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SIERRA LEONE
Les diamants ne sont pas là pour toujours, mais la terre l’est
Tommy Trenchard

FREETOWN, 6 fév (IPS) - Dans le village de Makonkonde, dans l'ouest de la Sierra Leone, Mabinti, qui ne connaît plus son âge, est assise sur un tabouret bas en bois à l'ombre tachetée de lumière de plusieurs palmiers. Elle s’agrippe à une papaye solitaire dans ses mains endurcies par une vie de dur travail manuel.

L’agriculture à petite échelle n'est pas un moyen facile de gagner sa vie dans les régions rurales de la Sierra Leone. La seule chance réelle de Mabinti pour vendre sa papaye, c’est d’attendre les clients voyageant le long de la piste sablonneuse qui traverse la ville, et qui voit seulement une ou deux motos par heure.

L'alternative - transporter les fruits à vélo jusqu’à la ville voisine de Waterloo - coûterait plus que ce que Mabinti recevrait de la vente.

Comme beaucoup d'autres personnes dans l'industrie sous-développée des fruits de ce pays d’Afrique de l’ouest, elle a souffert de l'absence d'un marché accessible et rentable pour ses papayes. Le marché intérieur des fruits en Sierra Leone a ses limites. Il offre des prix très bas pour certains produits, tels que les mangues, et peut être effectivement inaccessible aux producteurs basés loin des grands centres urbains.

Dans ces conditions, une grande partie de la récolte des fruits dans le pays est toujours perdue, en particulier dans les zones rurales, et le secteur continue de porter les marques de subsistance, plutôt que la production commerciale, avec la plupart des fruits consommés localement.

"Au cours des dernières années, beaucoup de nos fruits ont péri", déclare à IPS, Samuel Serry, un porte-parole au ministère de l'Agriculture. "La plupart d'entre eux ont juste pourri pendant la saison des pluies".

Le ministère, en collaboration avec l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), fait des efforts pour commercialiser l'agriculture en Sierra Leone en améliorant l'accès aux marchés, en promouvant l'ajout de valeur aux produits bruts du pays et en apportant un soutien aux investisseurs socialement responsables.

La FAO encourage également la formation de coopératives agricoles, composées chacune d'environ 35 agriculteurs, et met en place une série de Centres d’agro-industrie (ABC) à travers le pays, dont chacun sera utilisé par trois ou quatre coopératives.

On espère que ce système, selon le représentant des programmes de l'organisation, Joseph Brima, améliorera la production, fournira l'accès aux équipements de traitement et aux installations de stockage, et facilitera le passage des produits sur le marché.

Mais la FAO, comme ses partenaires au ministère, essaie également d'attirer des investisseurs capables de traiter et d’ajouter de la valeur aux cultures de la Sierra Leone, et, ce faisant, fournir un nouveau marché lucratif pour des fermiers locaux.

Une telle entreprise, c’est 'Africa Felix Juice', un fabricant de jus de fruits tropicaux 'Fairtrade' et des concentrés pour l'exportation vers l'Europe. 'Africa Felix Juice' représente un nouveau modèle d'entreprise qui offre aux agriculteurs sierra-léonais un marché assuré et un prix équitable pour leurs fruits.

Ce qui rend 'Africa Felix Juice' unique, souligne son fondateur et directeur général italien, Claudio Scotto, c'est qu'elle est la première entreprise en Sierra Leone exportant un produit fabriqué vers l’Europe depuis la fin de 10 années de guerre civile en 2002.

Comme beaucoup de pays africains, la Sierra Leone a traditionnellement exporté des matières premières, notamment le rutile, le minerai de fer, et le plus célèbre, les diamants bruts.

En transformant les fruits en concentré dans une petite usine, dans le village de Newton, près de la capitale, Freetown, 'Africa Felix Juice' ajoute de la valeur à son produit, emploie 45 personnes permanentes et peut se permettre d'offrir des prix plus élevés pour les 2.000 producteurs de mangues dont ils achètent les fruits.

"C’était très facile de convaincre les fermiers de me vendre des mangues, puisqu'elles pourrissaient tout le temps", affirme Scotto, qui retrace l'origine de l'entreprise jusqu’à la rencontre de son épouse sierra-léonaise.

Même dans les endroits où un marché existait déjà, parce que 'Africa Felix Juice' est certifiée 'Fairtrade', elle paie plus que le prix normal pour les produits - jusqu'à trois fois plus dans le cas des producteurs ruraux de mangues. A son tour, elle encourage une augmentation de la production.

Dans le village de Garahun, un chef local, Momodou Kamara, envisage de planter plus de manguiers après que le village a commencé à vendre les fruits à 'Afrique Felix Juice'. Il explique que les villageois étaient habituellement obligés de transporter leurs mangues à Waterloo, où ils les vendaient à 500 leones (10 cents) la douzaine. Aujourd’hui, ils reçoivent plus de trois fois ce montant. "Il y a un profit dedans maintenant", dit-il.

Scotto impute la faible croissance de l'agro-industrie, au cours de la dernière décennie, à l'héritage de la guerre civile. "L'absence de paix peut seule détruire toute la plateforme pour les affaires", affirme-t-il, citant le manque persistant de confiance comme un obstacle à l'entreprise des affaires réussies.

Mais la Sierra Leone a fait du chemin depuis 2002. Après une élection présidentielle pacifique en novembre 2012 dans laquelle le président sortant, Ernest Bai Koroma, a gagné un second mandat, il y a un fort sentiment que le pays est désormais totalement ouvert aux affaires. (FIN/2013)

 

 

 

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