Inter Press Service News Agency
18:56 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   ČESKY
   DEUTSCH
   ITALIANO
   JAPANESE
   MAGYAR
   NEDERLANDS
   POLSKI
   PORTUGUÊS
   SRPSKI
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

ANGOLA
Relancer l'agriculture familiale, carotte par carotte
Mario Osava

CAPANDA, Angola , 9 jan (IPS) - "Nous n’étions pas habitués à manger des carottes, mais maintenant, nous les aimons", a déclaré Rebeca Soba, admirant son potager, une île de diversité au milieu d'une vaste plantation de canne à sucre à Capanda, en Angola.

Le maraîchage a été introduit au Pôle agro-industriel de Capanda (PAC) comme une source de revenu pour de petits agriculteurs locaux.

Les potagers font partie d'un programme social, 'Kukula pala Kulonga' ("éducation au développement" en Kimbundu, la langue africaine locale), qui comprend également des actions pour la promotion de la santé, la disponibilité en eau et l'éducation.

Des femmes et peu d'hommes sèment une variété de graines en provenance du Brésil dans 10 villages à proximité de la centrale hydroélectrique de Capanda, à 360 kilomètres de Luanda, la capitale angolaise.

Certaines espèces étaient inconnues de la population locale, comme le persil et la roquette, ce qu’ils font cuire plutôt que d’en manger dans les salades. "C'est très amer", a indiqué Soba, une mère de cinq enfants et âgée de 45 ans, qui est l'une des dirigeantes du programme agricole pour les petits exploitants.

Elle et son groupe cultivent le chou, le poivron, les tomates, le chou frisé et d’autres légumes sur les terres de basse altitude trop humides pour être appropriées à la canne à sucre.

Cinquante-quatre pour cent des familles des 10 villages impliqués vivaient dans l'extrême pauvreté, avec un revenu de moins de 34 centimes de dollar par jour, selon une étude réalisée en 2009, a déclaré Kimputu Ngiaba, un agronome du programme et responsable de la production.

Maintenant, certaines femmes gagnent plus de 500 dollars par mois quand il y a une bonne récolte, en fonction de ses données. Elles ont également changé leurs habitudes alimentaires, entraînant une meilleure nutrition. Les ventes garanties constituent un facteur décisif.

La chaîne du supermarché 'Nosso Super', qui compte 29 points de vente à travers le pays et qui est contrôlé par Odebrecht, le même groupe brésilien qui gère 'Kulonga pala Kukula', achète une grande partie de la production.

Les autres acheteurs comprennent les cantines qui nourrissent des milliers de travailleurs des autres projets PAC, comme la 'Companhia de Bioenergia' (BIOCOM) d’Angola, une entreprise de biocarburants qui emploie actuellement environ 800 personnes dans la plantation de canne à sucre et la construction d'installations industrielles pour la production de sucre, d'éthanol et d'électricité, à partir de 2013 si tout va bien.

Au départ, il y avait peu d'enthousiasme pour le projet, parce que la guerre civile de 27 ans avait brisé les relations de confiance et sapé les bonnes habitudes de travail. Mais après le premier paiement de la vente des légumes, "le nombre de participants a doublé", a affirmé Ngiaba. Actuellement, 1.020 familles sont impliquées et des mécanismes de sélection ont été mis en place, a-t-il dit.

Soba a acheté un générateur à essence avec le premier paiement qu’elle a reçu - un outil qui est convoité par de nombreux Angolais des zones rurales et urbaines qui veulent se préparer aux fréquentes pannes électriques.

Et Rosa André, une mère de trois enfants, a été capable d'acheter des médicaments et d’obtenir des soins de santé pour son mari malade, qui l'aide dans le potager quand il peut.

Pour la plupart des 38 familles dans le village de Luxilo, l'argent sert à supporter leurs enfants qui étudient à Luanda. Des sept enfants de José Antonica Agostina, une veuve de 63 ans, trois ont quitté pour la capitale. "Tout le monde va à Luanda pour étudier", a-t-elle indiqué. Son mari est décédé pendant la guerre, en 1999.

"Les Angolais ont soif d'apprendre", a déclaré Felismina Lageslau, responsable de la promotion du programme Kulonga. L'an dernier, il n'y avait pas de paludisme dans les villages, et cette année, il y a eu un seul cas, dit-elle, se référant à la réussite des actions de prévention sanitaire.

Les puits d’approvisionnement en eau potable dans les plus grands villages, et l'eau de pluie dans les plus petits, ont contribué à la réduction de la diarrhée, et par conséquent, à la mortalité infantile et juvénile, tandis que la formation dispensée aux sages-femmes traditionnelles a réduit le taux de mortalité périnatale de 60 pour cent, a affirmé Lageslau, une étudiante en psychologie sociale.

Le programme essaie également d’améliorer la chaîne de production de manioc, une culture traditionnelle dans la région, en augmentant la production et la commercialisation de la farine de manioc, aliment de base en Angola. La production de fruits - ananas, papayes, bananes et pastèques - est également introduite dans les jardins potagers.

La relance de l'agriculture familiale - qui était un mode de vie traditionnel durant l'ère coloniale en Angola, mais qui avait totalement chuté après l'indépendance - sera un grand héritage pour la nation, a déclaré Felipe Cruz, responsable de l'investissement du PAC, et chargé de l’appui Odebrecht pour le secteur agro-industriel.

Kulonga est un plan pilote créé pour s’étendre dans une zone rurale où vivent 70.000 personnes, en stimulant la production, améliorant la santé et en renforçant le sentiment de citoyenneté. Ce plan exigera une "insistance technique", que Cruz appelle un soutien constant externe pour sortir les petits agriculteurs des cultures de subsistance et les amener dans le monde du marketing commercial. (FIN/2013)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
Subscript out of range
 
 
 
 
Contact | Qui sommes-nous? | RSS / XML
Droits de reproduction et de diffusion réservés © 2014 IPS Inter Press Service