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CONGO
Les populations se plaignent des pénuries incessantes d’eau
Arsène Séverin

BRAZZAVILLE, 8 déc (IPS) - Les fréquentes et longues pénuries d’eau potable agacent de plus en plus les populations de Brazzaville et de Pointe-Noire, les deux principales du Congo, un pays d’Afrique centrale.

«Depuis deux mois, nous nous réveillons à 2 heures du matin pour prendre l’eau à la pompe. La journée, elle ne coule jamais», affirme à IPS, Suzanne Ekambi, une habitante de Moungali, un quartier de Brazzaville, la capitale congolaise.

Nathalie Moutsinga, à Loandjili, un quartier de Pointe-Noire, déclare à IPS: «Ici, les pompes sont devenues des jouets d’enfants, l’eau ne coule plus. Nous veillons toute la nuit pour espérer recueillir un ou deux bidons de 25 litres. C’est très dur».

A Brazzaville, la Société nationale de distribution d’eau (SNDE) explique que les problèmes techniques sont à l’origine de ces pénuries. «Les machines de traitement d’eau au niveau du (fleuve) Djoué sont recouvertes de sable. Ils faut tout désensabler pour reprendre une bonne desserte d’eau dans la ville», explique Emile Mokoko-Wongolo, directeur général de la SNDE.

Paul Mbouyou, un agent de la SNDE travaillant sur le site de Djoué, indique que le désensablement a commencé il y a deux semaines, mais la situation n'a pas beaucoup changé.

Selon une étude de l’association 'Congo pour tous' basée à Pointe-Noire, 91 pour cent des Congolais conservent de l’eau dans des bidons de 25 litres à cause «des incertitudes de la fluidité d’eau à la pompe». « D’autres personnes font ces réserves à cause de l’éloignement des points d’eau», souligne Anicet Bertin Ngodjo, chargé de la communication de l’association.

Les populations ont plusieurs fois protesté contre la qualité de l’eau fournie. «Il y a trop d’impuretés dans cette eau. La SNDE nous empoisonne», dénonce Ekambi.

«Nous savons que toutes les hautes autorités du pays ne consomment pas l’eau de robinet», ajoute Franck Iwangou de 'Congo pour tous'.

Mokoko-Wongolo avait reconnu la mauvaise qualité de l’eau servie par la SNDE, en mars 2011 à la radio nationale. «Je n’ai pas honte de dire aux populations de bouillir souvent notre eau avant de la consommer. Nous avons des canalisations qui datent de 1954, notamment à Poto-poto (un quartier de Brazzaville)».

Mais, les travaux de réhabilitation du réseau sont en cours pour lutter contre les fuites des tuyaux. Les experts de l'Etat et la Croix-Rouge affirment, toutefois, que l'eau traitée à l'usine est de bonne qualité, mais qu’elle se souille pendant son transport dans les tuyaux.

Les besoins en eau potable sont très importants dans les deux villes. Estimés à Brazzaville à 8.000 mètres cubes/heure, seulement 69 pour cent sont couverts, selon le gouvernement, 57 pour cent selon les Nations Unies.

A Pointe-Noire, dans les nouveaux quartiers comme Mongo Nkamba, Ngoyo et Mongo Mpoukou, les populations sont alimentées en eau potable grâce aux forages publics et privés.

Estimés à 290 milliards de francs CFA (environ 580 millions de dollaars), les travaux de construction de la deuxième usine d’eau de Djiri à Brazzaville pourront réduire ces pénuries. Les travaux ont commencé en 2009 et sont actuellement réalisés à 85 pour cent, selon la Délégation générale des grands travaux.

Les autorités pensent que 80 pour cent des besoins en eau à Brazzaville seront couverts par cette usine d’une capacité de 5.250 m3/heure. A la fin des travaux, la capacité des deux usines de Djiri sera de 7.500 m3/heure. D’après les autorités, les trois châteaux d’eau de la ville, toujours à sec, seront désormais approvisionnés.

En attendant, l’Etat a installé huit unités de production d’eau potable Potablocs pour desservir la population dans la partie sud de la capitale. Ce sont des bacs qui recueillent de l'eau de rivière qui est traitée techniquement. Mais l’offre est toujours faible.

Toutefois, l’arrivée des pluies depuis la mi-octobre a soulagé les populations des deux grandes villes qui, malgré la violence des tornades, sortent pour recueillir de l’eau. Si beaucoup utilisent cette eau pour la cuisine, la vaisselle et la lessive, de nombreuses familles la boivent. «On la fait bouillir, et elle devient buvable. Sinon, on meurt de soif», commente un habitant de Brazzaville.

Mais, les inondations provoquées par les fortes pluies ont tué sept personnes à Pointe-Noire et fait 467 autres sinistrées, selon un comité de crise spécial. Plusieurs quartiers sont encore sous les eaux, et les canalisations d’eau potable ont été détruites. La SNDE a dû installer 17 bacs à eau pour aider les populations. A Brazzaville, les pluies et les vents violents ont tué une femme enceinte à Mikalou, un quartier nord.

Par ailleurs, un avion cargo revenant de Pointe-Noire, a été foudroyé alors qu’il amorçait sa descente sur Brazzaville où s’abattait une forte pluie, le 30 novembre. L’appareil qui est tombé sur une zone habitée a pris feu et tué une trentaine de personnes, y compris les membres de l’équipage.

Selon Guy Nganga, un agent de la météorologie, «la pluviométrie sera encore plus abondante jusqu’à la fin-décembre». Il tombera jusqu’à 300 millimètres d’eau dans la capitale, alors que la moyenne nationale est de 1.200 millimètres, ajoute-t-il. (FIN/2012)

 

 

 

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