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KENYA
Le prix de l’ignorance de la sexualité des jeunes séropositifs
Miriam Gathigah

NAIROBI , 7 déc (IPS) - Tout a commencé par une bagarre, celle qui allait changer sa vie à jamais. C'était quand il se battait avec un autre adolescent que Cédric Owino, originaire de la banlieue tentaculaire de Mathare, l'un des plus grands habitations informelles au Kenya, a découvert accidentellement qu'il était séropositif.

Jusque-là, c’était un secret que sa grand-mère lui avait caché - pendant 15 ans.

"Pendant que nous nous battions, la mère de l'autre garçon a commencé à crier que je pourrais égratigner son fils et l'infecter avec le VIH", raconte Owino, 15 ans, à IPS.

Par conséquent, une dispute amère s’en est suivie entre Owino et sa grand-mère, qui est sa tutrice, puisqu'il est orphelin. Elle a confirmé qu'il était séropositif depuis qu'il était bébé.

"La divulgation n'est pas facile", déclare à IPS, Mwema Omollo, la grand-mère d’Owino. "Si vous dites à votre enfant, vous craignez que cela changera la façon dont il vit. Les gens ont toujours très peur du VIH. Ma fille a refusé de prendre les médicaments anti-rétroviraux (ARV) quand elle a découvert qu'elle était séropositive. Je ne voulais pas que cela devienne le sort de Cédric aussi".

Sa fille avait peur que si elle prenait des ARV, les gens de sa communauté qui délivraient les médicaments se rendraient compte de son statut.

Depuis qu’il a été informé, Owino a tenté deux fois de se suicider.

"Ma famille savait que j’étais infecté, pourquoi me dire que les médicaments que je prends sont pour l'asthme, alors qu'ils savent que c'est parce que je suis séropositif?", demande-t-il. Il a abandonné l’école en classe de cinquième à la 'Young Stars Academy' peu après avoir découvert son statut.

Owino n'est pas le seul adolescent à avoir du mal à accepter son statut. Anthony Andega, un autre jeune de 15 ans séropositif, a également tenté de se suicider quand il a appris la nouvelle il y a deux ans.

Il s’est coupé avec un couteau. Mais à cause de la stigmatisation qui entoure le virus, les gens ont refusé de lui venir en aide. Un ami d’Andega lui a dit plus tard que bien qu'il saigne abondamment, les gens ont refusé de le toucher ou de l'aider.

"Personne ne veut toucher là où vous avez touché. Vous devenez isolé", indique Andega à IPS. Non seulement cela, la nouvelle de son statut s’est répandue également.

"Dans ce quartier, nous fréquentons les mêmes écoles. Si les gens savent que vous avez le VIH, cette information est propagée dans toute l'école", dit-il.

La Fiche d’informations sur la population du Kenya indique que la stigmatisation à l'égard des adolescents et adolescentes vivant avec le VIH est forte, avec "55 pour cent des d'adolescent(e)s interrogé(e)s indiquant qu'ils/elles préféraient que le statut sérologique des membres de leur famille soit gardé secret".

Selon des statistiques obtenues du ministère de la Santé, parmi les adultes âgés de 15 à 64 ans, environ 7,1 pour cent, soit 1,4 million, vivent avec le VIH au Kenya. Par ailleurs, parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, 3,8 pour cent sont infectés, rivalisant avec les adultes plus âgés de 50 à 64 ans, chez qui la prévalence est de cinq pour cent.

Médecins sans frontières, qui a travaillé à Mathare avec les aides-soignants à domicile pour améliorer le taux de divulgation au sein des familles affectées par le VIH, signale que seulement deux pour cent des membres d’une famille se divulguent leur statut.

C'est un sujet de préoccupation. Ann Mburu, une infirmière qui travaille pour 'Adolescents Count Today' (Les adolescent(e)s comptent aujourd’hui- ACT), un projet ciblant les adolescent(e)s séropositifs/séropositives ou ceux/celles qui ont été touché(e)s par le VIH, déclare: "Le nombre d'adolescent(e)s séropositifs/séropositives est susceptible d'augmenter puisque la plupart des adolescent(e)s ont des rapports sexuels avec leurs pairs sans aucune connaissance de leur statut".

"Puisque les parents et les tuteurs n’informent pas facilement les enfants plus âgés qui sont infectés, le VIH/SIDA restera un grand coup à la communauté avec l’augmentation de la stigmatisation et de la discrimination en raison du secret", souligne-t-elle.

L’organisation non gouvernementale 'Family Health Options Kenya' (FHOK), a introduit le projet ACT à Thika, dans le centre du Kenya, et à Eldoret et à Nakuru dans la région de la 'Rift Valley'.

"Bien que 22 pour cent des garçons et 11 pour cent des filles aient eu des rapports sexuels vers l'âge de 15 ans, 60 pour cent des adolescent(e)s se considéraient comme ne risquant pas d'être infecté(e)s par le VIH", explique Esther Muketo, chargée de programmes à la FHOK. Des chiffres nationaux ne sont pas disponibles.

Dr Alice Muchemi, une pédiatre, a vu beaucoup d'adolescent(e)s aux prises avec leur statut sérologique.

"L'adolescence est souvent difficile; la confiance en soi est généralement fragile. Le rejet par le sexe opposé est souvent vu comme une tragédie. Leurs corps sont aussi avides de s'adonner aux relations sexuelles. Mais les d'adolescent(e)s qui sont connu(e)s comme étant séropositifs/séropositives sont traité(e)s comme des parias de la société, souvent à cause d’un manque d'informations parmi leurs pairs", souligne Muchemi à IPS.

Les Lignes directrices nationales du Kenya pour le dépistage du VIH et les conseils permettent aux agents de santé d’informer les enfants "qui sont enceintes, mariées, ou sexuellement actives" de leur statut sérologique. Mais cela ne se produit pas toujours.

"Comme les enfants sexuellement actifs ne déclarent pas toujours qu'ils ont des rapports sexuels, et parce qu'on ne s'attend pas à ce qu’ils le fassent, ils ne sont pas non plus informés qu'ils sont séropositifs", explique Muchemi. (FIN/2012)

 

 

 

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