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GUINEE
Développer la riziculture de mangrove pour réduire la pauvreté
Moustapha Keita

CONAKRY , 8 jan (IPS) - Les autorités et les paysans misent de plus en plus sur la diversification de l’économie en Guinée pour réduire la pauvreté à travers l’agriculture, notamment la riziculture de mangrove.

Selon l’Institut de recherche agronomique de Guinée (IRAG), le riz occupe plus de 40 pour cent des surfaces cultivées de ce pays d’Afrique de l’ouest, avec une production variant entre 500.000 et 700.000 tonnes par an.

La Basse-Guinée, dans l’est du pays, dispose d’une mangrove qui est une forêt amphibie faisant la transition entre la mer et la plupart des côtes de la sous-région.

"En Basse-Guinée, cette forêt s'étend sur toute la côte atlantique, sur plus de 300 kilomètres de longueur", estime une étude du Centre d'échange d'informations de la Guinée, menée en 2010 par l’Unité nationale pour la biodiversité basée à Conakry, la capitale.

Selon cette étude, "la population guinéenne vivant autour de la mangrove est estimée à plus de deux millions d'habitants parmi lesquels il y a des pêcheurs, des agriculteurs, des exploitants forestiers et tous les intermédiaires des secteurs de distribution et des consommateurs dont les plus nombreux vivent à Conakry".

En Basse-Guinée, IPS a visité fin-décembre la ferme de Mamadouba Camara, un agriculteur de 38 ans, dans le district de Kifinda. Camara exploite son champ de riz en bordure de mer, sur une terre gagnée sur la mer et héritée de son père. Ce champ est aménagé derrière des digues conçues, selon lui, pour assurer l’irrigation des cultures, tout en empêchant l’eau salée de les franchir.

Comme la plupart des paysans de la contrée, Camara utilise la variété de riz 'Bora Maalé' (riz de boue) ainsi que des techniques d’aménagement et d’irrigation spécifiques des bords de mer pour pratiquer la riziculture de mangrove, sur trois hectares, et augmenter ses rendements.

"J’ai produit environ neuf tonnes de riz en novembre 2012. Chaque année, depuis 2006, une partie de ma récolte est directement consommée par ma famille tandis que la vente de la plus grande partie me procure environ 34.000.000 francs guinéens (quelque 4.900 dollars)", a déclaré Camara à IPS.

Il affirme également qu’une partie de ses gains lui permet d’envoyer ses enfants à l’école et de se constituer une petite épargne. Camara dit ne pas utiliser d’engrais chimique dans la mesure où dans ce milieu humide, les sols jouissent d’une fertilité potentiellement élevée.

Tidiane Touré, technicien agricole, explique à IPS que le succès de la technique de la riziculture de mangrove, dans la région, repose sur une gestion alternée de l'eau de mer et de l'eau douce.

"Pendant la saison sèche, l’eau de mer entre dans les casiers aménagés par les paysans, par des vannes. Ensuite, cette eau est retenue grâce à un clapet qui empêche son retour afin de reconstituer naturellement la fertilité des sols", indique Touré. "Pendant l'hivernage, les pluies chassent l'eau de mer et dessalent les sols, permettant ainsi une bonne croissance du riz".

La riziculture de mangrove a commencé dans le pays et dans cette région en 2000. Des chercheurs guinéens, avec le soutien de la Coopération française, ont alors essayé de réhabiliter des mangroves avec un polder expérimental de 10 hectares à Yangoyah, en Basse-Guinée, non loin de Conakry. Un polder est une étendue artificielle de terre, dont le niveau est inférieur à celui de la mer, gagnée sur des marais ou des zones littorales, explique Touré.

Aujourd’hui, indépendamment de la production rizicole, les paysans de Kifinda apprécient les autres avantages liés à ce type d’aménagement agricole. "Nous avons également développé la pisciculture et le maraîchage autour de la retenue d’eau", indique Fodé Camara, un autre paysan de Kifinda.

Ensuite, le circuit de commercialisation de ce riz est relativement court. "Nous achetons le riz paddy (brut) directement auprès des producteurs et l’acheminons au marché de Conakry après l’avoir étuvé", affirme Mariam Bah, une commerçante.

Cependant, les paysans évoquent des difficultés liées au coût de l’aménagement et au manque de projets de développement dans la région.

"La réalisation des aménagements primaires (défrichage de la mangrove) et l’aménagement interne du périmètre, avec des digues et des vannes, coûtent cher ainsi que l’entretien qui est exigeant en main-d’œuvre", souligne Amara Bangoura, de la Fédération des organisations paysannes de la Basse-Guinée.

"Nous demandons un appui auprès des bailleurs de fonds pour financer un aménagement finalisé au profit des paysans. C’est la seule solution pour tirer véritablement profit de la riziculture de mangrove", estime Bangoura.

Selon l’IRAG, la Basse-Guinée produit quelque 100.000 tonnes de riz de mangrove par an, dont environ 40 pour cent est commercialisée. (FIN/2013)

 

 

 

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