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SENEGAL
La production avicole locale encourage les éleveurs
Koffigan E. Adigbli

DAKAR , 19 jan (IPS) - La production avicole au Sénégal est passée de cinq millions en 2005 à 18 millions de volailles en 2012. Le secteur offre plus de 15.000 emplois directs et indirects, affirme Ahmedou M. Mbodj, président de la Fédération des acteurs de la filière avicole dans le pays.

Pourtant, la production de volaille souffre de certains handicaps liés au coût élevé de l’alimentation, à l’approvisionnement en poussins, aux importations frauduleuses de viande de volaille et à la consommation, indique le Centre des recherches économiques appliquées basé à Dakar, la capitale sénégalaise.

«En 2005, les importations de viande étaient de 16.478 tonnes et sont passées à 30.629 tonnes en 2012», indiquent les statistiques de la direction de l’élevage.

Selon Mbodj, la production locale de poussins a plus que doublé, passant de six millions à 17 millions, entre 2005 et 2012, tandis celle des œufs est passée de 324 millions à 672 millions. La production de la viande de volaille était montée de neuf tonnes à 26 tonnes, tandis que celle des aliments est passée de 102.290 tonnes à 197.863 tonnes durant la même période.

L’élevage de volaille est pratiqué dans beaucoup de régions sénégalaises, notamment dans les périphéries des grandes villes, comme Dakar, Saint-Louis dans le nord, à Thiès dans l’ouest, et en Casamance dans le sud.

Mbodj estime que depuis l’avènement de la grippe aviaire en 2005, ayant entraîné la fermeture des frontières aux importations de cuisses de poulet, la filière avicole locale s’est remplumée et son chiffre d’affaires global est aujourd’hui évalué à 128 milliards de francs CFA (environ 256 millions de dollars).

Certains éleveurs produisent les aliments de volaille tandis que d’autres les achètent. Selon Mbodj, la vente de ces aliments occupe néanmoins une place importante dans le chiffre d’affaires qui était estimé à 53 milliards FCFA (environ 106 millions de dollars) en 2012 au Sénégal.

Des seaux d’eau à la main, femmes et hommes vont et viennent entre les abreuvoirs en enjambant les poulets, qui les suivent dans leurs gestes, soit pour boire, soit pour becqueter du son de mil ou de maïs, dans un centre avicole appartenant à Abdoulaye Diène, un instituteur retraité à Keur Massar, une banlieue de Dakar.

La plupart des employés du centre avicole font chaque jour des activités qui consistent à donner à manger aux 8.753 poulets, les abreuver et à entretenir des poulaillers bâtis sur une grande surface.

«Avec mon salaire mensuel de 35.000 FCFA (environ 70 dollars), j’arrive à subvenir aux besoins de ma famille», déclare à IPS, Jules Diédhiou, chargé de l’entretien des poulaillers.

Diène s’est reconverti dans l’élevage de volaille, dont IPS a visité les poulaillers à la mi-janvier à Keur Massar. Outre les poulets, il élève aussi des pintades et des dindons.

«Lorsque je suis admis à la retraite, je me suis investi dans cette filière qui me rapporte. J’ai acheté à cinq millions FCFA (environ 10.000 dollars) cette superficie d’un demi-hectare, en 2002. J’ai construit ma maison et le reste c’est pour mes poules», déclare-t-il à IPS. «Je vends en moyenne 1.000 poulets par mois dont le prix de l’unité varie, suivant la grosseur, entre 1.500 et 3.000 FCFA (entre trois et six dollars)».

A part les poulets, les responsables d’hôtels et de restaurants viennent acheter chaque semaine plus de 13.000 œufs à 75 FCFA (0,15 dollar) l’unité, ajoute Diène. «J’arrive à payer aussi mes 25 employés dont 15 ont un salaire mensuel variant entre 35.000 et 75.000 FCFA (entre 70 et 150 dollars)».

«Ce qui me dérange, c’est le coût élevé des aliments des poulets dont le sac de 50 kilogrammes coûte 22.000 FCFA (44 dollars). A cela, s’ajoute la quasi-absence d’une transformation locale des produits avicoles du fait de l’inexistence d’unités industrielles et de formation», déplore-t-il.

Idrissa Kama, président de l’Union nationale des acteurs de la filière avicole du Sénégal, ajoute que le coût de production préoccupe également les éleveurs, parce que le poussin producteur coûte 4.000 FCFA (quatre dollars).

«Il n’y a pas d’abattoir-volaille, ni de chambre froide au Sénégal. Les investissements au niveau de la filière avicole ne sont pas encore conséquents. Pour les poulets, nous ne sommes pas encore compétitifs sur le marché», explique-t-il à IPS. Les éleveurs sont aussi confrontés aux problèmes d’importation de poulets provenant des pays comme le Maroc.

Selon Ibrahima Thiam, conseiller technique du ministre de l’Elevage, il est nécessaire d’avoir une filière avicole compétitive et d’aller vers la transformation locale pour que les Sénégalais accèdent aux différentes parties de la volaille en fonction de leur bourse.

Thiam déclare que l’Etat souhaite l’avènement d’une interprofession qui serait le seul interlocuteur pour toute la filière. «Nous attendons de l’interprofession la démocratisation de la consommation du poulet. Nous devons aller vers la production des intrants qui entrent dans la fabrication locale de l’aliment (céréales, soja...) Et le gouvernement est disposé à accompagner la filière», ajoute-t-il à IPS. (FIN/2013)

 

 

 

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