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KENYA
Le coût économique de l’insécurité dans le pays
Brian Ngugi

NAIROBI , 6 déc (IPS) - La vague d'insécurité qui a frappé le Kenya au cours de ces derniers mois affecte sérieusement la relance de l’économie du pays, ont prévenu des économistes locaux.

Abdi Mohammed, un analyste des investissements à 'Stanbic Investment Management Service', a déclaré à IPS que même si l'ampleur réelle des dommages causés à l'économie du pays n'a pas encore été quantifiée, des secteurs clé perdent de l'argent en raison des niveaux sans précédent de l'insécurité.

Au cours de l’année dernière, le pays a connu une vague d’attaques liées au terrorisme contre les civils, qui ont été essentiellement attribuées au groupe islamiste militant Al-Shabaab de Somalie. Ces attaques ont entraîné des conseils de voyage à partir des pays comme le Royaume-Uni et les Etats-Unis, qui ont exhorté leurs citoyens à éviter ce pays d'Afrique de l’est.

Le commissaire de police, Mathew Iteere, a indiqué à IPS que le Kenya a connu au total 58 attaques à la grenade menées par des sympathisants présumés d'Al-Shabaab cette année, qui ont causé la mort de 67 personnes et blessé 308 autres.

Et selon Mohammed, parmi les secteurs les plus touchés par ces violences, figure l'industrie du tourisme, d’autant plus qu'elle entre dans la pleine saison en décembre.

Mohammed a expliqué à IPS que si le niveau d'instabilité dans le pays dégénérait, le sens fragile de la confiance dans les affaires prendrait un coup, localement et internationalement.

"Nous croyons déjà que beaucoup d’investisseurs potentiels se demandent s'il faut délocaliser leurs investissements au cas où l'insécurité persiste", a déclaré Mohammed.

Ses propos ont été repris par Johnson Nderi, chercheur pour 'Corporate Finance' à 'Suntra Investment Bank' à Nairobi, la capitale du Kenya, qui a affirmé que l'économie du pays avait été affectée à hauteur de plusieurs millions de dollars sur une base mensuelle.

"L'image de tous ces incidents d'insécurité qui se propage à travers le monde érodera la confiance récemment renouvelée des investisseurs dans le pays. En termes réels et en temps voulu, nous pourrons dire les dommages causés à l'économie, mais cela se passe maintenant", a-t-il indiqué à IPS.

Le ministre de l’Intérieur, Katoo Ole Metito, a également déclaré que le terrorisme est l'un des défis les plus importants auxquels les agences de sécurité sont confrontées dans le pays.

"Je veux rassurer les Kényans que nous sommes engagés à combattre le terrorisme dans ce pays et que nous avons besoin de leur soutien", a déclaré Metito en novembre.

Des chefs d'entreprise au Kenya, dans des interviews accordées à IPS, ont souligné que le gouvernement devait faire face à l'insécurité croissante avec fermeté.

"Dans le monde des affaires au Kenya, il y a une grande inquiétude par rapport à ce qui se passe dans le pays", a déclaré à IPS, Vimal Shah, le président de l'Association des fabricants du Kenya.

"Les épisodes continus de trouble affectent des secteurs comme le tourisme directement, puisque les visiteurs se tiennent loin. Mais cela a aussi un impact sur le commerce de détail, comme nous l'avons vu dans plusieurs villes", a-t-il affirmé.

Selon Patrick Obath, le président de la 'Kenya Private Sector Alliance' (Alliance pour le secteur privé au Kenya), l'image du pays, en tant que destination de prédilection pour les affaires, est en train de prendre un coup au niveau international et cela pourrait retarder les investissements directs étrangers dans le pays.

"Le Kenya est un pays très stable, mais à cause de ces problèmes de sécurité, nous sommes, dans le court terme, obligés de voir les investissements retardés", a expliqué Obath à IPS.

Ses propos ont été repris par Fred Kaigua, le directeur général de l'Association des agences de tourisme au Kenya, qui a déclaré: "Nous aimerions que le gouvernement renforce les services de renseignements ainsi que sa réaction aux cas de violence dans le pays".

En attendant, l'insécurité croissante a donné lieu à la peur et à la suspicion à l’égard des étrangers, en particulier les Somaliens.

Mohammed Hirsi, 64 ans, un homme d'affaires dans la banlieue d’Eastleigh au Kenya, située à deux kilomètres à l'est de Nairobi, fait partie des centaines de commerçants aisés d'origine somalienne qui ont été touchés.

Le 18 novembre, des terroristes présumés ont tué sept passagers et blessé 30 autres dans une explosion qui s’est produite à l'intérieur d'un minibus taxi dans la zone. Des affrontements interethniques et des pillages ont éclaté et se sont poursuivis jusqu'au 20 novembre puisque les habitants du coin accusaient la communauté des Somaliens immigrants d'activité terroriste.

Le supermarché d’Hirsi fait partie des nombreuses entreprises appartenant aux Somaliens qui ont été pillées dans cette fureur. Dans la mêlée des deux jours qui a suivi, plus de 30 victimes ont été signalées à l'Hôpital national Kenyatta, tandis que des contingents de policiers et de militaires ont été déployés afin de maîtriser la situation.

Depuis ce temps, la peur et la suspicion règnent dans la région.

"Les attaques et les pillages de vengeance qui ont suivi, dans lesquels j'ai perdu des biens d’une valeur de plusieurs millions de shillings, ont ébranlé de longues années de bonnes relations entre les communautés somaliennes et non-somaliennes qui vivent ici", a déclaré Hirsi à IPS, visiblement amer.

"Nous estimons que ces attaques contre la communauté musulmane sont menées par des individus ignorants qui ciblent les musulmans, en particulier les Somaliens, principalement en raison de leur religion", a-t-il dit, ajoutant que ses collègues hommes d'affaires somaliens vivent dans une peur constante de nouvelles attaques de représailles. (FIN/2012)

 

 

 

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