis que les équipements radar de la base navale balayaient les côtes béninoises pour identifier des déplacements suspects sur la mer.

Selon Koffi, des personnes non identifiées, mais armées, avaient pris le contrôle du navire après son départ du port d’Abidjan et le déchargement d’une partie de ces 3.000 tonnes de gasoil sur un autre bateau en mer.

Mais, deux semaines auparavant, le 16 janvier, le navire Itri, un autre pétrolier battant pavillon panaméen, avait été détourné par des individus armés au large d’Abidjan. Les auteurs de la piraterie n’avaient demandé aucune rançon.

Lors de ce deuxième acte de piraterie en Côte d’Ivoire, les autorités portuaires du pays avaient notamment évoqué, dans un communiqué, l’inadaptation du bateau de l’unité de la gendarmerie à intervenir en haute mer.

Déjà le 6 octobre 2012, une première attaque avait eu lieu au large de San-Pedro, dans le sud-ouest du pays, contre le tanker Orfeas, immatriculé aux Bahamas et appartenant à la compagnie grecque 'Grace Management'. Une partie de la cargaison d’environ 30.000 tonnes d’essence avait été emportée par les pirates.

Plus grave, depuis le 11 mars 2009, quatre agents de la police maritime ivoirienne sont portés disparus, alors qu’ils étaient partis arraisonner un navire soupçonné de pratiques illicites dans les eaux territoriales du pays.

"A l’évidence, la piraterie dans les eaux ivoiriennes est en pleine poussée. La Côte d’Ivoire...n’a seulement pas pu contrarier la montée en puissance des pirates qui menacent sérieusement le trafic dans les différents ports du pays", affirme Ambroise Kouamé Okanza, un expert en économie maritime, basé à Abidjan.

"Ces dernières années, le trafic pétrolier s’est surtout accru vers le port d’Abidjan et cela attire des groupes armés qui délocalisent petit à petit leurs activités du Nigeria - où ils sont traqués - vers la Côte d’Ivoire, où les moyens de surveillance des eaux territoriales manquent cruellement", souligne Okanza à IPS.

Il estime que les pirates, qui sont plus ou moins bien équipés, semblent être bien informés des activités maritimes dans les eaux ouest-africaines, puisqu’ils agissent avec une certaine efficacité en haute mer.

Selon un rapport de juillet 2012 du Bureau maritime international basé à Londres, 32 attaques de piraterie ont été signalées au large des côtes du Bénin, du Nigeria et du Togo entre janvier et juin de l’année dernière, contre 39 en 2011 et 28 en 2010.

En 2012, le Nigeria et le Bénin aveint mis sur pied des patrouilles conjointes pour tenter de contenir les attaques au large de leurs côtes respectives.

"Il faut envisager, dans les plus brefs délais, que les patrouilles conjointes soient l’affaire de tous les pays ouest-africains et même au-delà", déclare Okanza. "Ce phénomène ne peut être combattu par un ou deux pays seulement, mais par l’ensemble des forces maritimes du continent qui, réunies, doivent disposer de moyens adéquats".

La piraterie maritime dans le Golfe de Guinée était au centre d’une rencontre de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest, avec la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale, et la Commission du Golfe de Guinée, les 17 et 18 décembre 2012, à Abidjan.

Une stratégie régionale harmonisée pour lutter contre la piraterie en mer devrait être adoptée lors d’un sommet des chefs d’Etat prévu en 2013 à Yaoundé, au Cameroun, avait annoncé un communiqué de la rencontre. (FIN/2013)

 

 

 

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