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Q&R
C’est le début de la fin pour les MGF
Rousbeh Legatis interviewe MAE AZANGO, une journaliste libérienne

NATIONS UNIES, 28 jan (IPS) - Les journalistes peuvent jouer un rôle crucial en aidant à changer les attitudes traditionnelles dans les sociétés où la pratique cruelle des mutilations génitales féminines (MGF) est une réalité quotidienne.

Mae Azango, une journaliste pour le site d’informations 'FrontPage Africa', s’est attaquée à ce problème tabou dans son pays natal, le Libéria, où jusqu’à deux filles sur trois sont touchées et le sujet lui-même a été négligé par les politiciens au plus haut niveau pendant des années.

Sa couverture a forcé sa jeune fille et elle dans la clandestinité pendant des semaines, mais cela a également gagné l'attention internationale et mis la pression sur le gouvernement.

Azango, qui vient de remporter le Prix international 2012 de la Liberté de la presse, a parlé avec une correspondante de IPS aux Nations Unies, Rousbeh Legatis, de la façon dont les médias peuvent faire une différence, et de la situation des quelques femmes journalistes dans le pays.

Voici quelques extraits de l’interview.

Q: En ayant un regard rétrospectif sur votre travail, vous avez dit: "Je savais que si nous commencions à en parler (MGF), et qu’ils connaissaient la vérité, beaucoup de parents choisiraient une voie différente" pour leurs filles. L’ont-ils fait?

R: Non, les parents n'ont pas encore choisi une voie différente pour leurs filles parce qu'ils estiment toujours que c'est la chose claire et juste à faire. En tant qu’une tradition ancienne, elle ne va pas être changée du jour au lendemain. Nous le savons. Pendant que je vous parle, la pratique est toujours en cours secrètement, bien que le gouvernement ait suspendu ces activités.

Mais ce que nous avons fait, c’est de commencer une conversation à un niveau national qui permettra à cette pratique d’être débattue pour la première fois dans notre pays. J’en suis très heureuse.

De plus en plus de leaders politiques et de victimes se sont sentis en confiance pour se présenter et dire: "Cette pratique est dépassée. Elle est erronée". Beaucoup de parents entendront ce débat pour la première fois et penseront deux fois au sujet de l’excision de leurs filles.

Ce n'est pas la fin, mais c'est le début de la fin et beaucoup de petites filles seront épargnées. Mais à long terme, il faudra une campagne de sensibilisation intensive à long terme selon laquelle le gouvernement a vraiment promis d’y mettre fin.

Q: Pourquoi la MGF est-elle un sujet aussi tabou et en quoi est-elle difficile à couvrir en tant que journaliste?

R: C'est un sujet tabou au Libéria et en Sierra Leone parce que c'est un rituel pratiqué par des sociétés traditionnelles secrètes dans ces deux pays. Les filles âgées de deux ans passent des mois dans la brousse à apprendre à être des épouses et à la fin, il y a une cérémonie au cours de laquelle elles sont excisées. Il existe également une école pour les garçons.

Les gens qui dirigent ces écoles se font beaucoup d'argent à partir d’elles et ils veulent protéger ce revenu.

Les gens savent que si vous êtes initié(e) dans ces sociétés, vous ne devez jamais parler de ce qui se passe là-bas. Si vous le faites, ils vous tueront, la plupart du temps par magie. Alors, les gens ont très peur d'en parler.

Mais les femmes affectées, qui ont subi ce rituel d’excision, sont souvent très amères et pleines de ressentiments. J'ai pu convaincre une femme à me parler, mais elle était extrêmement anxieuse à ce sujet. Nous avons dû nous cacher dans sa cabane et utiliser un faux nom. Elle était encore traumatisée par l'expérience quand elle a été tenue par terre par quatre femmes alors qu’elle avait 13 ans et a été excisée par une cinquième avec une lame qui avait été utilisée sur 25 autres filles. Elle vit avec le traumatisme et les conséquences médicales depuis ce temps.

Elle a été confrontée à beaucoup d'attaques depuis que l'histoire est sortie, mais elle affirme qu'elle est contente de l'avoir fait parce qu'elle espère que cela épargnera à d’autres filles ce qu'elle a vécu. Elle est très courageuse.

Q: Quelle est la situation des femmes journalistes au Libéria et de quoi ont-elles besoin?

R: Il n'y a pas beaucoup de femmes journalistes au Libéria, mais les quelques-unes qui y sont essaient de faire une différence.

Beaucoup de journalistes hommes estiment que nous sommes seulement assez bonnes pour chercher des sujets légers. Je suis très chanceuse de travailler pour 'FrontPage Africa' - un journal qui voit les femmes journalistes comme un atout. Je fais également partie d'un projet américain appelé 'New Narratives' (Nouveaux récits - NN), qui appuie les femmes journalistes au Libéria.

Mes collègues journalistes du NN et moi avons remporté neuf prix nationaux de reportage au cours des deux dernières années et avons écrit pour des médias à travers le monde. Nous avons forcé le gouvernement et d'autres dirigeants à agir sur une gamme de questions, y compris les abus des policiers sur des victimes de viol, la prostitution des enfants et la grossesse chez les adolescentes.

Nous prouvons que les hommes se trompent parce que nous faisons vraiment des vagues au Libéria et avons le type d'impact qu'ils veulent avoir.

Nous prouvons également que ce ne sont pas toutes les informations qui doivent être politiques et scandaleuses. Il y a tellement de problèmes qui affligent les femmes et les enfants, en particulier au Libéria, et nous prouvons qu'ils constituent des sujets valides par rapport auxquels les gens veulent être informés. (FIN/2013)

 

 

 

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