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EL SALVADOR
Des communautés s’organisent pour affronter le changement climatique
Edgardo Ayala

SAN NICOLÁS LEMPA, El Salvador, 30 nov (IPS) - Armés de tronçonneuses, de machettes et de pelles, les habitants du bassin inférieur du fleuve Lempa à El Salvador, près de l'océan Pacifique, débloquent l’écoulement des fleuves et élaguent les branches des arbres sur les rives pour les empêcher de tomber dans l'eau de couleur chocolat.

Une équipe nettoie le fleuve El Espino. Un autre fait de même à El Borbollón, également situé dans le bassin inférieur du fleuve Lempa, dans le département d’Usulután, dans le sud-ouest d'El Salvador.

Lorsque l'eau coule plus librement, il y a moins de chances que les fleuves débordent et inondent les cultures avoisinantes, une situation de plus en plus fréquente en raison des modifications dans le cycle des pluies et des périodes de sécheresse.

A plusieurs kilomètres au sud, dans les forêts de mangrove de la 'Jiquilisco Bay', Brenda Arely Sánchez marche la taille dans l'eau le long d'un canal, dans le marais de Monte Cuche, qu’elle et une petite armée de femmes ont rouvert avec des machettes afin d'améliorer l’écoulement de l'eau salée et promouvoir la récupération des palétuviers.

Ce canal, bloqué depuis des années par des racines et des sédiments, ne permettait plus à l'eau de mer d’y couler lors d’une marée haute. En conséquence, 70 hectares de palétuviers mouraient lentement, parce que ces espèces ont besoin d'un environnement d'eau salée pour survivre.

"Avec un travail acharné pur, nous avons enlevé toute la boue et toutes les racines du canal dans des récipients plastiques", a indiqué Sánchez, l'une des 30 femmes qui ont participé à l'effort.

Ces hommes et femmes font partie de l'Association de Mangle, basée dans le bassin inférieur du fleuve Lempa et la Baie de Jiquilisco, une zone déclarée comme étant la Réserve de la biosphère Xiriualtique Jiquilisco en 2007 par l'Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

Les efforts de l'Association de Mangle vont de la protection de la diversité biologique à la gestion des risques pour réduire la vulnérabilité aux inondations qui deviennent plus intenses après chaque année.

Les terres autrefois fertiles du bassin inférieur du fleuve Lempa - une plaine côtière qui englobe la plus vaste étendue de mangroves à El Salvador - étaient utilisées par les grands propriétaires terriens pour les plantations de coton jusqu'aux années 1970, lorsque la production a baissé.

Lorsque la guerre civile salvadorienne a pris fin par les accords de paix de 1992, beaucoup d’anciens combattants du Front Farabundo Martí de libération nationale (FMLN), à l’époque un groupe de guérilleros et aujourd’hui le parti au pouvoir, ont reçu des lopins de terre dans cette région afin de faciliter leur réinsertion dans la vie civile.

Ceci explique l'abondance des organisations communautaires. Les habitants du coin disent que les traditions organisationnelles développées en temps de guerre sont maintenant appliquées aux projets sociaux et environnementaux, principalement pour faire face à ce que tout le monde identifie comme les effets des changements climatiques.

"Dans le passé, nous savions que les pluies commenceraient en mai et finiraient en octobre. Aujourd’hui, personne ne sait quand elles vont commencer ou finir, s’il va y avoir une sécheresse ou une tempête", a confié à Tierramérica*, Carlos Barahona, le coordinateur des travaux de nettoyage du fleuve et de l'ouverture du canal à Cuche de Monte.

Jusqu'à présent, la moitié des travaux de dragage de 4,2 km des fleuves El Espino et El Borbollón a été achevée. Les travaux ont débuté en juillet et ont été financés par le ministère de l'Environnement et des Ressources naturelles après la destruction causée par la dépression tropicale 12-E en octobre 2011.

Cette tempête était l'événement météorologique le plus grave jamais enregistré à El Salvador, déversant 1.513 mm de pluie, l'équivalent de 42 pour cent des précipitations annuelles moyennes au cours de la période 1971-2000, selon une évaluation réalisée en octobre 2011 par la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC).

Il y avait 35 morts ainsi qu’environ 900 millions de dollars de pertes et de dégâts. La zone la plus touchée était le bassin inférieur du fleuve Lempa.

"L'ouragan Mitch (1998) était mauvais, mais celui-ci était pire. Nous avons quitté nos maisons pour des abris lorsque l'eau (nous) arrivait jusqu'au cou presque", a rappelé Sánchez.

Les changements climatiques ont été liés aux variations du régime des précipitations et des pluies plus fortes. Mais les inondations dans cette région durent plus longtemps parce que les canaux de drainage, construits pendant l’essor du coton, sont incapables de se vider correctement dans les fleuves El Espino et El Borbollón, remplis de sédiments.

L’autre cause des inondations, c’est l'eau libérée du barrage hydroélectrique du '15 de Septiembre', situé en amont sur le fleuve Lempa, lorsque des pluies torrentielles font qu'il est nécessaire d'ouvrir les vannes pour l'empêcher de s'effondrer.

Les vannes sont souvent ouvertes sans préavis, se plaignent les habitants du coin. En conséquence, la partie inférieure du Lempa, le plus long fleuve du pays, déborde et inonde quelque 20 communautés.

* Cet article a été initialement publié par des journaux d'Amérique latine qui font partie du réseau Tierramérica. Tierramérica est un service spécialisé d’informations produit par IPS avec l'appui du Programme des Nations Unies pour le développement, le Programme des Nations Unies pour l'environnement et la Banque mondiale. (FIN/2012)

 

 

 

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