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OUGANDA
L’absence de contraceptifs entraîne plus d’avortements illégaux
Andrew Green

KAMPALA, 19 nov (IPS) - Tous les jours, au moins cinq femmes sont amenées à la salle de gynécologie de l'Hôpital national de référence de Mulago à Kampala, en Ouganda, pour le traitement de complications causées par des tentatives grossières d’interruption de grossesse.

Selon Dr Charles Kiggundu, le chef du département de gynécologie de l’hôpital, certaines des femmes qui viennent ici boivent de l'essence ou prennent des combinaisons non testées d’herbes et de médicaments pour provoquer un avortement. D’autres insèrent des bâtons dans leurs vagins.

Les femmes à l'Hôpital national de référence de Mulago représentent un petit pourcentage des quelque 150.000 femmes qui souffrent de complications dues à des avortements dangereux chaque année dans ce pays enclavé d'Afrique de l’est, où 1.200 femmes meurent tous les ans de tentatives dangereuses d'avortement, représentant un quart de tous les décès maternels dans le pays.

Dans ce pays, "l’absence d’informations sur les contraceptifs" est la cause du taux d’avortements dangereux, en particulier chez les jeunes femmes, a déclaré Kiggundu à IPS.

Moins d'un tiers des femmes ougandaises utilisent toute forme de contrôle des naissances, selon l’Enquête démographique et de santé de 2011 du pays.

Un certain nombre de femmes soignées par Kiggundu sont des étudiantes célibataires, dont la plupart ont été abandonnées par leurs partenaires, a-t-il souligné.

Selon le rapport sur l'Etat de la population mondiale 2012, intitulé "Au choix et non au hasard; le planning familial, les droits humains et le développement", publié le 14 novembre par le Fonds des Nations Unies pour la population, les avortements dangereux représentent près de la moitié de tous les avortements dans le monde. Selon le rapport, presque tous les avortements dangereux se font dans les pays en développement, avec le plus grand nombre en Afrique subsaharienne.

Les données les plus récentes ont montré que les adolescentes et les jeunes représentent environ 40 pour cent des avortements dangereux dans le monde entier.

"En Afrique subsaharienne, les adolescentes âgées de 15 à 19 ans ont, en moyenne, 120 naissances pour 1.000 par an, allant du taux élevé de 199 pour 1.000 filles au Niger au taux faible de 43 pour 1.000 filles au Rwanda. Plus de la moitié des jeunes femmes accouchent avant l'âge de 20 ans, et la fécondité des adolescentes dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne a montré peu de recul depuis 1990", a indiqué le rapport.

Moses Mulumba, le directeur exécutif du Centre pour la santé, les droits humains et le développement (CEHURD), a indiqué que le problème des avortements dangereux est une préoccupation croissante chez les jeunes dans le pays.

"La majorité des personnes qui sont touchées sont des élèves du cours secondaire et des étudiantes", a-t-il expliqué à IPS. "Il n’existe aucun doute à ce sujet. C'est un problème de la jeunesse".

Mais quelques-unes des tentatives d'avortement dangereux auraient pu être évitées si les femmes avaient été plus conscientes des efforts visant à élargir l'accès légal à la procédure. Il existe encore une perception très répandue selon laquelle tous les avortements sont illégaux dans le pays, selon Elisa Slattery, directrice de la division Afrique du Centre pour les droits à la reproduction.

En 2006, le ministère de la Santé a légalisé l'avortement en cas de risque grave pour la vie ou la santé mentale de la mère, de graves anomalies fœtales, de problèmes de santé comme le cancer du col de l’utérus ou le VIH/SIDA, ou lorsque la grossesse est le résultat d'un viol ou d'un inceste.

Une meilleure connaissance de l'interprétation des lois pourrait réduire les taux d'avortement dangereux, non seulement en permettant l'accès aux femmes qui en ont légalement besoin, mais aussi en réduisant la stigmatisation autour de la question, a indiqué Slattery à IPS.

Les directives publiées cette année par le gouvernement indiquaient que toutes les femmes ont droit à des soins après avortement - même si l'avortement était illégal. Mais Mulumba a fait savoir que les autorités n'ont pas fait assez pour expliquer aux femmes quand elles ont droit à un avortement sans risque.

"Historiquement, les gens [considèrent] l'avortement comme étant une mauvaise pratique", a affirmé Mulumba. "Beaucoup de gens ne veulent pas en parler".

Cela inclut les médecins et d’autres fournisseurs de soins de santé, a-t-il indiqué, qui pourraient offrir le service s’ils se sentaient moralement à l’aise pour le faire.

Kiggundu a expliqué que certains professionnels de la santé sont réticents à effectuer des avortements en raison de la stigmatisation qui entoure la procédure. La plupart des médecins sont soit mal informés sur la politique de l'avortement du pays ou répugnent à mener la procédure, et sont peu susceptibles de le recommander même dans les cas où il est nécessaire, a-t-il indiqué.

La réduction du nombre de tentatives d'avortement dangereux en Ouganda nécessiterait que l’on surmonte la stigmatisation et éduque à la fois les femmes et les médecins au sujet de la législation actuelle, a préconisé Slattery.

"Nous devons renforcer les capacités des fournisseurs de soins de santé, au sein des cadres juridique et politique", a-t-elle déclaré.

Atténuer la stigmatisation non seulement facilitera l'accès à l'avortement pour les femmes qui en ont besoin, mais aussi cela encouragera plus de femmes qui envisagent d’avorter à consulter un professionnel d’abord, a déclaré Joy Asasira, une assistante de programmes au CEHURD. (FIN/2012)

 

 

 

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