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MALI
Washington exhortée à mettre l’accent sur la diplomatie
Jim Lobe

WASHINGTON, 31 jan (IPS) - Comme Washington élargit son "empreinte" militaire dans la région du Sahel, en Afrique, des analystes américains exhortent l'administration du président Barack Obama à consacrer plus d'efforts à la diplomatie, en particulier au Mali.

Ils appellent en particulier Washington à faire pression pour un transfert rapide du pouvoir à un gouvernement démocratiquement élu à Bamako, qui peut ensuite s’étendre aux forces rebelles touarègues dans l'espoir de causer une brouille entre elles et Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et d'autres groupes islamistes armés qui ont contrôlé le nord du Mali pendant une bonne partie de l'année écoulée.

Et ils soulignent que l’offensive française soutenue par les Etats-Unis, qui a chassé AQMI et ses alliés de trois principales villes du nord-est du Mali au cours des 10 derniers jours, ne suffira pas pour sécuriser indéfiniment cette région ayant la superficie de la France sans un certain règlement entre Bamako et les Touaregs.

"En clair, il doit y avoir une solution politique à un moment donné", selon David Shinn, un spécialiste de l'Afrique à l'Université George Washington et ancien ambassadeur au Burkina Faso et en Ethiopie.

"Ce que la dernière activité militaire ne fait pas, c'est de traiter le problème touareg qui doit être sérieusement abordé", a-t-il déclaré à IPS.

Depuis le lancement de l'offensive franco-malienne contre AQMI et ses alliés le 11 janvier, Washington a pris une série de mesures à la fois pour soutenir l'offensive et élargir sa propre implication militaire dans l’ensemble de la région du Sahel.

Le Pentagone a confirmé mardi qu'il avait conclu un nouvel accord militaire avec le gouvernement du Niger pour mettre en place une base de drones 'Predator' afin de mener des missions de surveillance sur les vastes zones désertiques de la région.

Les responsables américains n'ont pas exclu la possibilité que ces drones puissent être finalement déployés pour mener des raids contre des militants présumés d'AQMI, comme ils ont été utilisés contre les homologues idéologiques du groupe au Pakistan, au Yémen et en Somalie.

L'annonce de la création de cette base a suivi l’acceptation initialement hésitante de Washington des requêtes de Paris pour un appui dans les renseignements, la logistique, le ravitaillement en vol lors de l'offensive française, qui a atteint la ville oasis légendaire de Tombouctou au début de la semaine.

"Nous examinerons de nouvelles requêtes des Français", a indiqué mardi George Little, porte-parole du Pentagone. "Nous soutenons fermement les opérations françaises au Mali; ceci est un effort clé. AQMI et d'autres groupes terroristes ont menacé d’établir un abri sûr au Mali, et les Français ont vraiment fait ce qu’il fallait".

Mais ces mesures peuvent être juste le début d'une présence militaire américaine élargie dans la région à travers son Commandement militaire pour l’Afrique (AFRICOM) vieux de six ans, qui cherche depuis longtemps un rôle plus actif sur le continent, en particulier dans la conduite de missions de formation et des exercices conjoints avec les forces armées de la région.

Notant la persistance des problèmes avec des milices hors-la-loi en Libye, les avancées d'AQMI au Mali, ainsi que le siège meurtrier de l'une de ses factions sur un site gazier dans le sud d’Algérie au début de ce mois, la secrétaire d'Etat américaine sortante, Hillary Clinton, a déclaré lors d'une audition au Congrès la semaine dernière: "Nous verrons l'AFRICOM de plus en plus sollicité".

Malgré leur éloge public de la campagne française au Mali, les autorités américaines, ainsi que des analystes indépendants à Washington, ont exprimé leur inquiétude par rapport à ce qui se passera par la suite.

La France, qui a jusqu'ici déployé environ 2.500 soldats, a dit qu'elle espère réduire rapidement son rôle, en transférant le contrôle des villes qu'elle a prises à l'armée malienne et à la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA), soutenue par les Nations Unies, qui pourrait comprendre 6.000 soldats, essentiellement des troupes ouest-africaines.

Mais l'armée malienne, qui a renversé en mars 2012 le gouvernement civil démocratiquement élu, est notoirement indisciplinée. Entre autres groupes, la Fédération internationale des droits de l'Homme, basée à Paris, a signalé plusieurs violations des droits humains commises par des soldats maliens lors de l'offensive, notamment contre des Touaregs, des gens nomades à peau plus claire qui ont longtemps recherché leur indépendance à l’égard de Bamako, et dont des factions armées de certains se sont alliées à AQMI en 2012.

A cause du coup d'Etat opéré en 2012, la loi interdit aux Etats-Unis d’apporter une aide militaire au Mali jusqu’à ce qu'un gouvernement démocratiquement élu prenne le pouvoir, un facteur dans la réponse au début hésitante de Washington aux requêtes de Paris d’aider la campagne militaire.

Le régime de transition, qui semble toutefois subordonné à une junte militaire dirigée par le capitaine Amadou Sanogo, un officier formé aux Etats-Unis, a prévu d’organiser les élections d’ici à juillet.

Concernant la MISMA, dont de petits contingents ont juste commencé à arriver au Mali, les donateurs internationaux ont promis mardi près de 456 millions de dollars – y compris 96 millions de dollars de la part de Washington - pour soutenir ses opérations.

Mais le plan initial demandait à la MISMA de suivre une formation et d’autres préparations pendant plusieurs mois avant de se déployer au Mali. L’intervention soudaine de la France, qu’elle a défendue comme nécessaire pour éviter qu’une base aérienne clé ne tombe aux mains des rebelles, a bouleversé le processus, mettant en cause précisément la façon dont la force ouest-africaine opèrera.

"L'intervention française a non seulement court-circuité le processus de transition politique à Bamako, mais elle a également court-circuité la préparation (de la MISMA)", a souligné J. Peter Pham, directeur des études africaines au Conseil de l'Atlantique à Washington.

"Ces troupes sont maintenant jetées dans un environnement inconnu sans aucune formation. Elles n'ont jamais opéré ensemble; elles ne parlent pas littéralement la même langue", a-t-il affirmé.

"Et dans environ huit semaines, les pluies commenceront au Mali; ce qui rendra une grande partie du pays impraticable jusqu'en septembre, alors elles seront en garnison dans des villes entourées par un vaste territoire que l'ennemi connaît beaucoup mieux", a-t-il ajouté.

*Le Blog de Jim Lobe sur la politique étrangère américaine peut être consulté sur le site internet http://www.lobelog.com. (FIN/2013)

 

 

 

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