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AFRIQUE DE L’OUEST
Les petits producteurs de cacao veulent de bons revenus
Fulgence Zamblé

ABIDJAN, 24 nov (IPS) - Au terme de la première conférence mondiale du cacao, tenue du 19 au 23 novembre à Abidjan, les participants, plus de 1.200 venus de 40 pays, ont recommandé aux Etats d’adopter des politiques nationales prenant désormais en compte les conditions de vie et de travail des populations engagées dans le secteur.

La conférence a permis aux experts, producteurs, négociants et multinationales de chercher des solutions à un secteur confronté au vieillissement des exploitants et des vergers, à des maladies cacaoyères et à la montée des cultures du palmier à huile et de l’hévéa.

En marge de cette conférence, les petits producteurs, notamment ceux de la Côte d’voire et du Ghana, les deux plus grands producteurs du cacao en Afrique de l’Ouest, ont exprimé leur mécontentement face au traitement qui leur est réservé dans la filière.

Avec une production annuelle de cacao respective de 1,41 million de tonnes et 840.000 tonnes, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont représenté en 2011-2012, près de 60 pour cent d’une production mondiale annuelle, estimée à 3,962 millions de tonnes, selon l’Organisation internationale du cacao (Icco).

La Côte d’Ivoire a pu ainsi engranger 500 milliards francs CFA (un milliard de dollars) de recette contre 300 milliards FCFA (600 millions de dollars) pour le Ghana, ajoute l’organisation.

Cependant, les principaux acteurs du secteur, notamment les petits producteurs, estimés à plus d’un million et demi dans ces deux pays d’Afrique de l’ouest soutiennent ne pas bénéficier des retombées de la bonne santé financière de l’or brun. Ils attendent donc de meilleurs intéressements de la part des Etats et des multinationales.

"Le cacao ne nourrit plus son homme parce qu’il est acheté à vil prix dans nos plantations. Or, il y a des pisteurs, des commerçants, l’Etat et les multinationales qui gagnant énormément", fustige Christophe Douka, président du Syndicat national des producteurs individuels de café-cacao de Côte d’Ivoire. Un groupement composé de 12.000 membres.

"Les prix d’achat institués ne sont pas intéressants. Il y a des problèmes de routes [et] de ponts pour écouler le produit. Ensuite, les intrants sont chers et il y a une paupérisation accrue des planteurs", renchérit Yaw Mensah, un producteur de cacao, originaire de Quashie (ouest du Ghana). En Côte d’Ivoire, pour la campagne 2012-2013, le prix bord champ du kilogramme de cacao a été fixé à 725 FCFA (1,45 dollar). Au Ghana, il s’élève à 950 FCFA (1,8 dollar).

"Le plus souvent, les pisteurs paient plus bas que ce prix et les taxes imposés par l’Etat vont croissantes. Pendant ce temps, la tonne de cacao sur le marché international se négocie dans ce mois de novembre à près de 2.400 dollars. Nous sommes floués et cela emmène à se détourner de la culture", affirme à IPS, Eugène Zah Bi, producteur de cacao à Soubré (sud-ouest de la Côte d’Ivoire).

Selon lui, le manque croissant d’intérêt a conduit à la rareté de la main d’œuvre dans les plantations. "Ce qui oblige à faire appel à des enfants. Avec un tel problème, nous ne pensons pas que les programmes de régénérations de plants, de modestes aides aux planteurs ou de subventions insignifiantes des intrants puissent constituer une réelle panacée", assure Zah Bi.

"Que le prix du cacao bord champ soit fixé à un peu plus de deux dollars. Que les pistes d’accès aux zones de productions soient excellentes, il n’y pas de raison que le cacao ne reprennent pas des couleurs", estime Marc Odonkor, un producteur ghanéen de Quashie.

"Il y a une réforme en Côte d’Ivoire, qui permet de garantir au producteur, un prix minimum par campagne et de contenir la fiscalité et la parafiscalité. C’est une donnée dont l’impact sera palpable sur les producteurs dans deux ou trois ans. Il faut un peu de patience", conseille l’économiste Kader Soumahoro, basé à Abidjan, la capitale économique ivoirienne.

Par ailleurs, Lambert Kouassi Konan, le président du Conseil café-cacao (CCC), la principale structure gouvernementale ivoirienne, ajoute que d’autres actions contribuent actuellement à assainir la filière. "L’Etat a pris l’engagement de faciliter l’accessibilité et la disponibilité des engrais aux producteurs. Aussi, il a été mis en place une police de contrôle qui traque les acheteurs véreux [et protège] les paysans", explique-t-il à IPS.

Les petits producteurs n’approuvent pas aussi entièrement ces réformes. "Si les réformes sont faites pour nous aider, il faudrait que nous [y] soyons associés", rétorque Arsène Lobognon, de la Coopérative des producteurs de café-cacao de Sassandra (sud ouest de la Côte d’Ivoire).

"Or, l’Etat a fixé le prix d’achat et s’est approprié la commercialisation intérieure sans nous consulter. Contrairement au Ghana et au Cameroun, où les producteurs sont inclus dans tout le mécanisme", soutient-il. (FIN/2012)

 

 

 

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