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SANTE
Un grand vaccin contre le paludisme, moins efficace que prévu
Carey L. Biron

WASHINGTON, 13 nov (IPS) - Des chercheurs présentant les résultats critiques de l'essai d'un vaccin anti-paludisme potentiellement important sont déçus par les niveaux d'efficacité du médicament qui se sont avérés inférieurs à ce qu'ils avaient prévu.

Après des décennies de recherche, la troisième phase d’essai d’un vaccin appelé RTS,S a révélé que le médicament a réduit les taux de paludisme chez les nourrissons (âgés de six à 12 semaines) d'environ un tiers, beaucoup moins que prévu.

Cette étude, financée en grande partie par la Fondation Bill & Melinda Gates, fait partie du plus grand essai jamais effectué contre le paludisme, mené dans sept pays africains. Les résultats ont été publiés le 9 novembre dans le 'New England Journal of Medicine', une publication américaine.

Quoique toujours importants, les résultats ont été décevants à la suite des conclusions étonnamment positives l'année dernière, lorsqu’une étude similaire a indiqué que le RTS,S était presque deux fois plus efficace (47-56 pour cent) sur les enfants un peu plus âgés, ceux ayant entre cinq et 17 mois.

Si cette phase la plus récente pouvait reproduire ce niveau d'efficacité chez les nourrissons, les chercheurs avaient espéré que les doses de RTS,S pourraient devenir incorporées dans la série standard des vaccinations initiales couramment administrées aux nouveau-nés - une approche qui s’est maintenant révélée sûre.

"C'est un peu frustrant que nous notions différents niveaux de protection chez diverses tranches d'âge par rapport à l'année dernière et cette année", a indiqué aux journalistes le 9 novembre à Londres, Andrew Witty, directeur général de GlaxoSmithKline, un grand fabricant de médicaments et l'un des partenaires centraux dans le développement de RTS,S.

"Cette phase d'étude, comme elle se révèle, n'était pas la dernière étape que je pense beaucoup de gens auraient pu espérer. Mais c'est un pas important et elle nous rapproche davantage de l'objectif pour lequel nous travaillons au cours des 50 dernières années... cela reste le vaccin candidat principal et le plus encourageant".

En effet, cette nouvelle recherche constitue la première fois que les scientifiques ont noté une telle grande efficacité pour un vaccin anti-paludisme pour les enfants. Witty indique que si les deux séries d'études avaient été inversées, l'impact psychologique serait bien différent et les résultats auraient été sans doute largement salués.

En outre, la plus grande efficacité dans la cohorte d’enfants un peu plus âgés reste extrêmement importante, étant donné que les scientifiques ont constaté que cette catégorie d'âge a une sensibilité plus grande aux cas graves de paludisme que les nourrissons. Alors que la facilité d'une seule vaccination précoce aurait été le scénario le plus efficace, les chercheurs affirment qu'ils examineront désormais d’autres options de renforcement, telles que le fait de donner aux tout-petits un rappel plus tard.

"Deux choses sont très très encourageantes", précise Witty. "Premièrement, l'essai est une réussite, malgré le fait qu'il n’atteigne pas tout à fait le niveau élevé que nous aurions espéré. Deuxièmement, l'avantage que nous avons noté est plus élevé que les moustiquaires, qui elles-mêmes donnent environ 30 pour cent de gain pour un rien".

Ce dernier point est important, et suggère l'approche que les chercheurs semblent prendre pour continuer à avancer. Bien qu'il existe encore au moins 12 mois de tests supplémentaires planifiés en prélude à une date de publication du RTS,S prévue pour 2015, il semble désormais clair que le médicament devra jouer un rôle plus limité parmi un ensemble d'interventions supplémentaires.

Cela comprendra des moustiquaires imprégnées, que selon l'étude, 86 pour cent des enfants en observation utilisaient. Une recherche supplémentaire examinera désormais la façon de mettre au point l'utilisation du RTS,S selon l'âge, la localité et d'autres caractéristiques démographiques.

"Dans la lutte contre le paludisme, une seule approche ne suffit pas", a déclaré le 9 novembre, depuis le Cap, en Afrique du Sud, David Kaslow, directeur de l'Initiative PATH pour un vaccin contre le paludisme, une organisation américaine à but non lucratif qui a conduit la recherche sur le RTS,S.

"Il faut de nouvelles options pour maîtriser le paludisme, et nous espérons que différentes combinaisons d'outils seront appropriées dans différents contextes en Afrique. Donc, pour comprendre l'utilisation optimale du RTS,S, il est essentiel que nous bénéficions d’une contribution des chercheurs africains, parce qu'ils sont en première ligne".

Kaslow note que la richesse d’informations sortant des études relatives au RTS,S servira également comme "un héritage durable en Afrique dans la capacité à développer des solutions pour le paludisme et d'autres maladies infectieuses dans les années à venir".

Un développement à but non lucratif

La charge mondiale du paludisme aujourd'hui pèse le plus fortement sur l'Afrique, où on estime qu’il existe quelque 175 millions de cas de la maladie. Chaque année, près de 655.000 personnes meurent du paludisme, pour la plupart des enfants en Afrique subsaharienne.

Au-delà de la santé et du bien-être, des chiffres aussi élevés ont inévitablement un impact massif sur les perspectives de développement économique à la fois individuel et national.

Pourtant, alors même que les études sur le RTS,S avancent vers la date de publication prévue pour 2015, des questions demeurent sur la façon de s'assurer que le médicament parvienne aux personnes qui en ont le plus besoin - si son prix peut être maintenu assez bas et s’il peut être amené vers les zones qui sont souvent difficiles d'accès.

Sur la première question, Witty dit que GlaxoSmithKline (GSK) a "pris un engagement très ferme que ce vaccin sera vendu au coût de fabrication majoré de cinq pour cent, et toute cette marge sera réinvestie dans une recherche future contre le paludisme. Ce sera donc une activité à but non lucratif pour GSK, où nous cherchons à obtenir le coût le plus bas possible afin de maximiser son accès par les familles et des enfants en Afrique". (FIN/2012)

 

 

 

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