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SANTE
Aucune femme ne doit mourir en donnant la vie
Blain Biset

ADDIS-ABEBA, 30 jan (IPS) - Tous les jours, 452 femmes en Afrique subsaharienne meurent de causes liées à la grossesse; c'est-à-dire 18 femmes toutes les heures.

Dans ce contexte, les chefs d'Etat réunis à Addis-Abeba, la capitale de l’Ethiopie, pour le sommet de l'Union africaine (UA), se sont rencontrés lors d'un événement parallèle, le dimanche 27 janvier, pour renouveler leur engagement à réduire le taux de mortalité maternelle sur le continent.

En mai 2009, l'UA et le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) ont lancé la Campagne pour la réduction accélérée de la mortalité maternelle en Afrique (CARMMA), dans le but d'accroître la disponibilité des services de santé de la reproduction et de rapprocher l'Afrique de la réalisation du cinquième Objectif du millénaire pour le développement (OMD 5): réduire le taux de mortalité maternelle de trois-quarts et assurer l'accès universel à la santé de la reproduction d'ici à 2015.

En prélude à la rencontre sur la CARMMA, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a exhorté les chefs d'Etat africains à s'engager dans la réalisation des OMD.

Mais, bien que des engagements et des promesses aient été faits, le continent a encore un long chemin à faire avant d'atteindre l’objectif de 2015 – jusque-là, l'Afrique subsaharienne a connu une réduction moyenne de seulement 41 pour cent.

Le directeur exécutif de l’UNFPA, Dr Babatunde Osotimehin, croit que, bien que l'Afrique subsaharienne ait fait d'importants progrès, cette réunion de haut niveau avec les chefs d'Etat africains était d’urgence nécessaire.

"L'Afrique sait ce qu'il faut faire et comment le faire", a-t-il déclaré à IPS, "mais il existe encore des défis".

Le commissaire de l'UA aux affaires sociales, Dr Mustapha Kaloko, n'est pas convaincu que l'Afrique atteindra l'objectif fixé d’ici à 2015, mais il croit que la CARMMA a la capacité d’accélérer la réduction.

"La nature unique de cette campagne est qu'elle ne demande pas quelque chose de nouveau", a indiqué Kaloko à IPS. "Nous ne sommes pas en train d'élaborer de nouveaux plans, mais d'améliorer les instruments dont nous disposons déjà".

Il a ajouté que la plupart des décès maternels en Afrique auraient pu être évités en utilisant les pratiques et interventions déjà existantes.

Une étude récente faite par la célèbre revue médicale 'The Lancet' montre qu’une femme en Afrique subsaharienne est près de 100 fois plus susceptible de mourir à cause des complications d’une grossesse et de l'accouchement qu'une femme dans un pays riche.

La même étude indique également que huit pays sur dix ayant le plus grand nombre de décès maternels sont en Afrique, avec le Nigeria et la République démocratique du Congo en tête de liste.

L’autre défi majeur, selon Osotimehin, c’est le niveau d'engagement politique des nations à réduire le taux de mortalité maternelle sur le continent.

Il a souligné que "cet événement ne porte pas sur l'argent, mais sur l'engagement. Nous sommes ici pour assurer qu'aucune femme ne meure en donnant la vie".

La grande majorité des décès maternels - environ 57 pour cent - surviennent sur le continent africain, lui donnant le taux de mortalité maternelle le plus élevé au monde.

Et le taux de mortalité n'est pas la seule chose qui préoccupe les experts en développement et les médecins locaux - pour chaque décès lié à une grossesse, il y a environ 20 femmes qui souffrent de complications avant, pendant et après l'accouchement, laissant les mères et les enfants avec des handicaps ou des conditions médicales à vie.

Les hémorragies graves après l'accouchement, les infections, l'hypertension artérielle pendant la grossesse et les avortements dangereux sont les causes les plus fréquentes de complications et de décès liés à la grossesse, selon l’UNFPA.

Selon Dr Dorothée Kindé Gazard, ministre de la Santé du Bénin, ces chiffres sont exorbitants: "Tous les niveaux de la société, notamment au niveau communautaire, doivent être impliqués et engagés pour faire en sorte qu'aucune femme ne meure ou ne devienne handicapée inutilement".

Le Bénin a pris des mesures en vue de réduire les décès liés à la grossesse en améliorant les services de collecte de données dans les centres de santé et les hôpitaux. Gazard a déclaré à IPS: "Tous les décès sont désormais enregistrés afin que nous puissions comprendre pourquoi les femmes meurent et comment nous pouvons éviter (des décès inutiles)".

L'utilisation accrue des services de planning familial a été un succès dans plusieurs pays, tels que le Malawi, la Tanzanie et la Zambie.

L’autre solution, c’est la réduction du taux de mortalité maternelle en évitant les mariages d'enfants, a indiqué Osotimehin.

"Les mariages précoces créent une situation où des enfants donnent naissance à des enfants, alors qu’elles ne sont pas physiquement et psychologiquement prêtes".

Au Niger, plus des trois-quarts des femmes se marient à l'adolescence. Les jeunes filles enceintes âgées de 10 à 14 ans sont cinq fois plus susceptibles de mourir pendant la grossesse que les femmes dans la vingtaine, selon un rapport du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), tandis que les filles enceintes âgées de 15 à 19 ans sont deux fois plus susceptibles de mourir pendant la grossesse que les femmes dans la vingtaine. (FIN/2013)

 

 

 

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