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RD CONGO
Donner aux enfants victimes des conflits une éducation de qualité
Taylor T. Kakala

GOMA, RD Congo, 10 jan (IPS) - Dans trois provinces de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) - Katanga, Nord-Kivu et Sud-Kivu - le système éducatif manque cruellement d’enseignants qualifiés pour répondre aux besoins de quelque 499.000 enfants traumatisés par des années de conflits armés.

Ces enfants vivant en milieux ruraux, ont abandonné l’école pour la plupart, sans même terminer le cycle primaire.

"C’est presque impossible de terminer une année scolaire sans qu’une école ne soit attaquée", affirme à IPS, Marie-Claire Bangwene, administratrice de Masisi, un territoire rural du Nord-Kivu qui renferme 13 groupes armés locaux et un autre d’origine étrangère: les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).

"La situation est encore plus dramatique pour les filles kidnappées afin d’être utilisées comme esclaves sexuelles", ajoute Jean-Baptiste Gahigiro, responsable d’un centre de transit et d’orientation pour des ex-enfants soldats à Masisi-centre.

Pour panser ce traumatisme, le projet Opportunités pour un accès équitable à une éducation de base et de qualité (OPEQ), dont l’exécution est confiée à trois organisations non gouvernementales (ONG), a été lancé dans des milieux ruraux du Katanga en 2010 et dans les deux Kivu en 2011. Ces ONG - 'International Rescue Commitee' (IRC) au Katanga et au Sud-Kivu, 'Catholic Relief Services' (CRS) et 'Caritas Goma' au Nord-Kivu - bénéficient d’un financement de 22,542 millions dollars de l’Agence américaine de développement international (USAID).

En conformité avec le système éducatif congolais, le projet, qui prendra fin en 2015, a recyclé 70 maîtres-formateurs qui assurent maintenant la formation continue de 2.100 enseignants. A leur tour, ces enseignants organisent des cours de rattrapage pour 480.000 élèves afin de les préparer au Test national de fin d’études primaires (TENAFEP), alors que 19.000 jeunes apprennent un métier pratique dans des centres de formation formels ou non formels: l'agriculture, la menuiserie et la maçonnerie.

"C’est une stratégie innovatrice et réaliste pour toucher beaucoup d’enfants dans l’est du pays", estime Yvonne Lumoo, une enseignante de l’école primaire Fuangere à Kalehe, au Sud-Kivu.

Selon les statistiques du gouvernement, 4,4 millions d’enfants en âge scolaire en RDC ne vont pas à l’école, 31 pour cent des enfants scolarisables n’ont jamais mis les pieds dans une école, tandis que le taux des garçons qui terminent l’école primaire est de 63 pour cent alors que celui des filles n’est que de 44 pour cent.

Face à cette situation, le projet sensibilise aussi 11.200 parents et 160.000 membres de la communauté pour s’impliquer dans la scolarisation des filles au même titre que celle des garçons.

"L’accès équitable et la qualité d’une éducation de base signifient que les garçons et les filles fréquentent régulièrement l’école, apprennent à lire et à faire des mathématiques élémentaires et reçoivent les compétences fondamentales pour promouvoir leur bien-être social et émotionnel", déclare Ma-Umba Mabiala, directeur du projet OPEQ à IRC.

Le Katanga, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu regorgent de beaucoup d’enfants vulnérables, dont certains sont même orphelins à cause des conflits armés. Pour les filles, hormis les mariages précoces, les grossesses et les frais scolaires – qui sont des freins à leur éducation - les experts ont aussi établi un lien entre un nombre peu élevé de femmes enseignantes pour répondre aux besoins spéciaux des filles (parfois victimes de harcèlement sexuel à l’école) et le découragement de celles-ci à la fréquenter.

Les femmes ne représentent que 23 pour cent des enseignants en RDC et à peine deux-tiers d’entre elles sont enregistrées par le système scolaire étatique, selon des statistiques gouvernementales.

"Ce n’est pas bien pour une fille de parler de son intimité à un maître, elle préfère s’adresser à une maîtresse", confie à IPS une fille de l’école primaire Fuangere.

"J’avais une fille de ma classe en 2011-2012, qui n’est plus revenue à l’école jusqu’à la fin de l’année scolaire. Lors des grandes vacances, elle m’a avoué qu’un garçon, dont l’âge dépassait... la sixième primaire (Cour moyen 2ème année), la touchait pendant que je tournais le dos à la classe", déclare Lumoo à IPS. Elle a alors promis à ses parents de mettre la fille à l’aise et l’a placée devant. "Aujourd’hui, elle travaille bien à l’école", ajoute l’enseignante.

La réussite du projet est donc basée sur la féminisation des parties prenantes: 50 des 70 maîtres-formateurs recyclés sont femmes, 1.600 femmes - contre 500 hommes - sur les 2.100 enseignants qui bénéficient de la mise à niveau, et 264.000 filles contre 216.000 garçons pour les élèves du primaire.

Une difficulté majeure cependant dans le Nord-Kivu: Lancé en septembre 2011 dans plusieurs localités rurales du territoire de Masisi, le projet OPEQ a été délocalisé à Goma, neuf mois plus tard, pour cause d’insécurité provoquée notamment par les combats des rebelles du M23 dans la province.

Conséquence: Les 62.591 élèves du primaire, ciblés au départ dans le Masisi, ont loupé une seconde chance de reconstruire leur vie. De même, les 6.185 jeunes, les 300 enseignants, les 1.400 parents d’élèves, ainsi que les 20.000 membres de la communauté – initialement bénéficiaires du projet - ont perdu également leur chance à cause de sa délocalisation à Goma.

"Je me demande sur ce que deviendra mon garçon, un ex-enfant soldat, dont l’unique seconde chance était d’apprendre un métier", demande un père de famille à Ngungu, dans le sud de Masisi. Son fils fait partie des 19.000 jeunes de Masisi désormais exclus de la formation délocalisée à Goma. (FIN/2013)

 

 

 

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