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MALI
Le gouvernement sollicite l’effort de guerre des citoyens
Soumaila T. Diarra

BAMAKO, 25 jan (IPS) - De nombreux citoyens donnent volontiers de l’argent au gouvernement du Mali engagé dans une guerre coûteuse contre des groupes islamistes armés qui occupent depuis 2012 le nord de ce pays pauvre d’Afrique de l’ouest, où ils commettent de graves exactions sur les populations.

Le Mali a cruellement besoin d’argent, malgré l’appui militaire de plusieurs pays étrangers à son armée nationale, notamment la France, les Etats ouest-africains et le Tchad.

Comme pour inviter les citoyens à plus de générosité, la télévision malienne annonçait le 23 janvier que plus de 400 millions de francs CFA (environ 800.000 dollars) avaient été collectés par des citoyens volontaires. Ce communiqué du gouvernement indiquait ainsi le montant du solde d’un compte bancaire ouvert par le ministère des Finances pour les besoins de l’opération militaire.

Mais ce montant était loin de refléter l’engouement des Maliens pour apporter leurs contributions à l’effort de guerre.

En fait, des collectes de fonds sont organisées partout depuis que le président par intérim du Mali, Dioncounda Traoré, avait lancé un appel au soutien financier des citoyens le 11 janvier - le jour où les islamistes avaient conquis la localité de Konna, dans le centre du pays.

«Le jour où Konna est tombée, les élèves et étudiants du Mali n’ont pas dormi», a affirmé à IPS, Ibrahim Traoré, secrétaire général du bureau de coordination de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM).

Au sein de l’AEEM, certains se proposaient d’aller au front, mais après plusieurs heures de réflexion, les responsables ont décidé de collecter de l’argent. A l’unanimité, les étudiants ont décidé que la somme de 1.000 FCFA (deux dollars) soit prélevée sur l’assistance que l’Etat accorde à chaque étudiants et 500 FCFA (un dollar) sur la somme que chaque lycéen a déjà payée pour bénéficier des fournitures scolaires subventionnées par le gouvernement.

Le montant total de ces contributions s’élève également à un peu plus de 400 millions de FCFA. «Le virement de la somme sera fait directement sur le compte de l’armée malienne par le Centre national des œuvres universitaires en partenariat avec ECOBANK (une banque de la place)», a indiqué Traoré.

La partie nord du pays a été occupée en avril 2012 par une coalition de groupes armés composée d’Al Qaïda au Magrheb islamique (AQMI), du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (MUJAO) et d’Ansar Dine, un groupe islamiste des Touaregs du Mali. Cette coalition était soutenue au début par les rebelles laïcs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), qui ont été chassés plus tard de la zone par les islamistes décidés à appliquer la charia dans la région.

La prise de Konna - qui était considérée comme un verrou stratégique de l’armée malienne - a provoqué l’intervention de l’aviation militaire française dans le conflit. Cet appui, à la demande du président par intérim, a aidé l’armée malienne à stopper l’avancée des islamistes vers le sud du pays.

Mais cette guerre survient dans un contexte économique difficile pour le Mali. Selon l’Agence canadienne de développement international (ACDI), il est l'un des pays les plus pauvres du monde. «En 2011, il occupait le 175ème rang sur 187 pays pour... l'indice du développement humain établi par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)», souligne un article de l’ACDI publié en 2012: http://www.acdi-cida.gc.ca.

La situation économique du pays est davantage compliquée par le retrait des partenaires qui ont suspendu leur aide après le coup d’Etat de mars 2012. Mais, le Mali peut compter sur le soutien de ses citoyens pour faire la guerre contre les islamistes, estiment des analystes.

Contacté par IPS, Kassim Traoré, le secrétaire général de l’Organisation des jeunes reporters du Mali, a justifié la décision du soutien des journalistes locaux à la collecte de fonds. «Les journalistes qui contribuent s’inscrivent sur une liste ouverte à la Maison de la presse; c’est intéressant et les gens viennent», ajoute Traoré. Jusqu’à jeudi, leur contribution s’élevait à 150.000 FCFA (environ 300 dollars).

Le Mali qui compte un nombre important de ses ressortissants à l’étranger, reçoit des contributions de sa diaspora. Habib Sylla, le président du Haut conseil des Maliens de l’extérieur, a remis aux autorités un chèque de 100 millions FCFA (environ 200.000 dollars), le 18 janvier.

«Ce geste n’est qu’un début de contribution des Maliens de l’extérieur qui ne tarderont pas à se manifester et à répondre favorablement à l’appel de la nation que le président de la République par intérim a lancé à la suite de l’assaut donné par les assaillants sur Konna», a déclaré Sylla à la presse locale.

De nombreuses entreprises se mobilisent également pour apporter leur soutien à l’Etat. Les travailleurs et les membres du conseil d’administration de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) ont remis un chèque de 60 millions FCFA (environ 120.000 dollars).

«La société s’engage également à mettre à la disposition de l’armée trois véhicules 4X4, et les 3.500 travailleurs de la CMDT donneront leur sang pour les blessés de guerre», a affirmé à IPS, Salif Cissoko, le président-directeur général de l’entreprise. (FIN/2013)

 

 

 

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