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MALI
Le Premier ministre va-t-il démissionner?
Soumaila T. Diarra

BAMAKO, 12 nov (IPS) - Réunis le 11 novembre à Abuja, au Nigeria, les dirigeants ouest-africains ont réitéré la décision selon laquelle ni le président par intérim ni le Premier ministre et les autres membres du gouvernement de transition ne pourront être candidats à la prochaine élection présidentielle au Mali.

Cette décision intervient dans un contexte de polémique croissante au Mali sur l’inéligibilité des membres de la transition malienne à la présidentielle de 2013. Cette élection aura lieu après la reconquête du nord du pays occupé par des groupes islamistes armés. Pour cela, les chefs d’Etats de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) ont pris au préalable l’engagement d’envoyer au Mali une force militaire internationale de 3.300 soldats pour un an.

Mais le 31 octobre dernier, lors du conseil des ministres, le Premier ministre du pays, Cheick Modibo Diarra, a annoncé son intention d’être candidat, s’opposant ainsi à la réalisation d’un communiqué interdisant la candidature des membres de la transition. Puis, le samedi 10 novembre dans la soirée, lors d’une déclaration à la nation sur les antennes de la télévision nationale, il n’a pas démenti sa candidature, en disant qu’il était trop tôt pour en parler.

Les Maliens restent divisés sur l’inéligibilité du président par intérim et des autres membres du gouvernement de transition. Dans les rues de Bamako, la capitale malienne, la nouvelle de l’intention du Premier ministre d’être candidat à la prochaine présidentielle fait l’objet de commentaires, relayant un débat dans la presse locale sur la nécessité de la démission du chef du gouvernement malien s’il veut être candidat. «Le Premier ministre est un citoyen comme tous les autres, donc il a le droit de se présenter aux prochaines élections», a dit à IPS, Cheick Koné, enseignant d’anglais dans une école de Bamako.

Beaucoup de Maliens ordinaires pensent que ceux qui ne veulent pas que le Premier ministre se présente sont injustes. «Ce n’est pas normal parce que le Premier ministre est en train de combattre la corruption; et c’est pour cela qu’il doit se présenter à la présidentielle», a ajouté Koné.

Oumou Berthé, membre du Forum national de la société civile (FNC), estime que la décision de la CEDEAO aidera à clarifier les choses. «Le fait que les chefs d’Etat de la CEDEAO rappellent que les membres de la transition ne doivent pas se présenter aux prochaines élections, relance le débat au niveau international. Et je pense que le Premier ministre va tenir compte des préoccupations de la communauté internationale», a-t-elle dit à IPS.

Lors du sommet des chefs d’Etat du groupe de contact de la CEDEAO sur le Mali le 7 juillet 2012 à Ouagadougou, au Burkina Faso, la décision de l’inéligibilité des membres de la transition avait déjà été prise, et elle devrait être entérinée par des concertations nationales au Mali. La rencontre des forces vives maliennes en avril 2012 dans la même ville était déjà parvenue à la même décision.

Le Premier ministre malien est censé organiser des concertations nationales des forces vives du pays pour trancher la question. Mais, il est soupçonné par certains hommes politiques de manouvres visant à autoriser sa candidature à l’issue de ces concertations. «Le Premier ministre vient de montrer qu’il aime beaucoup le pouvoir. Il tient à être candidat à la présidentielle alors que ceux qui l’ont soutenu comme les membres de l’ex junte ne sont pas favorables à sa candidature», a indiqué à IPS Boubacar Diarra, un militant du Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (FDR). Ce Front anti-putsch a décidé de ne pas participer aux concertations nationales que prépare le Premier ministre.

La position du Premier ministre semble avoir ouvert une crise au sein même du gouvernement qu’il dirige. Le ministre de l’Administration territoriale en charge de l’organisation des élections, Moussa Sinko Coulibaly, un proche de l’ex junte, lors de sa dernière réunion avec les représentants des partis politiques, le 1er novembre 2012, a déclaré: «On ne peut pas être de cette transition et avoir des ambitions politiques. Ça ne se fera pas, parce qu’en acceptant que des membres de la transition soient dans la course, nous courrons le risque de fausser le jeu».

Interrogé par IPS sur la légitimité de l’inéligibilité des membres de la transition, le politologue malien Mahamadou Sangaré de l’Université de Bamako a rappelé le cas de 1992. «Il y a la jurisprudence de la transition dirigée par Amadou Toumani Touré en 1992, après la chute du régime du général Moussa Traoré. Le président de cette transition et son Premier ministre Soumana Sacko n’ont été candidats à aucune élection à l’époque», a-t-il expliqué.

En attendant, la tenue des concertations nationales pour clarifier la question de l’inéligibilité des membres de la transition semble compromise. «Le Premier ministre est finalement dans une position difficile car il doit convaincre le FDR de participer aux concertations nationales d’un côté. De l’autre, il doit amener la cohésion au sein du gouvernement sur la question de l’inéligibilité des membres de la transition», a dit Sangaré. (FIN/2012)

 

 

 

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