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BURKINA FASO
Opération spéciale pour donner aux femmes un acte de naissance
Brahima Ouédraogo

OUAGADOUGOU, 25 déc (IPS) - Pour permettre à quelque deux millions de femmes et filles d’avoir un acte de naissance, les autorités du Burkina Faso ont lancé en décembre un téléthon dénommé «Une femme, un acte de naissance» visant à recueillir deux milliards de francs CFA (environ quatre millions de dollars).

L’opération qui va durer une année (décembre 2012 à décembre 2013) vient du constat fait par une enquête de l’Institut national pour la statistique et la démographie (INSD) et qui relève que 41,90 pour cent des femmes en milieu rural n’ont pas d’acte de naissance et que 60,10 pour cent sont sans carte d’identité.

En milieu urbain, c’est 10,70 pour cent des femmes qui n’ont pas d’acte de naissance, selon l’INSD.

«J’ai eu la chance d’être née dans une famille lettrée, mais je connais beaucoup, beaucoup de familles où on ne parle pas de papiers. J’ai une nièce de 15 ans qui n’en a pas et pour laquelle je me bats pour avoir des papiers», déclare Elizabeth Kaboré, présidente de la Coalition burkinabè pour les droits de la femme (CBDF) basée à Ouagadougou, la capitale.

«C’est quand je voulais ouvrir un compte pour elle que je me suis rendu compte qu’elle n’avait aucun papier. Elle ne peut pas voter et ne peut pas demander un crédit dans une banque», raconte Kaboré à IPS.

La CBDF avait déjà permis, dans le passé, à un millier de femmes d’obtenir un acte de naissance depuis sa création a la fin des années 1990.

«Grâce cette nouvelle initiative, beaucoup de femmes vont avoir des papiers, pourront faire la politique, se présenter aux élections, et prendre part aux prises de décisions du pays en tant que citoyennes à part entière», explique Kaboré.

Au total trois millions de femmes - 35 pour cent des femmes du Burkina - et deux millions d’hommes, soit cinq millions de personnes ne disposent pas d’acte de naissance dans ce pays d’Afrique de l’ouest, selon l’INSD.

«Nous allons travailler avec les comités villageois de développement pour identifier, dans chaque village, les femmes qui n’ont pas de documents. Au niveau des grandes villes, nous allons travailler avec les associations de femmes pour identifier ces femmes», déclare à IPS, Nestorine Sangaré, la ministre de la Promotion de la Femme du Burkina.

Selon les résultats définitifs du recensement général de la population de 2006, les femmes représentent 51,7 pour cent de la population burkinabè.

Paul Ilboudo, le préfet de Caïn, dans le nord du Burkina, confie à IPS que beaucoup de parents des zones rurales rechignent encore à se présenter devant l’autorité administrative pour les déclarations de naissance, et se faire établir un acte de naissance malgré la quasi-gratuité du service.

«Normalement, quand l’enfant naît, vous avez 60 jours pour déclarer sa naissance. Après, il faut faire la requête et payer 200 FCFA (40 cents US) et 200 FCFA encore pour l’établissement de l’acte de naissance; ça fait beaucoup et les parents préfèrent ne plus parler de ces documents», explique Ilboudo à IPS.

«Ils attendent la scolarisation ou les examens pour rechercher les documents et ce sont souvent les instituteurs qui se battent à leur place, sinon l’enfant risque de rester sans identification et sans scolarité», ajoute-t-il.

"Je suis sans document, mais grâce à la récente opération de carte d'identité, j'ai pu avoir un acte de naissance", explique Saly Ouassin, 20 ans, arrivée du village depuis 2008 à Ouagadougou pour travailler comme domestique dans des foyers.

Saly qui a quitté l'école au cours moyen 2ème année, n'avait jamais entendu parler de document d’identité et vit maintenant avec une tante dans la capitale. "Depuis, j'ai un compte d'épargne et je vais régulièrement au village sans aucune crainte. J'essaie d'expliquer à mes parents la nécessité de trouver des papiers pour mes cinq frères et sœurs", ajoute-t-elle à IPS.

En juillet 2012, les services administratifs de Caïn ont établi plus de 800 jugements déclaratifs de naissance lors d’une campagne nationale de délivrance de documents d’identification à l’approche des élections couplées du 2 décembre.

«C’est grâce aux élections et à la régularisation des mariages qu’on s’est rendu compte que beaucoup de femmes n’ont pas d’acte de naissance. C’est comme si les femmes n’existent pas», déplore, amère, Marie Louise Nignan, présidente de la Coalition des femmes du Burkina.

«Les mamans doivent veiller à ce qu’un acte de naissance soit établi pour leurs enfants car si vous n’avez pas de papier, vous n’existez pas; si vous voulez prouver que vous êtes ceci, il faut le prouver en montrant vos documents», souligne Nignan.

Nignan rappelle aux femmes avec ironie que certains repères servaient autrefois pour l’identification. «Avant, on pouvait se référer à un événement passé ou autre chose pour situer la naissance d’une femme, mais maintenant, nous avons perdu ces repères», dit-elle à IPS.

«Nous menons des actions qui amènent les femmes à avoir confiance en elles-mêmes et afin que chaque enfant qui naît ne grandisse pas sans papiers», indique-t-elle.

Près de 100 millions de FCFA (environ 200.000 dollars) ont déjà été récoltés une semaine après le lancement de la collecte de fonds en faveur de la délivrance de documents d’identification aux femmes. (FIN/2012)

 

 

 

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