Inter Press Service News Agency
03:58 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   JAPANESE
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

GUATEMALA
La déforestation fait des ravages dans la région caraïbe du pays
Danilo Valladares

GUATEMALA CITY , 12 jan (IPS) - "De nombreux touristes viennent dans cette région pour observer les oiseaux, mais la terrible déforestation conduit à la disparition d’une grande partie de notre flore et de notre faune. Le terrain dégagé est utilisé pour l'élevage du bétail".

Cette déclaration a été faite par Haroldo Figueroa, qui travaille comme guide dans les réserves naturelles le long de la côte des Caraïbes au Guatemala.

Les statistiques confirment sa déclaration. Deux études gouvernementales sur les forêts, couvrant les périodes de 1991-2001 et 2006-2010, indiquent que la province d'Izabal, le long de la côte caraïbe au nord-est du Guatemala, est l'une des zones de taux de déforestation les plus élevés dans le pays.

Les forêts dans cette province sont passées de 373.000 hectares dans la période de 1991-1993 à un peu plus de 264.000 hectares en 2010, selon deux études réalisées par l'Institut national des forêts et le Conseil national des aires protégées, avec l'appui de deux universités privées - Valle de Guatemala et Rafael Landívar, dirigée par des jésuites.

"La déforestation est causée par des gens ou des propriétaires fonciers qui ne tiennent pas compte des conséquences que cela a sur le réchauffement de la planète, la pêche et le tourisme", a déclaré Figueroa à IPS. "Et ceux qui ont de l'argent peuvent faire tout ce qu'ils veulent ici".

Il existe 12 réserves naturelles dans la région côtière caraïbe au Guatemala, dont dépendent les communautés locales pour leur survie à cause de l'eau, du bois de chauffage, des poissons, des fruits et des noix sauvages, et des possibilités d'activités touristiques offertes par les zones sauvages.

Punta de Manabique, l’une des aires protégées, a été déclarée une réserve faunique par le Congrès en 2005. Elle abrite d'innombrables espèces de coraux, de poissons, de crustacés, de fruits de mer, d’oiseaux et de mammifères.

Les 43 kilomètres du fleuve Dulce coulent à travers la réserve de 151,878 hectares, ce qui est l'un des plus importants systèmes de zones humides marines côtières en Amérique centrale.

Depuis 1955, le Parc national du fleuve Dulce a été un sanctuaire pour des espèces comme le lamantin - un grand mammifère marin herbivore et aquatique également connu sous le nom de vache de mer. Le Biotope protégé du Chocón Machacas a été créé dans le parc afin de protéger l'un des derniers habitats du lamantin des Caraïbes (Trichechus manatus) en voie de disparition.

La Réserve protégée du Printemps de Cerro San Gil, vaste de 47.500 hectares, dont 19 rivières approvisionnent en eau plus de 50.000 personnes dans des communautés environnantes, se trouve également dans la province d’Izabal.

Mais la déforestation constitue un problème majeur dans la province, et nuit aux moyens de subsistance des communautés locales.

Selon des données les plus récentes, tirées de l’Enquête nationale de 2011 sur les conditions de vie, 54 pour cent des 15 millions d’habitants du Guatemala sont pauvres, et 13 pour cent le sont extrêmement, principalement dans les zones rurales autochtones.

"La perte de ces ressources est irréparable pour le pays en termes de production, parce que ces forêts offrent des biens et services environnementaux, comme l'eau, qui sont essentiels à la population", a souligné à IPS, Walter Chávez, un activiste de la Fondation pour l'écodéveloppement et la conservation, une ONG locale.

L’abattage massif et incontrôlé des arbres aggrave également, pour les populations locales, la menace inhérente aux phénomènes météorologiques extrêmes.

"La forêt offre une protection aux berges face aux événements climatiques catastrophiques", a-t-il affirmé. "Notre pays est sujet à un risque élevé des effets du changement climatique et la déforestation augmente notre vulnérabilité et détruit l'un de nos plus importantes barrières".

Chavez a déclaré que la déforestation qui affecte Izabal et menace les réserves naturelles de la province a été principalement causée par l'élevage de bétail et "les bénéfices qui en découlent."

"Les gens pensent que les zones forestières n'ont aucune valeur réelle. C'est une pure ignorance, mais c’est l'une des particularités des personnes qui vivent dans la région", a indiqué l’environnementaliste.

Il a affirmé qu'il existait des mécanismes de protection des forêts, comme le Programme du gouvernement pour la stimulation des forêts, ce qui favorise le reboisement au moyen d'une compensation économique. Mais il a souligné que le programme "est volontaire".

Selon Chávez, la présence de l'Etat dans les zones protégées "est très limitée, et il n'existe aucun bureau spécifique pour le suivi des rapports de destruction de nos forêts".

Pendant ce temps, la frontière agricole continue de s’étendre.

"La seule chose que vous voyez là-bas derrière, ce sont des ranchs de bétail", a déclaré à IPS, Carlos Bartolomé, propriétaire d'un petit hôtel local. "Je ne sais pas s’il y a des contrôles, ni comment les choses sont gérées. Je suppose qu'ils coupent les arbres pour cultiver des pâtures pour leur bétail".

"La déforestation provoque de nombreux problèmes comme les glissements de terrain et la migration des oiseaux", a-t-il ajouté, soulignant que "c'est la nature qui attire les touristes à cet endroit".

Punta de Manabique, qui a été déclarée une zone humide d'importance mondiale par la Convention de Ramsar sur les zones humides, est l'un des endroits confrontés aux plus graves menaces dues à la déforestation.

Gerónimo Pérez, un agronome à l'Institut universitaire d'agriculture, des ressources naturelles et de l'environnement, Rafael Landívar, a expliqué à IPS que "Cette région offre une protection pour les récifs coralliens dans les Caraïbes, abrite d'innombrables espèces animales et végétales, et offre des services environnementaux, comme l'eau aux communautés locales". (FIN/2013)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
DEVELOPPEMENT: Nous devons penser autrement à la "sécurité"
AUSTRALIE: Le port de Newcastle bloqué par les Guerriers du changement climatique
IRAN: L’examen d’un document clé à l’AIEA suggère un coup d’Israël
PAKISTAN: Les Ahmadis confrontés à la mort ou à l’exil
ETATS-UNIS: Le budget de la défense peut accroître alors que le public est fatigué de la guerre
OPINION: Il faut l’innovation pour aider les fermes familiales à prospérer
CISJORDANIE: Israël envisage une expulsion massive des Bédouins de la région
ENVIRONNEMENT: Le bambou pourrait être un sauveur face au changement climatique
ETHIOPIE: Le pays montre la voix pour faire prospérer une économie verte
AFRIQUE: Evaluer comment le changement climatique affecte la sécurité alimentaire
More >>