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SENEGAL
L’horticulture urbaine se développe malgré les difficultés
Koffigan E. Adigbli

DAKAR, 20 nov (IPS) - Arrosoirs en mains, femmes et hommes vont et viennent entre les puits ou les citernes remplies d’eau et les différentes cultures qu’ils arrosent avec soin. Les jeunes plants dont ils s’occupent dans ce jardin sont très variés: carotte, oignon, tomate, choux, pomme de terre...

Mais, il y a aussi des arbres fruitiers comme des palmiers, des cocotiers, des papayers et des bananiers.

A l’instar de ce jardin que IPS a visité en novembre à Cambérène, l’une des gigantesques banlieues de Dakar, les cultures produites dans la région de la capitale sénégalaise sont diversifiées et les horticulteurs y travaillent sans relâche comme Ahmadou Sene, la quarantaine, qui exploite un domaine d’un hectare, emploie pendant trois mois, 12 jeunes pour le sarclage et le binage, et 20 femmes pour la moisson et la vente des produits durant quatre mois.

«Les légumes occupent plus de 80 pour cent de mes cultures», dit-il en montrant du doigt l’étendue de son jardin. Il récolte près de 12 tonnes de légumes par saison et fait quatre saisons par an.

Le dernier recensement de 2011 du Service régional de la statistique et de la démographie (SRSD) indique que 3.200 personnes sont des horticulteurs dans la région de Dakar avec 113 sites de production horticole.

Environ 6.000 personnes sont dans le sous-secteur de l’horticulture qui fait vivre plus de 40.000 personnes dans la région de Dakar et un million de Sénégalais.

Le rapport du mois d’octobre dernier du SRSD indique que de 2010 à 2011, la surface emblavée dans la région de Dakar est passée de 5.098 hectares à 8.700 hectares et la production de l’horticulture dans la région de Dakar est montée de 750.000 tonnes à 860.000 tonnes à la même période. Cette année, la surface emblavée dans la région de Dakar est 11.300 hectares et la production, toutes cultures confondues, est estimée à 1.780.000 tonnes.

Selon le même rapport, l’horticulture urbaine [dans la région de Dakar] a généré 230 milliards de francs CFA (460 millions de dollars) en 2011 et elle contribue pour 45 pour cent à l’approvisionnement des villes. Ainsi l’horticulture urbaine se développe, mais elle connaît des difficultés liées à la terre, à la commercialisation des légumes, au retraitement des eaux usées pour l'irrigation et à l’accès au financement.

Même si la surface emblavée augmente, certains horticulteurs ont parfois des difficultés à trouver des terres pour étendre leurs jardins. «En 2010, j’avais une surface de 800 mètres carrés. Je faisais une économie de 600.000 FCFA (1.200 dollars). Mais cette année, je n’ai qu’une surface de 350 mètres carrés, tout simplement, parce que l’Etat a occupé une grande partie de mon jardin pour construire un barrage de captage d’eau», raconte Cheikh Mor Ndiaye, un horticulteur à Cambérène.

Le président du conseil d’administration de la Coopérative fédérative des acteurs de l’horticulture du Sénégal (CFAHS), Cheikh Ngane, rencontré dans les jardins de Cambérène, indique que même si l’horticulture fait vivre bon nombre de Sénégalais, elle reste minée par le problème récurrent du foncier.

«La majeur partie des horticulteurs exploitent les terres qui sont des réserves de l’Etat. Pour développer l’horticulture, il est important de régler le problème foncier», explique-t-il, estimant que l’impact du foncier est d’autant plus grand que l’espace qui n’est déjà pas grand est en train d’être récupéré par des promoteurs immobiliers qui en font des projets d’habitation, ce qui réduit l’espace en eau.

Le problème foncier peut aussi entraîner des difficultés de financement. «Par exemple, si quelqu’un dispose de son propre domaine et que la communauté rurale lui en affecte encore, les banquiers ne sont pas rassurés lorsque vous vous présentez pour avoir un financement», explique Cheikh Ngane.

Ababacar Sy Gaye, directeur de l’horticulture au ministère de l’Agriculture et de l’Equipement Rural, promet: «Nous allons définir des mesures propres à assurer la promotion des cultures horticoles, notamment en ce qui concerne les intrants de production et les bonnes pratiques agricoles». Son département est chargé de la mise en œuvre de la politique nationale de développement des productions horticoles.

Malgré ces difficultés, les horticulteurs sont passionnés par leur travail. La rentabilité du secteur semble expliquer cela. «Avec ma petite surface, j’arrive à faire au moins 400.000 francs (800 dollars) d’économie [par an], après avoir soustrait toutes les dépenses liées à l’achat des intrants et autres», a indiqué Cheikh Mor.

Selon Jean-Marie Sambou, horticulteur à la Patte d’Oie, les grossistes ont de petits avantages dans l’achat des produits par rapport aux détaillants.

«Nous vendons un kilogramme d’oignon aux grossistes à 150 FCFA (0,3 dollar), et ils vont le revendre après aux détaillants à 250 FCFA (0,5 dollar) ou plus et les détaillants au marché, cèdent ce même kilogramme à 350 FCFA (0,7 dollar)», dit-il.

«Les cuisiniers des hôtels et les gérants de restaurants de Dakar viennent payer chaque fois mes produits. Je vends en moyenne trois tonnes de légumes [par saison] aux femmes qui les revendent sur les marchés locaux. Je fais un bénéfice d’un million de FCFA (2.000 dollars) par an après la vente de mes produits et après avoir payé tous ceux qui m’aident», souligne Ahmadou à IPS. (FIN/2012)

 

 

 

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