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MALI
Avant la résolution, des craintes montent pour une intervention militaire
Carey L. Biron

WASHINGTON , 20 déc (IPS) - Même si les autorités américaines et françaises estiment qu'une une résolution des Nations Unies sur une intervention militaire au Mali, pourrait venir d'ici à la fin de la semaine, des préoccupations montent selon lesquelles une telle action pourrait faire plus de mal que de bien.

"Le Mali représente une menace si seulement vous le voulez - il existe un risque élevé que cela devienne une prophétie auto-réalisable, radicalisant réellement la situation", a affirmé Michael Shurkin, un politologue à la 'RAND Corporation', une cellule de réflexion du ministère de la Défense à Washington, lors d'une table ronde mardi, 18 décembre.

"Au cours de la dernière décennie, la présence militaire américaine très visible dans cette région a beaucoup radicalisé la population. Alors que la situation est très préoccupante pour le moment, le ciel n'est pas près de tomber".

Depuis le coup d'Etat de Bamako, le 22 mars dernier, le nord du Mali est tombé sous la domination des réseaux de criminels, des milices ethniques et des islamistes, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), que le ministère américain de la Défense a récemment caractérisé comme étant actuellement la franchise Al-Qaïda la mieux financée au monde.

Au début de décembre, le général Carter F. Ham, le haut responsable militaire des Etats-Unis en Afrique, a déclaré que non seulement le nord du Mali est devenu un refuge pour des terroristes, mais qu’AQMI a commencé par former et financer des réseaux terroristes dans les pays voisins, notamment au Nigeria.

Actuellement, les Etats-Unis et la France sont en train de superviser une résolution du Conseil de sécurité qui pourrait ouvrir la voie pour une intervention militaire des forces africaines, soutenues par des Français avec, éventuellement, une assistance américaine. Le groupement régional de l’Afrique de l'ouest, la CEDEAO, dispose de 3.300 hommes prêts à se déployer dans le nord du Mali, alors que l'Union européenne désire soutenir une mission de formation des troupes maliennes.

La législation américaine interdit à Washington de soutenir légalement l'armée malienne jusqu’à ce que les élections se déroulent (probablement en avril), pourtant la porte-parole du département d'Etat américain, Victoria Nuland, a déclaré, le 17 décembre, que des négociations sont actuellement en cours aux Nations Unies pour examiner la question et présenter une résolution d’ici à la fin de la semaine.

Pendant des mois, le gouvernement américain a repoussé les demandes des Français à accélérer l'intervention, principalement à cause de la prudence de l'ONU, qui a déclaré qu'une force d’intervention ne serait pas prête en une année. Nuland a insinué, le 17 décembre, que la première résolution pourrait autoriser une mission de formation, avec une action militaire repoussée jusqu’ici.

Pourtant, dans la situation actuelle, d’importantes négociations basées sur des coalitions doivent encore être tentées. Un effort de médiation naissante supervisé par le Burkina Faso a démarré début-décembre, mais plusieurs autres mesures conciliatoires promises restent encore à matérialiser.

"Guerre des races" potentielle

Ces avertissements contre une action militaire rapide mettent en garde contre la complexité sociale et physique du terrain au nord du Mali, et la difficulté de comprendre la situation instable sur le terrain.

"Beaucoup de gens sont impliqués dans ces groupes pour plusieurs raisons, et très peu d'entre incluent le jihad international contre l'Occident", a indiqué Shurkin. "Quand les gens entendent parler d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, ils pensent automatiquement à Oussama ben Laden, mais c'est un discours très dangereux".

Jusqu'à présent, une grande partie de la planification de toute action militaire a été fondée sur l'hypothèse que les multiples groupes armés au nord du Mali pourraient s’éloigner ou fuir devant une intervention internationale. Mais, selon Andrew Lebovich, un analyste du Sahel actuellement à Dakar, au Sénégal, de tels événements seraient extrêmement difficiles à prévoir.

"Pour toutes les préoccupations légitimes au sujet de ce qui se passe au nord du Mali, il y a beaucoup de choses que nous ignorons à propos de ces groupes qui pourraient avoir de graves répercussions sur la résolution de la situation et la réaction éventuelle de ces groupes à une intervention ou une solution politique", affirme-t-il depuis Dakar devant un auditoire à l'Institut américain pour la paix, une cellule de réflexion soutenue par le gouvernement.

Les complications vont bien au-delà de la complexité de la croyance religieuse ou politique pour inclure des problèmes sérieux liés à la race et à l'ethnicité. Shurkin et sa collègue, Stéphanie Pezard, avertissent qu'une intervention pourrait déclencher une "guerre des races".

Pezard a noté que, dans le passé, les pires violences raciales dans la région ont été entre Arabes et Touaregs, qui se considèrent tous deux comme des Blancs, et les milices qui se considèrent comme des Noirs.

En plus de susciter tout simplement la colère des habitants, la présence des troupes de la CEDEAO pourrait donc être "perçue comme une agression par la population touarègue", affirme-t-elle. "Toute tentative visant à résoudre la crise au nord du Mali exigera qu’on sache exactement avec qui nous devrions nous engager".

En retour, une quelconque évolution baignée dans une violence ethnique pourrait s'étendre rapidement au-delà du territoire malien. Déjà, les populations touarègues au Niger et en Algérie, par exemple, ont publiquement averti que, dans le cas où une action militaire mettrait en danger leurs frères maliens, elles devraient s'impliquer.

Plus important encore, presque tous les analystes s'accordent sur le fait qu’au mieux, une action militaire offrirait seulement une solution à court terme, et même incapable de satisfaire les doléances profondes qui ont conduit à des cycles de violence répétés au Mali.

Récemment, plusieurs organisations humanitaires ont fait des estimations initiales selon lesquelles une intervention militaire au Mali pourrait déplacer au moins 700.000 personnes. Le 18 décembre, l'ONU a demandé 1,6 milliard de dollars pour les frais humanitaires dans le Sahel pour 2013, dont une grande partie dépendrait de ce qui arrivera au Mali. (FIN/2012)

 

 

 

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