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AFRIQUE
Des hommes changent les croyances traditionnelles
Henry Wasswa

KAMPALA, 21 nov (IPS) - Charles Kayongo, en Ouganda, est père de deux filles âgées de cinq et trois ans. Et bien que les traditions séculaires dans son groupe ethnique, les Bagandas, disent qu'un homme doit avoir un nombre illimité d'enfants et un fils comme héritier, Kayongo refuse d'avoir plus d'enfants.

Comme un nombre croissant de jeunes parents à court d’argent dans ce pays enclavé d’Afrique de l’est qui aspirent à un mode de vie moderne, il déclare que lui et sa femme, Eunice Kayongo, veulent une petite famille.

"Ça suffit. Je ne veux plus d'enfants. J'en ai discuté avec ma femme, et nous utilisons des pilules et des préservatifs depuis les deux dernières années. Le coût de la nourriture, d’envoi [des enfants] à l'école et d'achat des médicaments est déjà trop élevé pour moi", déclare à IPS, ce père de 33 ans, depuis sa maison dans la ville de Mukono, à la périphérie de la capitale de l’Ouganda, Kampala.

Kayongo, qui possède un bar, affirme qu’il dépense 10 dollars par jour sur sa famille et gagne au total 440 dollars par mois.

"Je suis intéressé par le planning familial parce qu’il nous aide à vivre une meilleure vie. Je ne manque pas d’aller au centre de santé avec ma femme. Je dois planifier financièrement pour ma famille".

L'Ouganda a l'un des taux de croissance démographique les plus élevés au monde d’environ 3,2 pour cent par an. La population totale du pays est d’environ 34 millions habitants actuellement.

Un million de personnes sont ajoutées à la population ougandaise chaque année, mais les ressources n'augmentent pas au même rythme, souligne à IPS, Anthony Bugembe, un chargé de programmes au Secrétariat de la population au ministère des Finances, de la Planification et du Développement économique.

Kayongo fait partie d’une génération émergente de jeunes maris ougandais qui commencent à défier la vieille tradition africaine selon laquelle l'on doit être le père d’un grand nombre d’enfants et ils optent pour des familles plus petites et gérables.

Lynda Birungi, du groupe national de planification familiale, 'Reproductive Health Ouganda', affirme que plus de jeunes pères s'impliquent dans le planning familial que par le passé en grande partie pour des raisons financières. Cependant, ces hommes constituent encore une minorité.

"Sur cinq femmes qui viennent dans notre centre de santé, seulement une vient avec un homme. Mais il y a plus de 20 ans, aucun homme ne venait. Ces jours-ci, la jeune génération de partenaires masculins veut un meilleur niveau de vie et estime qu'elle peut atteindre cela en ayant de petites familles", explique Birungi.

En attendant, au Malawi, en Afrique australe, ce qui a commencé comme un théâtre itinérant de seulement 10 officiers de police il y a 11 ans est maintenant devenu un mouvement de plus d'un millier d'hommes qui prêchent contre les violences basées sur le genre, qui alimentent les grossesses non désirées et augmentent la mortalité maternelle.

Ce groupe, 'Men’s Travelling Conference' (Conférence ambulante des hommes- MTC), est une équipe composée essentiellement des hommes et de quelques femmes financée par le gouvernement norvégien et le Fonds des Nations Unies pour la population.

En 2003, la MTC a célébré les 16 Journées annuelles d'activisme contre les violences faites aux femmes, une campagne internationale qui appelle à la non-violence envers les femmes et les enfants et qui est organisée du 25 novembre au 10 décembre, d'une manière unique.

Des hommes venus du Kenya, de la Zambie et de l'Ethiopie ont convergé sur Lilongwe, la capitale du Malawi, après y a avoir effectué un voyage en bus. Sur le chemin, les hommes s’arrêtaient dans chaque communauté qu’ils traversaient, et laissaient derrière le message selon lequel les violences contre les femmes étaient destructrices et que les hommes détiennent le pouvoir et la responsabilité de stopper de telles violences.

Désormais, chaque décembre, la MTC voyage en bus pour se rendre dans diverses communautés au Malawi afin de sensibiliser les hommes. Wisdom Samu est l'un des hommes qui voyagent avec la MTC.

En septembre 2001, il a perdu sa femme peu après qu’elle a donné naissance à leur septième enfant.

"Grâce à la MTC, j'ai appris que j'étais coupable. Je ne l'ai jamais autorisée à recourir à des méthodes de planning familial parce que je voulais plus d'enfants", confie Samu à IPS.

Samu est devenu depuis ce temps un modèle et il a convaincu beaucoup d’autres hommes de sa communauté de Namitete - située à 50 kilomètres à l'extérieur de Lilongwe - à s'impliquer dans le planning familial.

"Je leur dis d'écouter et de planifier ensemble avec leurs épouses, et de permettre à leurs femmes d'utiliser des méthodes modernes de planning familial", déclare-t-il.

L’histoire de Samu est reprise à travers le Malawi, un pays où 13 femmes meurent tous les jours de complications évitables liées à la grossesse.

"C’étaient ces statistiques effrayantes qui nous ont rendu inventives. Nous avons convenu de recruter et de mobiliser les partisans masculins à tous les niveaux et secteurs pour promouvoir le programme à travers le théâtre, le chant et les débats pour dire aux hommes qu’il est temps qu’ils s'asseyent et planifient des familles plus petites avec leurs épouses", a expliqué à IPS, Emma Kaliya, présidente de l’organisation non gouvernementale 'NGO Gender Coordination Network' au Malawi.

Pendant que le Malawi s'efforce à impliquer davantage d’hommes dans le planning familial, le Mali, en Afrique de l’ouest, fait des progrès lentement mais sûrement.

Le rapport sur les Objectifs du millénaire pour le développement du pays, publié en mars 2010 par le Programme des Nations Unies pour le développement, indiquait que le taux de mortalité maternelle au Mali a baissé de 582 à 464 décès pour 100.000 naissances vivantes entre 2001 et 2006.

Cela est en partie dû aux campagnes intensives visant à impliquer les hommes dans le planning familial.

"Il y a dix ans, ma clinique à Bamako recevait seulement les femmes, mais aujourd'hui, des femmes sont accompagnées de leur mari et selon moi, c'est un signe que ce que nous faisons marche", confie Mountaga Touré, directeur exécutif de l'Association malienne pour la protection et la promotion de la famille (AMPFF). Cette association est affiliée à la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF).

"Je vois parfois des hommes venir de leur propre chef chercher des contraceptifs pour leurs partenaires, affirmant que leurs femmes sont trop occupées pour le faire", souligne-t-il à IPS dans un entretien téléphonique.

*Avec un reportage supplémentaire de Mabvuto Banda au Malawi. (FIN/2012)

 

 

 

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